Les affections thyroïdiennes aux différents âges de la vie: le fœtus et la thyroïde

> > Les affections thyroïdiennes aux différents âges de la vie: le fœtus et la thyroïde ; écrit le: 7 avril 2012 par aboura modifié le 4 août 2019

Chez le fœtus, la glande thyroïde commence à fonctionner dès la dixième semaine de gestation. C’est l’iode qui est contenu dans le régime alimentaire de la femme qui est uti¬lisé par la glande thyroïde du foetus et qui produit l’hormone thyroïdienne. Avant ce sont les hormones thyroïdiennes maternelles, qui traversant le placenta, sont extrêmement importantes pour le développement du système nerveux du fœtu

Hypothyroïdie du fœtus:

S’il y a carence en iode, le fœtus peut souffrir d’hypothy- roïdie ou plus gravement de crétinisme. En cas de maladie thyroïdienne de la mère, certains médicaments peuvent être dangereux pour le fœtus car ils traversent le placenta. Ces médicaments qui sont responsables d’hypothyroïdie fœtale sont l’iode non radioactif et surtout les médicaments antithy¬roïdiens. Les médicaments qui contiennent de l’iode non radioactif doivent tous être interdits pendant la grossesse car ils peuvent entraîner le développement d’un goitre chez le fœtus et causer une obstaiction respiratoire. En cas de doute, une échographie du fœtus permet de repérer le volume thy¬roïdien.

L’hyperthyroïdie du fœtus:

L’hyperthyroïdie fœtale se signale par un rythme cardiaque du fœtus au-dessus de la limite normale et la présence anor¬malement élevée d’anticorps contre le récepteur à la TSH dans le sang de la maman. Cette maladie survient lorsque la mère souffre d’hyperthyroïdie par maladie de Basedow. Elle peut également survenir lorsque la mère a subi une ablation

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de la thyroïde par le passé et a moins de tissu thyroïdien mais conserve des anticorps antirécepteurs de la TSH. Les consé­quences de l’hyperthyroïdie sur le bébé entraînent, si elle n’est pas traitée, un faible poids à la naissance, une insuffi­sance cardiaque, une détresse respiratoire, une petite tête et une souffrance fœtale pendant l’accouchement. Pour soigner cette hyperthyroïdie, un traitement adapté et continu, admi­nistré à la mère est indispensable ainsi qu’un suivi et un trai­tement éventuel du nourrisson après la naissance.

L’enfant et la thyroïde:

Comme chez les adultes, les affections thyroïdiennes se retrouvent chez l’enfant. Même si globalement, les traitements sont identiques, il existe tout de même quelques variantes.

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Lorsque l’on détecte chez un enfant un dysfonctionnement de la glande thyroïde, il faut, tout d’abord, lui expliquer où elle se situe, comment elle fonctionne et de quelle façon on va la soigner.

Les premiers examens à effectuer sont des analyses san­guines où l’on va mesurer les taux de TSH et de T4.

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Les nodules de l’enfant sont rares et explorés comme chez l’adulte avec un risque de cancer plus important.

L’hypothyroïdie du nouveau-né:

L’hypothyroïdie congénitale est une affection qui touche un nouveau-né sur quatre mille. Cette maladie entraîne des troubles comme un retard de croissance et une déficience mentale (les hormones thyroïdiennes étant indispensables à la croissance et au développement du cerveau). Lorsque les nouveaux-nés ont entre deux et cinq jours, on leur fait subir un test afin de déterminer les taux de TSH et de T4, si l’hy- pothyroïdie est habituellement permanente, mais il arrive dans certains cas, rares, que la thyroïde ne soit que temporairement incapable de sécréter des hormones thyroïdiennes. C’est notamment le cas lorsque les anticorps présents dans le sang de la mère ont traversé le placenta et bloqué de façon momentanée le fonctionnement de la thyroïde du fœtus mais aussi en cas de carence iodée ou de surcharge iodée.

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Quelles sont les causes de l’hypothyroïdie du nou­veau-né ?

Les causes de l’hypothyroïdie chez l’enfant sont diverses. Dans 75 % des cas, il s’agit d’une malformation de la glande thyroïde. Pendant la vie utérine, la glande aurait dû migrer de la base de la langue à la base du cou. Il arrive qu’elle ne trouve pas sa place normale ou qu’elle ne se développe pas normalement. Lorsque la glande thyroïde ne peut pas être mise en évidence, on parle d’athyréose. Lorsqu’elle n’a pas suffisamment migré et qu’elle s’est arrêtée entre la base du cou et la langue, on parle d’ectopie. Il arrive parfois que la glande thyroïde soit bien placée mais qu’elle ne fabrique pas une hormone normale. On évoque alors le terme de trouble de P h or monosynthèse thyroïdienne. Il existe une autre patho­logie, beaucoup plus rare : elle est la conséquence d’une ano­malie de l’hypophyse qui sécrète la TSH en quantité insuffi­sante.

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Les filles sont-elles plus touchées que les garçons ?

En ce qui concerne l’ectopie ou l’athyréose, les filles sont plus touchées que les garçons. Lorsqu’il s’agit d’un trouble de l’hormonosynthèse, les filles et les garçons sont touchés de la même façon.

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Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie du nou- veau-né ?

Les symptômes de l’hypothyroïdie sont discrets :

  • une constipation
  • un manque d’appétit
  • un retard de croissance
  • un caractère endormi
  • des pleurs enroués chez le bébé
  • une peau sèche

S’ajoute à cette liste une petite taille par rapport à un poids normal. Dès que le traitement commence, la croissance redé­marre.

Quel est le traitement de Vhypothyroidie du nouveau-né ?

Le traitement de l’hypothyroïdie congénitale permet à l’en­fant de se développer normalement et empêche l’apparition de déficience mentale. Ce traitement se fait, à vie, par l’admi­nistration de médicaments. Il faut, en effet, donner à l’enfant l’hormone thyroïdienne qui lui manque et ceci le plus rapi­dement possible. Il s’agit de L-thyroxine® sous formes de gouttes pour les plus jeunes et de Levothyrox® sous forme de comprimés pour les plus âgés. La prise de médicaments doit être adaptée en fonction de l’âge et du poids de l’enfant. Le suivi médical doit être régulier avec des contrôles sanguins de la TSH et de la thyroxine. Le traitement est journalier et se prend à vie.

L’hypothyroïdie peut-elle disparaître ?

Les ectopies, les troubles de l’hormonosynthèse et les athy- réoses sont des affections définitives qui nécessitent un trai­tement qui devra être poursuivi à l’âge adulte.

Il existe cependant des hypothyroïdies transitoires. C’est le cas lorsque la mère a transmis à son bébé, pendant la gros­sesse, des substances nocives (produits à base d’iode), si la maman souffrant d’hyperthyroïdie a pris des médicaments passant chez le fœtus. Après la naissance du bébé, la glande thyroïde va se remettre à fonctionner normalement.

L’hyperthyroïdie:

Chez le nouveau-né elle peut apparaître par passages d’an­ticorps stimulant de la mère ayant eu une maladie de Basedow ; l’évolution est favorable par l’élimination des anti­corps. Par la suite l’hyperthyroïdie est une maladie que l’on rencontre plus fréquemment à l’adolescence que dans la petite enfance et il s’agit habituellement cl’une maladie de Basedow. Si elle n’est pas traitée, des complications peuvent survenir. C’est pourquoi, il faut être extrêmement vigilant et consulter un médecin dès que l’enfant présente les symp­tômes de cette maladie.

Les symptômes de l’hyperthyroïdie chez l’enfant sont les mêmes que chez l’adulte :

  • la perte de poids
  • l’irritabilité
  • la nervosité
  • la transpiration excessive
  • la faiblesse musculaire
  • les tremblements
  • la peau moite
  • les pulsations cardiaques rapides
  • les yeux rouges et paupières tuméfiées
  • le goitre selon l’étiologie.

À tous ces troubles comparables à ceux de l’adulte peuvent s’ajouter une agitation et une diminution de l’attention qui entraînent des difficultés scolaires. Ce sont souvent ces deux dernières affections qui amènent les parents à consulter un médecin.

Le traitement de l’hyperthyroïdie chez l’enfant se fait par l’administration de médicaments antithyroïdiens. Comme chez  l’adulte, chez certains enfants, il est parfois nécessaire d’enle­ver la glande thyroïde une fois l’hyperthyroïdie contrôlée si elle a tendance à récidiver. Le traitement par iode radioactif n’est utilisé que très rarement chez les plus jeunes. Il peut cependant être utile chez les adolescents dont l’hyperthyroïdie est difficile à stabiliser.

Le goitre congénital:

Relativement rare, le goitre congénital (augmentation de volume de la thyroïde) peut être secondaire à une carence iodée, à un trouble de l’hormonosynthèse ou au passage d’anticorps de la mère. Selon les causes, l’évolution est favo­rable spontanément ou avec un traitement aux hormones thyroïdiennes qui ont la faculté de bloquer la production de la TSH par l’hypophyse.

L’hypothyroïdie tardive de l’enfant : thyroïdite chronique d’Hashimoto:

Comme chez l’adulte, cette inflammation est causée par la présence anormale d’anticorps sanguins et de lymphocytes qui s’en prennent aux cellules de la thyroïde. Les symptômes de la maladie sont ceux de l’hypothyroïdie, la présence d’un goitre. Cette affection est très rare chez les enfants et les ado­lescents. Elle apparaît habituellement chez l’adulte mais elle peut parfois se former en cas d’antécédents familiaux de cette maladie. Les jeunes filles sont plus touchées que les garçons.

Le traitement de la thyroïdite chronique d’Hashimoto chez les enfants et les adolescents est le même que chez les adultes. Le goitre peut diminuer de volume ou disparaître sur le long terme. Le traitement est à vie et en cas d’hypothyroï- die, des examens cliniques sont à faire tous les ans.

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