La communication hormonale : la découverte de la première hormone la sécrétine: hormone la sécrétine

Accueil » Endocrinologie » La communication hormonale : la découverte de la première hormone la sécrétine écrit le: 16 avril 2012 par admin

L’origine de l’endocrinologie se situe peut-être en 1849, avec les expériences de castra¬tion de coqs menées par Berthold qui démontrèrent le rôle endocrine du testicule. On parlait alors plutôt de sécrétion interne. Claude Bernard par exemple distinguait, au niveau du foie, une sécrétion externe, celle de la bile déversée dans le duodénum, et une sécrétion interne de glucose dans le sang. En 1889, le neurologue français Charles-Edouard Brown-Séquard (1817-1894) initia, sans toutefois l’identifier comme telle, la première thérapie hormonale en injectant des extraits testiculaires de chien, de mouton, de lapin ou de cobaye à des patients dont la « puissance génitale » s’était amenuisée. L’effet « dynamogéniant » de ces extraits testiculaires observé par le neurologue fut cependant sujet à controverse parmi les médecins de l’époque.
La découverte et l’identification en tant que telle de la première hormone sont liées à des observations effectuées en 1895 par le célèbre physiologiste d’origine russe Ivan Petrovitch Pavlov (1849-1936). Celui-ci remarqua que le flux de suc pancréatique se déversait dans le duodénum lorsque le chyme, en provenance de l’estomac, pénétrait dans ce segment de l’intestin. Pavlov obtint un accroissement identique de la sécrétion pancréatique en introduisant une solution acide dans le duodénum. Il en conclut l’existence d’un réflexe sécrétoire initié par l’acidité du chyme. Pour lui, il ne faisait pas de doute que ce réflexe était de nature strictement nerveuse. Mais en 1902, des expériences menées par les physiologistes britanniques William Mortlock Bayliss (1860-1924) et Ernest Henry Starling (1866-1927) montrèrent que Pavlov n’avait pas vu juste…

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Les expériences de Bayliss et Starling (1902):

Bayliss et Starling cherchent à vérifier si l’injection d’une solution acide dans l’intestin grêle peut affecter la sécrétion pancréatique en l’absence de connexions nerveuses entre ces deux organes. Chez un chien anesthésié et à jeun depuis 18 heures, ils réalisent, par la section des deux nerfs pneumogastriques, une dénervation du pancréas. La sécrétion pancréatique est recueillie par la mise en place d’une canule dans le canal de Wirsung avant son abouchement dans le duodénum. Par ailleurs, les deux chercheurs isolent une anse du jéjunum (partie de l’intestin grêle qui suit le duodénum) entre deux ligatures et sectionnent ses afférences nerveuses mésentériques. Ils introduisent, à l’aide d’une seringue, la solution acide dans l’anse jéjunale isolée et dénervée.
La canule issue du pancréas est reliée à une extrémité d’un long tube de verre rempli, au début de l’expérience, de liquide physiologique. L’autre extrémité du tube de verre est placée au-dessus d’un disque de mica fixé sur la membrane d’un tambour de Marey, c’est-à-dire un manomètre de conception simple, lui-même en relation avec l’aiguille d’un cylindre d’enregistrement. Le dispositif est tel que toute goutte de suc pancréatique pénétrant dans la canule induit la chute d’une goutte de liquide sur le disque de mica, qui provoque à son tour une déviation de l’aiguille et un tracé vertical sur le cylindre.
Bayliss et Starling observent, après un temps de latence de deux minutes correspondant à la durée de l’injection de la solution acide, la chute d’une première goutte de suc pancréatique, suivie deux minutes plus tard, d’une série rapprochée de gouttes. Une sécré¬tion active de suc pancréatique se poursuit encore pendant 3 à 4 minutes, puis décroît graduellement pour cesser 11 à 12 minutes après le début de l’injection.
L’injection d’acide dans l’anse jéjunale a provoqué, en l’absence de toute connexion nerveuse, la sécrétion de suc pancréatique. Bayliss et Starling émettent donc l’hypothèse qu’une substance libérée dans la circulation systé- mique au niveau de l’anse jéjunale est capable de déclencher la sécrétion pancréatique lorsque le contenu de l’intestin est acidifié.
Initiant les procédures fonda¬mentales de l’endocrinologie, Bayliss et Starling cherchent à confirmer leur hypothèse en vérifiant les conséquences sur l’activité du pancréas de l’in¬jection dans la circulation sanguine générale d’extraits de muqueuse jéjunale «stimulée» par une solution acide. Cette seconde expérience montre que des extraits de muqueuse jéjunale sont capables de déclencher, par l’intermédiaire de la circulation sanguine, la sécrétion du suc pancréatique. Elle confirme l’existence d’une substance sécrétée par la muqueuse intestinale et agissant par voie sanguine sur le pancréas. Bayliss et Starling la nomment « sécrétine ». Le terme « hormone » est introduit pour la première fois en 1905 par Starling lors d’une conférence consacrée aux «corrélations chimiques des fonctions de l’organisme». Il désigne un messager chimique qui, comme la sécrétine, est produit par un organe puis véhiculé par la circulation sanguine jusqu’à un autre organe où il exerce son effet.

D’autres étapes clés:

Le premier traité d’endocrinologie est publié en 1915 par le médecin italien Nicola Pende (1880-1970). Toutefois, ce nouveau domaine de la physiologie n’est réellement reconnu que deux ans plus tard, avec la publication, aux Etats-Unis, du premier numéro de la revue Endocrinology par l’Association for the Study of Internai Sécrétions.
La sécrétine est purifiée en 1961 par les biochimistes suédois Erik Jorpes (1894- 1973) et Viktor Mutt (1923-1998) chez le porc. Sa séquence (27 acides aminés) est déterminée par les mêmes chercheurs en 1966.

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