Les affections thyroïdiennes aux différents âges de la vie

> > Les affections thyroïdiennes aux différents âges de la vie ; écrit le: 7 avril 2012 par aboura

La femme et la thyroïde

Affections thyroïdiennes et planification d’une grossesse:

  • L’hyperthyroïdie:

Chez une jeune femme qui souhaite devenir mère mais qui souffre d’hyperthyroïdie, certaines précautions sont à prendre. Avant de traiter la patiente, il faut s’assurer quelle n’est pas déjà enceinte car certains examens ou médicaments pourraient être préjudiciables au bon développement du fœtus. Lui sont interdits les scintigraphies et les traitements à l’iode radioactif. Si la jeune femme n’est pas enceinte, on peut la traiter par iode radioactif. Il est indispensable, pendant toute la durée du traitement d’avoir recours à une contracep­tion afin d’éviter tout risque de grossesse. En France, le trai­tement préconisé dans la plupart de hyperthyroïdies chez une jeune femme est à base d’antithyroïdiens même si certains praticiens comme aux États-Unis préfèrent utiliser de l’iode radioactif qui assure une guérison complète. On conseille, en général, aux jeunes femmes d’attendre six mois après la fin du traitement avant d’être enceinte.

  • L’hvpothyroïdie:

En cas d’hypothyroïdie, le traitement est simple. Il s’agit d’une hormonothérapie thyroïdienne substitutive à entre­prendre quelques mois avant la grossesse ce qui permet d’éli­miner tout risque d’hypothyroïdie pour la mère ou le fœtus pendant le déroulement de la grossesse. La substitution est légèrement augmentée dés le début de grossesse pour bien couvrir les besoins du fœtus au premier trimestre.

Affections thyroïdiennes et grossesse:

Pendant la grossesse, la fonction de la glande thyroïde est normale et l’hyperthyroïdie n’apparaît que chez une femme enceinte sur mille. Une augmentation de volume de la thy­roïde peut cependant survenir, révélant l’existence d’une pathologie qui doit être examinée plus profondément.

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Pourtant, même si les affections thyroïdiennes surviennent assez rarement (le système immunitaire, afin de protéger le fœtus, est moins actif) lorsque la grossesse se termine, les affections de la thyroïde, chez les femmes qui n’ont pas d’an­técédents, peuvent se développer. On parle alors de thyroï- dite du post-partum. Ces affections surviennent, générale­ment, après l’accouchement et disparaissent en quelques semaines. Par ailleurs chez les femmes ayant un antécédent de maladie de Baseclow, le risque de rechute est plus grand après la grossesse.

Lorsque pendant la grossesse, une affection thyroïdienne survient malgré tout, il convient de la traiter différemment et d’adapter à la patiente une médicamentation spécifique.

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Pendant la grossesse, la fonction de la thyroïde est souvent normale. Cependant, certaines femmes peuvent éprouver des troubles comme une accélération du rythme cardiaque, des pal­pitations, une transpiration excessive ; troubles qui pourraient s’apparenter à une hyperthyroïdie. Et même si l’on recherche, alors, l’existence d’une pathologie thyroïdienne, cette dernière ne représente, en réalité, qu’un cas sur mille grossesses.

Chez la femme enceinte, les affections thyroïdiennes sont généralement de nature auto-immune. On entend par là une attaque des cellules thyroïdiennes par des anticorps. L’organisme peut également produire des anticorps qui sti­mulent le tissu thyroïdien, il en résulte alors une hyperthyroï­die. À l’inverse, les anticorps peuvent réduire la fonction thy­roïdienne et entraîner une hypothyroïdie.

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  • L’hyperthvroïdie:

Lorsque l’hyperthyroïdie survient lors d’une grossesse, elle est souvent due à la maladie de Basedow. Cette pathologie représente, à la fois au niveau du diagnostic et du traitement, un véritable challenge pour l’équipe médicale en raison des considérations particulières à prendre en compte concernant la mère et le fœtus. Si l’affection n’est pas traitée dès le début de la grossesse, le risque de fausse-couche et de naissance d’un enfant mort-né est accru. Risque qui augmente au fil des semaines et si la maladie n’est découverte que tardivement.

Les signes avant coureurs qui doivent alerter sont les sui­vants :

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  • glande thyroïde tuméfiée
  •  saillie des yeux
  • signes d’hyperthyroïdie
  •  niveau élevé d’hormones thyroïdiennes

Les traitements sont les suivants :

Lorsqu’une patiente présente une hyperthyroïdie pendant sa grossesse, le traitement est différent de celui qu’elle pour­rait suivre en temps normal. Il faut respecter certaines règles, éviter certains examens ou médicaments qui pourraient être nuisibles à la santé du bébé.

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Il faut éviter les scintigraphies à cause de la quantité de radioactivité que le fœtus pourrait recevoir. Si, malheureuse­ment, et par inadvertance, cet examen était, tout de même, effectué, il ne faut pas s’alarmer pour autant. La quantité de radioactivité que recevrait le futur bébé serait à peine plus élevée que le niveau du rayonnement de fond ambiant.

Il ne faut, en aucun cas, prescrire à une patiente enceinte, un traitement à l’iode radioactif. Les effets des radiations sur le développement du fœtus au début de la grossesse peuvent s’avérer très dangereux pour ce dernier. Lorsque ces radia­tions s’approchent des niveaux qui peuvent leur être nui­sibles, certaines patientes préfèrent subir un avortement thé­rapeutique plutôt que de risquer de mettre au monde un enfant présentant de graves malformations. Il ne faut cepen­dant pas généraliser, car de nombreux bébés, qui ne souffrent d’aucunes séquelles, sont nés dans ces conditions. Lorsque l’iode radioactif est prescrit plus tardivement dans le déroule­ment de la grossesse, il peut détruire la glande thyroïde du fœtus. Dans ce cas, un traitement adapté, peu de temps après la naissance, assurera au bébé une croissance et un dévelop­pement normaux.

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Les traitements médicamenteux préconisés en cas d’hyper- thyroïdie pendant la grossesse sont :

  • Le Propylthio-uracile. Ce médicament ne traverse presque pas le placenta et est donc sans risque connu pour le fœtus. Le but pendant la grossesse est de maîtriser l’hyperthyroïdie et de maintenir les niveaux d’hormone thyroïdienne dans le sang proches de la normale.
  • Le carbimazole (Néemercazole), moins utilisé que le Propylthio-uracile, a pour inconvénient de traverser le pla­centa. Utilisé de façon bien dosé, ce médicament ne présente habituellement pas de danger pour le fœtus mais de très rares cas de complications ont été rapportées.

Les médicaments seront utilisés à la dose la plus faible pos­sible. En cas d’intolérance à l’un de ces médicaments, et si l’hyperthyroïdie est sévère, on peut, si la grossesse est suffi­samment avancée, avoir recours à la chirurgie.

L’hyperthyroïdie a tendance à s’atténuer au fil des semaines et à l’approche de l’accouchement. La prescription médica­menteuse peut alors être réduite voire suspendue. Si ce n’est pas le cas, un contrôle régulier doit être fait afin d’éviter une crise thyréotoxique aiguë pendant l’accouchement.

  • L’hypothvroïdie:

Moins dangereuse que l’hyperthyroïdie, l’hypothyroïdie chez la femme enceinte doit être cependant traitée avec soin. Lorsque l’on soupçonne, chez une patiente enceinte, une hypothyroïdie, on effectue, dans un premier temps, une ana­lyse sanguine TSH afin de confirmer ou non la présence de la maladie. Si le taux de TSH augmente, il y a hypothyroïdie. Le traitement préconisé dans ce cas est la Thyroxine qui ne pré­sente aucun danger pour le fœtus. En cas de nécessité, le dosage peut même être augmenté sans que cela ait une quel­conque influence sur la santé de la mère et du bébé. La sub­stitution est même légèrement augmentée dés le début de grossesse pour bien couvrir les besoins du fœtus au premier trimestre.

  • Le goitre:

Le goitre sans anomalie de fonctionnement de la thyroïde peut augmenter modérément de volume pendant la gros­sesse mais cela ne nécessite aucun traitement

  • Le nodule:

Le nodule thyroïdien est un gonflement localisé de la thy­roïde qui passe souvent inaperçu et qui n’est décelé que lors d’une consultation médicale. Si la plupart des nodules sont bénins, il ne faut pas méconnaître le risque d’un éventuel cancer et faire des examens approfondis. Lors de la gros­sesse, la scintigraphie est contre-indiquée. Il faut alors effec­tuer une cytoponction à l’aide d’une fine aiguille. Cet examen permettra de déterminer la nature bénigne ou maligne du nodule et d’envisager les traitements à suivre. En cas de can­cer, la chirurgie s’impose à condition qu’elle soit pratiquée vers le milieu de la grossesse.

Affections thyroïdiennes post-partum:

Après l’accouchement, certains maladies thyroïdiennes peuvent ressurgir, comme la maladie de Basedow, d’autres peuvent apparaître spontanément, comme la thyroïdite du post-partum. Et si de nombreuses femmes, quelques jours après avoir mis leur bébé au monde, éprouvent des troubles émotionnels, cela ne signifie pas obligatoirement qu’elles souffrent d’un dérèglement thyroïdien. Cependant, si les symptômes persistent, il est nécessaire d’effectuer des tests et de vérifier le niveau de TSH dans le sang.

La maladie de Basedow

Après l’accouchement, la maladie de Basedow a tendance à revenir voire à empirer. Il faut alors la traiter, si la femme n’allaite pas, par iode radioactif. L’iode radioactif que l’on administre à la mère est transmis au bébé par son lait. On soigne généralement la femme qui allaite avec du Propylthio- uracile, un médicament qui a la particularité de ne se retrou­ver dans le lait maternel qu’en infime quantité. Le Méthimazole est, lui aussi, préconisé en cas d’allaitement, même s’il passe plus dans le lait maternel que le Propylthiouracile. Quel que soit le traitement choisi, il est indispensable de surveiller la fonction thyroïdienne du bébé.

  • La thyroïdite post-partum:

Affection thyroïdienne, la thyroïdite post-partum touche environ 8 % des femmes. Cette maladie, qui n’a été décou­verte que récemment, présente un large éventail d’anomalies qui vont de l’hypothyroïdie à l’hyperthyroïdie. Lors de la phase initiale d’hyperthyroïdie, la production d’anticorps endommage le tissu thyroïdien et libère trop d’hormones thy­roïdiennes dans le sang. Lors de la phase de réparation il se produit une baisse des niveaux d’hormones thyroïdiennes provoquant une insuffisance thyroïdienne (hypothyroïdie) temporaire. La phase d’hyperthyroïdie dure en moyenne de un à trois mois et la phase d’hypothyroïdie survient entre le troisième et le neuvième mois après l’accouchement. La thy­roïdite post-partum survient, généralement, chez des sujets qui présentent, dans le sang des anticorps thyroïdiens et qui ne prennent pas de Thyroxine. Le traitement, généralement suivi, est un traitement symptomatique dans la phase hyper- thyroïdienne, En règle générale, l’hypothyroïdie régresse d’elle-même et ne nécessite pas de traitement. Cependant, si les symptômes (c’est le cas pour 1/5 des femmes qui viennent d’accoucher) persistent, un traitement aux hormones thyroï­diennes peut être prescrit.

Maladies thyroïdiennes et fécondité:

Il arrive que des affections thyroïdiennes entraînent chez certaines femmes une infertilité. Cette perte de la fertilité n’est cependant pas irréversible et de nombreuses femmes atteintes d’hyper ou d’hypothyroïdie redeviennent fertiles, une fois la maladie traitée. Cela apparaît souvent lorsque les patientes développent une maladie de Basedow ou une thy­roïdite chronique d’Hashimoto.

Le manque d’hormones thyroïdiennes n’est pas favorable à la fertilité et en plus en cas d’hypothyroïdie sévère, l’hypo­physe produit une quantité anormalement élevée de l’hor­mone prolactine. Cette augmentation de la sécrétion de pro- lactine peut interrompre le cycle menstruel et entraîner une perte de la fécondité.

De même, en cas d’hyperthyroïdie, le taux de fécondité est faible. C’est pourquoi, lorsqu’une patiente consulte pour un problème de stérilité, il est indispensable de pratiquer un dosage hormonal afin d’écarter toute maladie liée à un dérè­glement thyroïdien.

Une fois traitées, l’hyperthyroïdie et l’hypothyroïdie n’ont plus d’effet sur la fertilité. Très rarement la thyroïdite de Hashimoto peut être associée à une autre atteinte auto- immune des ovaires, avec ménopause précoce, qui cette fois, entraîne une infertilité définitive.

Affections thyroïdiennes et allaitement:

Comme chez la femme enceinte, il faut être extrêmement prudent sur la médicamentation à prescrire à une femme souffrant de troubles thyroïdiens qui allaite. Certaines sub­stances comme les isotopes radioactifs sont interdits car il se retrouvent dans le lait maternel. La Thyroxine et les anti-thy- roidiens de synthèse à faible dose peuvent être prescrits dans la mesure où seules d’infimes quantités de ces médicaments se retrouvent dans le lait.

Affections thyroïdiennes et menstruations:

Les variations du taux d’hormones thyroïdiennes, les effets de ces hormones et la fonction ovarienne ont de multiples effets sur le système reproducteur de la jeune femme.

  • En cas d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie, les cycles menstruels peuvent être plus espacés.
  • Chez les toutes jeunes filles souffrant d’hyper ou d’hypo- thyroïdie, l’arrivée des règles peut être retardée.

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