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Les maladies de l’oreille : Les vertiges et troubles de l’équilibre

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Qu’est-ce qu’un vertige et comment se produit-il ?

Le vertige est une sensation subjective, illusoire et erronée, de déplacement soit de l’individu lui-même par rapport à son environnement, soit de l’environnement par rapport à lui-même, accompagnée ou non de troubles de l’équilibre.

La sensation vertigineuse, contrairement au trouble de l’équilibre, est une caractéristique de l’atteinte de l’oreille interne vestibulaire. Elle est due à un déséquilibre ou à un conflit entre les deux organes vestibulaires, canaux semi-circulaires ou macule ; le plus souvent par diminution du fonctionnement ou bien au contraire par hyperexcitabilité de l’un des deux labyrinthes. Si les deux labyrinthes sont touchés conjointement et également, il n’y a pas de déséquilibre entre les deux, il n’y aura pas de vertiges, mais simplement un retentissement sur la fonction de l’équilibre.

Quelles sont les différentes catégories de troubles ?

Les sensations vertigineuses varient en fonction de l’organe vestibulaire touché. On peut ainsi distinguer :

–     les vertiges rotatoires, verticaux comme une grande roue ou horizontaux comme un manège, qui sont dus à une atteinte des canaux semi-circulaires :

–    les vertiges oscillatoires, comme sur le pont d‘un bateau, qui sont eux aussi liés à l’atteinte des canaux semi-circulaires ;

–    les vertiges linéaires : sensation de déplacement vers le haut ou le bas comme dans un ascenseur. Ils sont liés aux atteintes des macules.

Une caractéristique d’atteinte maculaire est la sensation de continuer à avancer après l’arrêt d’un mouvement.

Quelles sont les différentes intensités du vertige ?

Là encore elles sont très variables suivant la cause et le mécanisme des vertiges.

Il peut s’agir d’un vertige fruste, fugace, survenant uniquement lors des déplacements ou rotations du corps ou de la tête assez rapides et s’accompagnant parfois d’une discrète sensation de déséquilibre.

À l’autre extrémité, on assiste à la grande crise vertigineuse avec chute et vomissements.

Tous les intermédiaires peuvent exister entre ces deux cas, sachant qu’une même cause peut donner des intensités vertigineuses variables dans le temps.

Quelles sont les circonstances déclenchantes des vertiges ?

Ces circonstances sont multiples étant donné la grande diversité des causes des vertiges. On ne peut que citer les vertiges survenant après un accident, de la route par exemple, ou bien après l’explosion d’un pétard près de l’oreille, ceux survenant à la suite d’une contrariété ou d’un stress, ceux pouvant survenir à la suite d’une poussée tensionnelle ou d’un mouvement brutal de la tête, d’une torsion du cou ou après être resté allongé sur le côté, ou ceux survenant lors d’un contexte grippal ou d’une poussée d’otite.

Ces circonstances déclenchantes sont très importantes à reconnaître et à préciser car elles peuvent donner des renseignements très utiles sur les mécanismes et la cause du vertige, et donc sur l’adaptation du traitement.

Quels sont les modes évolutifs des vertiges ?

L’évolution à court terme d’un vertige peut se faire selon trois modalités :

– il peut s’agir d’une grande crise unique, avec vertige très important, déséquilibre, vomissements profus. C’est souvent le cas des névrites vestibulaires ou des accidents circulatoires de l’oreille interne qui détruisent le labyrinthe ;

–     il peut s’agir de crises vertigineuses répétitives et itératives, qui surviennent par crises espacées, comme celles, par exemple, de la maladie de Ménière ou de vertiges positionnels entraînant des troubles irritatifs de la fonction labyrinthique ;

–    il peut s’agir enfin de sensations vertigineuses chroniques, plus ou moins continues ; vertiges de faible intensité ou déplacements avec troubles de l’équilibre latents, témoignant plutôt d’une atteinte du système nerveux central d’origine variable altérant Je s voies vestibulaires.

Quel est le devenir à long terme d’un vertige ?

Le devenir à long terme d’un vertige varie bien sûr en fonction de sa cause et de son mécanisme, mais peut-être encore plus du niveau auquel il est situé sur les voies nerveuses vestibulaires.

Si la cause des vertiges se trouve au niveau de l’oreille interne ou du nerf auditif, les centres nerveux supérieurs interviennent pour que se passe le mécanisme de la « compensation vestibulaire », c’est-à-dire que l’individu va apprendre à limiter les dégâts ou à fonctionner avec un seul vestibule. Bien sûr, c’est un état d’équilibre instable qui peut être modifié par la fermeture des yeux ou un mouvement brutal de la tête, mais, en tout cas, la sensation vertigineuse aura disparu. Le cerveau aura « gommé » le déséquilibre entre les deux labyrinthes.

Si la cause des vertiges se trouve au niveau du système nerveux central ou du cerveau proprement dit, ce mécanisme de compensation vestibulaire se fait beaucoup moins bien ou pas du tout, de sorte que la sensation vertigineuse, si elle peut diminuer d’intensité, est prolongée, voire définitive.

Dans les deux cas, mais surtout dans le second, les autres composantes de l’équilibre prennent, du moins en partie, le relais de l’oreille interne déficiente.

Que peut-on confondre avec un vertige ?

Nous avons vu que la sensation vertigineuse était le propre de l’atteinte de l’oreille interne de l’équilibre. Mais un certain nombre de sensations ou de malaises divers peuvent être confondus avec un vertige :

–    F hypoglycémie donne des sensations vertigineuses qui surviennent plus spécifiquement loin d’un repas, surtout si ce repas a été insuffisant. La prise de sucre la calme instantanément ;

–    Y hypotension artérielle donne des sensations vertigineuses fugaces en passant de la position allongée à assise, ou assise à debout, ou bien penchée/relevée. La tension artérielle étant « limite », le sang a du mal à remonter jusqu’au cerveau ;

–    la spasmophilie, liée à un manque de magnésium, peut donner des crises de faux vertiges avec déséquilibres et des signes caractéristiques au niveau des examens complémentaires ;

–    enfin, l’agoraphobie, ou peur du vide, est improprement appelée vertige : c’est une peur psychique des grands espaces ou de la station en hauteur qui n’a rien à voir avec l’oreille interne.

Quels sont les types de vertiges ?

Nous avons vu que la voie vestibulaire se divisait en deux parties : une première partie comprenant l’oreille interne et le nerf auditif, jusqu’au noyau vestibulaire ; une deuxième partie remontant dans le système nerveux central et allant jusqu’à la surface du cerveau. Les catégories de vertiges suivent cette division.

On peut donc distinguer les vertiges dits périphériques, qui trouvent leur cause au niveau de l’oreille interne, du nerf auditif ou du noyau vestibulaire. La caractéristique de ces vertiges périphériques est d’être le plus souvent de grands vertiges rotatoires avec troubles de l’équilibre, chute sur le côté, baisse de l’audition, acouphènes, et souvent vomissements.

Les vertiges centraux trouvent leur cause au niveau du système nerveux central, y compris le cerveau jusqu’à sa surface. Leur caractéristique est qu’ils sont faits de sensations vertigineuses fugaces avec des troubles de l’équilibre qui sont prédominants et permanents. Il n’y a pas de baisse d’audition associée ou d’acouphène, car les voies auditives et les voies de l’équilibre sont séparées à ce niveau.

Cette distinction entre les deux types de vertiges n’est donc pas purement formelle puisqu’elle permet d’en localiser la cause. Leur évolution à long terme est par ailleurs bien différente.

Quelles sont les causes principales des vertiges périphériques ?

On retrouve à ce niveau à peu près tous les mécanismes que nous avons évoqués dans la première partie. Toutefois, il existe des causes plus spécifiques aux vertiges d’origine

endo-labyrinthique, c’est-à-dire au niveau de l’oreille interne :

–    les causes pressionnelles par augmentation de la pression dans la vésicule labyrinthique : c’est l’hydrops labyrinthique définissant la maladie de Ménière ;

–    les causes positionnelles avec le vertige de même nom, lié à la cupulo-lithiase, qui est une anomalie de l’évacuation des petits cristaux de calcium siégeant au niveau des canaux semi-circulaires ;

–    enfin, la mise à nu de la vésicule du labyrinthe, soit à la suite d’un traumatisme du rocher par une fracture par exemple, soit par une érosion osseuse liée à une infection chronique de l’oreille moyenne, soit par une microfissure d’origine congénitale.

Pour les vertiges dits rétro-labyrinthiques, c’est-à-dire situés au niveau du nerf auditif, les causes fréquemment retrouvées sont les vertiges de neuronites virale, grippale ou les oreillons, qui entraînent une destruction du labyrinthe, la compres

sion ou la tension du nerf vestibulaire par une tumeur des gaines du nerf auditif ou la boucle anormale d’une artère du cervelet.

Quelles sont les causes principales des vertiges centraux ?

Quant aux vertiges d’origine centrale, ils sont souvent dus :

–    à un déficit circulatoire du tronc cérébral ou de la partie postérieure du cerveau, soit définitif, et c’est la mort labyrinthique, soit réversible, et c’est la souffrance labyrinthique ;

–    à des maladies de neuro-dégénérescence type sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, dégénérescence spino-cérébelleuse, etc. ;

–    à des causes tumorales, à savoir toutes les tumeurs intracrâniennes qui peuvent interrompre ou comprimer les voies vestibulaires.

Il existe souvent dans tous ces cas d’autres atteintes neurologiques des nerfs donnant la sensibilité ou la motricité au crâne, à la face ou aux membres.

Des problèmes de colonne cervicale peuvent-ils déclencher des vertiges ?

On ne pense pas assez à la colonne cervicale en cas de vertiges. Pourtant, les rapports entre les deux sont serrés puisque les vaisseaux qui amènent le sang au tronc cérébral et à la partie postérieure du cerveau, et donc au centre de l’équilibre, passent dans les vertèbres cervicales.

  • Une affection de la colonne cervicale peut donc avoir des retentissements sur la fonction d’équilibre. Il peut s’agir :

–             d’accidents, tout particulièrement le coup du lapin, en voiture, qui entraîne des séquelles à long terme, survenant souvent après une période muette ;

–             de petits microdéplacements de vertèbres cervicales répétés, surtout chez les femmes « à cou de cygne », cou long et insuffisamment musclé ;

–             d’arthrose, les excroissances osseuses comprimant les vaisseaux passant dans la colonne cervicale ;

–             de malformation, sous forme de fusion de plusieurs vertèbres ou d’anomalie au niveau de la jonction crâne-colonne cervicale.

Radios, scanner, doppler cervical préciseront les choses.

  • Les vertiges, dans ces cas-là, présentent certaines caractéristiques, survenant :

–    lorsque l’on regarde en l’air, par exemple nettoyage de vitres ;

–    à la torsion du cou, par exemple marche arrière en voiture ;

–    dans un contexte de craquements, douleur et/ou raideur du cou.

J’ai le souvenir d’un patient journaliste, hospitalisé, avec des vertiges très intenses et des vomissements profus : on lui prêtait une tumeur intracrânienne que les différents examens pratiqués à l’époque ne pouvaient pas déceler.

Il a été guéri par deux séances de manipulations cervicales, tentées en désespoir de cause !

Les vertiges s’accompagnent-ils toujours de troubles de l’équilibre ?

Les rapports entre vertiges et troubles de l’équilibre sont serrés puisque l’oreille interne est une des composantes de la fonction de l’équilibre. Les vertiges, qui sont, rappelons-le, une caractéristique propre de l’oreille interne, s’accompagnent souvent de troubles de l’équilibre.

En cas de vertige périphérique, il s’agit d’un déséquilibre très latéralisé du côté du labyrinthe le plus faible.

En cas de vertige central, il s’agit de troubles mal latéralisés avec vertiges frustes.

Les troubles de l’équilibre peuvent être isolés s’ils sont liés à une atteinte d’une des trois autres composantes de l’équilibre :

–    les récepteurs tendineux et musculaires et de la sensibilité profonde ;

–    la vision ;

–    enfin, le cervelet, qui centralise les informations.

Comment reconnaître des troubles de l’équilibre liés à une atteinte du cervelet ?

Il s’agit de troubles de l’équilibre isolés sans vertiges, non latéralisés, avec démarche les jambes écartées pour élargir la zone d’ancrage au sol : c’est l’ataxie cérébelleuse. Elle s’accompagne d’une incoordination des gestes (adiadococinésie) dont l’amplitude est par ailleurs mal contrôlée (dysmétrie). Cet ensemble de signes rapportés au cervelet peut être lié à un hématome à l’intérieur du cervelet, à une tumeur (astrocytome), à un kyste ou bien à une maladie dégénérative de la moelle et du cervelet.

D’autres maladies neurologiques peuvent-elles donner des troubles de l’équilibre ?

Toutes les maladies neurologiques entraînant un dysfonctionnement des récepteurs musculo-articulaires et/ou de la sensibilité profonde par atteinte des zones postérieures de la moelle provoquent des troubles de l’équilibre souvent associés à une insensibilité à la douleur. Leur cause principale a été très longtemps la syphi­lis dans sa forme neurologique (tabès) ; à l’heure actuelle, on voit plus fréquemment des myélites dégénératives type sclérose en plaques, sclérose latérale amyo- trophique, etc.

Certaines affections des yeux peuvent-elles donner des troubles de l’équilibre ?

Nous avons vu précédemment que la vision servait en quelque sorte de repère de stabilisation par rapport à notre environnement. À ce titre, elle fait partie des composantes de la fonction d équilibre. Une altération de cette fonction de repère par troubles de l’accommodation ou de l’acuité visuelle entame rarement à elle seule des troubles de l’équilibre. Par contre, elle peut majorer des troubles de l’équilibre déjà existants en supprimant le repère visuel. C’est pourquoi, lorsque l’on présente des troubles de l’équilibre et surtout des vertiges, il ne faut certainement pas, comme on aurait tendance à le faire, fermer les yeux car cela augmente la sensation vertigineuse ou de déséquilibre.

Comment se traduisent les vertiges et les troubles de l’équilibre chez l’enfant ?

Chez le tout-petit, qui est incapable de s’exprimer, la sensation désagréable vertigineuse ne peut se traduire que par des pleurs et des cris. Les troubles de l’équilibre sont révélés par une chute sur le côté en position assise, un retard ou une régression de l’apparition de la marche, avec éventuellement une démarche mal assurée et des chutes fréquentes parfois latéralisées.

Plus tardivement, lorsque l’enfant est capable de s’exprimer, le vertige peut être diagnostiqué en tant que tel.

Quelles sont les causes des vertiges et des troubles de l’équilibre chez l’enfant ?

Elles sont essentiellement au nombre de trois :

–    des crises vertigineuses répétitives sans cause évidente peuvent être chez l’enfant des équivalents migraineux. On retrouve alors souvent associés des épisodes de douleur abdominale qui ont la même valeur, puis plus tardivement des crises de maux de tête volontiers bilatérales chez l’enfant. Dans ce cas, les antécédents migraineux familiaux ont une grande valeur ;

–    les vertiges peuvent être dus à une tumeur intracrânienne bénigne ou maligne, surtout située chez l’enfant au niveau de la partie postérieure et basse du cerveau (fosse postérieure). Vertiges et vomissements s’accompagnent souvent de maux de tête, d’une certaine raideur de la nuque et d’autres troubles de la série neurologique ;

–    enfin, des vertiges peuvent témoigner chez un jeune enfant d’une épilepsie temporale, soit en tant que telle et restant localisée à cet endroit, soit servant de prémices à une diffusion et à une épilepsie généralisée.

Dans tous ces cas, des examens complémentaires comme l’électroencé- phalogramme et le scanner ou l’IRM confirmeront le diagnostic.

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Vidéo : Les maladies de l’oreille : Les vertiges et troubles de l’équilibre

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One Response to "Les maladies de l’oreille : Les vertiges et troubles de l’équilibre"

  1. torterotot  20 avril 2017 at 8 h 44 min

    des détails sur la crise de tumarkuin ?

    Répondre

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