Les dysfonctionnements de la thyroïde

> > Les dysfonctionnements de la thyroïde ; écrit le: 6 avril 2012 par aboura modifié le 4 novembre 2014


Les troubles de la thyroïde ne sont pas étrangers au sexe ou à l’âge puisqu’ils touchent plus souvent les femmes d’âge mûr que les hommes. Dans le cas de la maladie de Basedow sept malades sur huit sont des femmes et 6 % des femme après soixante-cinq ans, souffrent d’hypothyroïdie.
Plusieurs pathologies principales de la glande thyroïde sont à considérer :

  • l’hyperthyroïdie
  • l’hypothyroïdie
  •  les cancers
  • les goitres
  •  les nodules.

L’HYPERTHYROÏDIE:

Pathologie fréquente (environ 1 %) qui se retrouve surtout chez la femme entre trente et cinquante ans, l’hyperthyroïdie

est l’ensemble des manifestations cliniques dues à une aug­mentation permanente et non freinable de la sécrétion des hormones thyroïdiennes. Cet hyperfonctionnement accélère tout le métabolisme. Sur le plan biologique, l’hyperthyroïdie se caractérise par une élévation de la T3L et de la T4L ainsi qu’un effondrement des valeurs de la TSH.

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Les causes de l’hyperthyroïdie:

Les causes principales sont donc :

La maladie de Basedow ou maladie de Graves-Base- dow ( 70 à 85 % des cas), du nom de deux médecins qui l’ont décrite. Il s’agit d’une maladie auto-immune où des anticorps stimulent anormalement et excessivement la glande thyroïde. Cela conduit à une hyperactivité et à des taux élevés d’hor­mones thyroïdiennes T3 et T4. Cette maladie, que l’on ren­contre plus fréquemment chez la femme que chez l’homme (sept femmes pour un homme avec un pic de fréquence entre vingt et cinquante ans), peut également s’attaquer aux tissus situés derrière les yeux (provoquant ainsi une exophtalmie – saillie des yeux en dehors de l’orbite avec paupière supé­rieure rétractée, ainsi qu’un regard fixe -), et à la peau des jambes (myxœdéme prétibial). Les facteurs déclenchants de cette maladie peuvent avoir plusieurs origines : traumatismes psychologiques, surmenage, puberté, grossesse, ménopause.

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Les premiers signes cliniques se manifestent pas une ther­mophobie, des troubles digestifs et des palpitations ainsi qu’un amaigrissement malgré un appétit conservé qui se caractérise par une fonte musculaire quadricipitale. Peuvent ensuite apparaître une tachycardie constante avec des batte­ments du cœur à 100-130, ainsi qu’une tachycardie de repos aggravée par l’effort, un goitre homogène et diffus. D’autres symptômes peuvent se manifester comme une irritabilité, des tremblements, une asthénie sexuelle, une impuissance chez l’homme, une moiteur cutanée, une diarrhée fréquente.

 Les nodules thyroïdiens toxiques : ce sont des petites masses qui se logent sur la glande thyroïdienne, seuls ou en groupe. Ils peuvent être de plusieurs types mais si un seul sécrète des hormones thyroïdiennes en excès (nodule toxique), cela peut déclencher une hyperthyroïdie. Plus rares que la maladie de Basedow, ces nodules bénins deviennent alors plus sécrétants que le reste de la glande.

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 La thyroïdite : il s’agit d’une inflammation de la glande thyroïde d’origine infectieuse ou autre, entraînant une hyper­thyroïdie durant une certaine période (la thyroïde retrouvera son fonctionnement normal au bout de plusieurs mois). La thyroïdite sub-aigue de De Quervain est liée à une agression virale et se caractérise par une fixation thyroïdienne faible à la scintigraphie et hétérogène avec, dans sa phase précoce, une diminution de la TSH et une élévation des hormones libres.

  • La prise de médicaments contenant une grosse quan­tité d’iode tels que l’amiodarone ou la cordarone, un médica­ment riche en iode, souvent à l’origine des hyperthyroïdies médicamenteuses.
  • Très rarement, la stimulation par l’hormone gonadotrophique placentaire dans le mole hydatiforme.
  •  Très rarement, un trouble de fonctionnement de l’hypo­physe avec une tumeur hypophysaire qui sécrète de la TSH en excès.
  • Exceptionnellement (quelques cas), la résistance hypophysaire aux hormones thyroïdiennes.

Les symptômes de l’hyperthyroïdie:

Les symptômes de l’hyperthyroïdie sont multiples et variés :

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  • amaigrissement : l’amaigrissement est souvent l’un des premiers symptômes de l’hyperthyroïdie. Il peut parfois se chiffrer en dizaines de kilos malgré une alimentation riche, des levers nocturnes pour se sustenter, et des grignotages pendant la journée. Le faciès devient émacié, le thorax min­cit, les muscles perdent de leur tonicité au niveau des jambes et des cuisses.
  • sudation importante et autres troubles de la régulation de la température du corps. Le sujet a une sensation de grande chaleur et des troubles vasomoteurs.
  •  troubles cardiaque avec palpitations ou tachycardie. Le pouls devient rapide, le rythme cardiaque habituellement régulier peut devenir irrégulier, anarchique surtout chez les personnes âgés, l’oreillette perdant son pouvoir contractile organisé.
  • perte osseuse
  • sommeil non réparateur et entrecoupé
  • augmentation de l’appétit et de la soif
  •   transit accéléré parfois accompagné de vraies diarrhées
  • fatigue musculaire
  •  augmentation de la pression sanguine
  • sensibilité à la lumière, larmoiement, yeux bouffis
  • essoufflement
  •  démangeaisons cutanées
  • dérèglements du cycle menstruel
  •  irritabilité, nervosité.

Tous ces signes ne sont pas obligatoirement tous pré­sents et ils peuvent même parfois être subtils chez les seniors. Le diagnostic se fait grâce à une analyse sanguine qui mon­trera une baisse du taux de l’hormone TSH ainsi qu’une élé­vation des taux de l’hormone thyroïdienne T41.

Les facteurs de risque:

Aujourd’hui encore, la médecine classique ne reconnaît pas de vrai facteur de risque précis face à l’hyperthyroïdie. Cependant, certains experts n’hésitent pas à affirmer que le stress, une séparation, la perte d’un être cher peuvent préci­piter la maladie de Basedow.

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Comment réduire l’hyperthyroïdie?

Même si l’on ne peut pas prévenir l’hyperthyroïdie, on par­vient, lorsqu’elle s’est déclarée, à en réduire l’impact par quelques règles de vie simples et une bonne hygiène alimen­taire.

Il faut tout d’abord éviter les situations stressantes et apprendre, le cas contraire, à gérer son stress. Une bonne hygiène de vie est indispensable avec l’arrêt des excitants comme le café ou le thé, une alimentation équilibrée en évi­tant les aliments riches en iode et en faisant des repas légers et réguliers. Les personnes qui ont perdu trop de poids, celles qui sont faibles musculairement doivent avoir une alimenta­tion calorique et protéinée qui leur permettra de compenser les pertes que l’hyperthyroïdie a provoquées.

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Remarques : certains aliments comme le chou-fleur, le navet, le brocoli ou le colza, ainsi que l’arachide, le millet et la noix de pin rendent l’iode qu’ils contiennent inutilisables par la thyroïde. Appelés goitrogènes, ils renferment des iso- thiocyanates, des substances qui ont le même effet que la propylthiouracile, un médicament de synthèse antithyroï­dien. La consommation régulière de ces aliments pourra contribuer à un retour plus rapide au bon fonctionnement de la thyroïde.

Comment diagnostiquer l’hyperthyroïdie?

Lorsque le patient présente un ou plusieurs troubles décrits ci-dessus, un examen clinique de la glande thyroïde pourra diagnostiquer ou non une hyperthyroïdie.

Dès qu’elle est palpée, en avant du larynx et de la trachée, l’hypertrophie est immédiatement remarquée. Les deux lobes deviennent palpables de part et d’autre de la trachée et se mobilisent à la déglutition en se surélevant. Le diagnostic devra ensuite être confirmé par un examen du cœur car toute hyperthyroïdie s’accompagne d’une accélération du rythme cardiaque ou d’une tachycardie. Les battements de cœur peu­vent parfois dépasser cent pulsations par minute.

Après ces examens cliniques, il convient de faire des exa­mens biologiques qui permettent, à coup sûr, de diagnosti­quer une hyperthyroïdie. Il existe trois dosages biologiques effectués par radio-immunologie : le dosage de la fraction libre de triiodothyronine T3 libre, le dosage de la fraction libre de la tétraiodothyronine ou thyroxine T4 libre et le dosage de l’hormone TSH libérée par l’hypophyse.

La scintigraphie thyroïdienne, réalisée dans un laboratoire spécialisé et autorisé à la manipulation des isotopes radioac­tifs, permet de dresser la carte du tissu thyroïdien après injec­tion d’un produit iodé radioactif. Cet examen permet d’ob­server :

  •  une hyperfixation harmonieuse (Basedow)
  • une fixation localisée (nodule ou adénome toxique)
  • une fixation pauvre (une surcharge de l’organisme par un produit médicamenteux iodé qui se fixe sur la glande thy­roïde ou thyroïdite subaiguë).

Vidéo : Les dysfonctionnements de la thyroïde

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Les dysfonctionnements de la thyroïde

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Une réponse pour "Les dysfonctionnements de la thyroïde"

  1. ameli  13 avril 2012 at 13 h 33 min

    L’hyperthyroïdie peut il se compliquer?

    Répondre

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