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Les relations entre les affections thyroïdiennes et le psychisme

Vous êtes ici : » » Les relations entre les affections thyroïdiennes et le psychisme ; écrit le: 9 avril 2012 par aboura modifié le 10 février 2018

Les relations entre les affections thyroïdiennes et le psychismeDes études ont montré que le stress, chez certaines personnes génétiquement prédisposées, était source de déséquilibre hormonal. Les hormones que l’on produit en état de stress modifient notre système immunitaire qui perd alors son auto-protection.
Cependant, c’est associé à d’autres facteurs que la maladie se déclenchera. Les facteurs de stress les plus susceptibles d’accélérer l’apparition d’un dérèglement thyroïdien sont :
– la perte d’un conjoint
– un licenciement
– des conflits familiaux
– des problèmes professionnels
– un déménagement
– des difficultés financières
Le stress est un élément perturbateur pour l’équilibre endocrinien. Si ce dernier connaît une mauvaise régulation du système immunitaire, les maladies auto-immunes se dévelop­pent. Chaque individu développe un stress différent en fonc­tion de son vécu et de sa personnalité.

Si, chez les personnes souffrant de dérèglements hormo­naux, l’influence de certains facteurs de stress n’est plus à démontrer, il faut reconnaître qu’il est parfois la conséquence et non pas la cause de la maladie. C’est souvent une fois qu’elle est déclenchée que les sujets vont être stressés. L’anxiété et la peur de vivre avec une maladie thyroïdienne sont la conséquence et non la cause du stress. En cas de doute le dosage de TSH permet de vérifier facilement si les signes rapportés sont en relation avec une maladie thyroï­dienne ou non.



Le rôle des hormones sur le psychisme:

Les hormones jouent un rôle primordial sur le bon fonc­tionnement de l’organisme. Ambassadrices du système de régulation, elles agissent sur la croissance, la pression arté­rielle, les taux de glycémie, l’équilibre des fluides, la repro­duction… mais également sur le psychisme. Et lorsque la régulation des hormones thyroïdiennes est perturbée, le malade est plus fragile psychologiquement.

L’influence d’une hyperthyroïdie sur l’organisme:

En cas d’hyperthyroïdie, le malade est, tour à tour, épuisé, excité, il aspire en même temps au calme mais ne peut s’em­pêcher de rester inactif. Très productifs, ils ont parfois du mal à se concentrer. Sur le plan émotionnel, ils sont extrêmement fragiles et hypersensibles. Perturbés dans leur sommeil, ils peuvent souffrir, la nuit, de crises d’angoisses. Les malades sont anxieux et tendus, impatients et irascibles, ils présentent une sensibilité exacerbée au bruit et peuvent même avoir très rarement des hallucinations. Au niveau du transit intestinal, ils alternent entre constipation et diarrhée. Tous ces signes décrits ne sont pas l’apanage des hyperthyroïdiens, ils sont les mêmes chez les personnes anxieuses et dépressives. Le trop-plein d’hormones thyroïdiennes malmène en même temps l’organique et le psychique. Il ne faut cependant pas s’alarmer car, bien régulés au niveau thyroïdien, les symp­tômes se normalisent voir disparaissent.

Les principaux troubles psychologiques présents lors d’une hyperthyroïdie :

–    l’anxiété

–    la tension

–    l’irritabilité, nervosité

–    la dépression

–    l’impatience

–    la sensibilité accrue au bruit

–    les troubles du sommeil

L’influence d’une hypothyroïdie sur l’organisme:

En cas d’hypothyroïdie, le malade est fatigué, il manque d’entrain, sa mémoire lui fait défaut. Il n’a d’intérêt pour rien, son processus mental est ralenti et ses capacités intellec­tuelles s’amenuisent. Ces troubles sont également ceux que peuvent éprouver certains dépressifs. Il faut alors les soigner rapidement pour que tout rentre en ordre.

Les principaux troubles psychologiques présents lors d’une hypothyroïdie sont :

–    les idées lentes, confuses

–    le manque d’intérêt

–    la détérioration intellectuelle

–    le processus mental ralenti

Le vécu des maladies thyroïdiennes sur le psychisme:

Pour de très rares malades de la thyroïde, les symptômes rencontrés provoquent de tels troubles qu’ils bouleversent leur existence au point de leur fait vivre un véritable cauche­mar. Cauchemar vécu également par la famille qui se trouve désarçonnée et qui ne sait pas comment faire face à de tels comportements. Dans ces situations exceptionnelles, lorsque les symptômes de la maladie deviennent trop handicapants et risquent de mettre en jeu la santé du malade, il est indispen­sable de l’hospitaliser dans un service psychiatrique.

Sous traitement thyroïdien, le malade reçoit des doses d’hormones qui vont modifier son comportement. Ses per­ceptions sont exacerbées, ses facultés modifiées et son état psychologique changé. La malade a une perception de lui- même complètement différente de celle qu’il avait aupara­vant. Il doute de sa guérison, d’un possible mieux-être, il se sent faible et se pose de nombreuses questions sur une éven­tuelle rémission. Atteint dans son psychisme, il croit que ce dernier est la cause de sa maladie. C’est pourquoi il est très important de différencier causes et symptômes. Il faut garder à l’esprit que l’âme est malade parce que la maladie s’est déclenchée. Ce n’est pas l’âme qui a déclenché la maladie mais la maladie qui a perturbé l’âme.

Pour certains malades, croire que l’origine des troubles thy­roïdiens est psychique peut les aider à guérir. Ils se sentent plus forts, ne croient plus en un coup du sort et se disent qu’ils peuvent être actifs. Ils passent ainsi, en peu de temps, du rôle de passif au rôle d’actif. Se prendre en charge dans la maladie renforce la confiance et l’estime de soi. On ne se laisse plus dominer par la fatalité, on est maître du jeu. Cette façon d’aborder la maladie peut être extrêmement bénéfique pour le malade qui ne s’en remet plus complètement à son médecin mais qui devient partie prenante. Il se renseigne, s’informe, et devient acteur de sa propre pathologie. Ses chances de guérison seront alors plus grandes.

  • L’hypothvroïdie

Il arrive, en cas d’hypothyroïdie, que les cheveux tombent et se clairsement. Ils deviennent fragiles et perdent de leur beauté. Le malade est, dans ce cas, touché au plus profond de sa séduction. Les femmes sont, en général, plus frappées psy­chologiquement que les hommes lorsque ce problème sur­vient. Même si après traitement les cheveux repoussent, si les malades vivent difficilement cette période d’alopécie, ils ne doivent pas hésiter à se faire suivre par un psychothérapeute.

  • La maladie de Basedow

Cette maladie auto-immune où les anticorps stimulent anormalement et excessivement la glande thyroïde n’est pas une maladie psychosomatique même si certains facteurs psy­chologiques peuvent jouer un rôle dans son déclenchement. Les conséquences de cette maladie sur le corps (saillie des yeux en dehors de l’orbite, paupière supérieure rétractée, regard fixe) peuvent entraîner le malade à entamer une psy­chothérapie et faire, à l’occasion, un bilan de sa vie. Le malade devra apprendre à vivre avec sa maladie, à s’accepter et à ne plus craindre les regards parfois moqueurs ou curieux de certaines personnes. À une époque où l’apparence phy­sique joue un rôle primordial, se sentir différent des autres peut s’avérer extrêmement blessant et difficile à supporter. Il faut du temps et de la patience pour s’accepter tout en se sachant différent des autres. Pour guérir, le malade a besoin du soutien de sa famille et de ses amis. Il se peut même que la maladie soit vécue comme une expérience positive, une épreuve à surmonter dont on ressortira plus fort.

Le vécu d’une cicatrice d’opération de la thyroïde et le psychisme:

Après une opération de la thyroïde, il persiste une cicatrice au niveau de la base du cou. Même si avec le temps, elle s’es­tompe, elle n’en demeure pas visible aux yeux de tous. Certaines personnes peuvent se sentir gênées par cette marque parfois enflée et boursouflée qu’elles dissimulent sous des cols montants et des écharpes. Il faut du temps pour que le psychisme accepte cette marque et l’intègre à une part de son histoire. Ici non plus, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel qui saura amener le malade à s’accepter et à accepter cette cicatrice.

Les antidépresseurs et les maladies thyroïdiennes:

La prise d’antidépresseurs, en cas de maladies thyroï­diennes, peut, dans certains cas, s’avérer extrêmement utile. Elle aide les malades à mieux supporter leur maladie et les troubles qu’elle occasionne. Les patients, anxieux et doutant d’eux mêmes, trouvent alors dans ce genre de médicaments un soutien, une béquille qui va leur apporter tout le bien-être qu’il sont en droit d’avoir. Il faut cependant rester vigilant car certains médicaments psychotropes peuvent compliquer la régulation des hormones. C’est le cas pour le Lithium, médi­cament utilisé dans le traitement des maladies maniaco- dépressives qui peut, dans certains cas, provoquer une hypo- thyroïdie. D’où l’importance de surveiller régulièrement la fonction thyroïdienne si l’on suit un traitement au Lithium pendant une longue période.

Le malade ne doit pas hésiter à parler de son désir de se faire aider par des antidépresseurs à son médecin traitant.

En conclusion : un trouble thyroïdien peut s’accompagner de troubles psychologiques s’apparentant aux syndromes psychiatriques. Il est donc important de se faire dépister dès l’apparition des premiers symptômes afin de pouvoir traiter au mieux ces maladies qui agissent sur le corps et sur l’âme.

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