Quand une plaie s’infecte

Quand une plaie s’infecte
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Quand une plaie s’infecte

L’infection d’une plaie est son envahissement par des microbes.Le premier danger pré­senté par une plaie est le risque de tétanos, dont le bacille peut pénétrer même par une toute petite blessure (voir encadré page suivante «Le Tétanos…»). Cette mala­die est causée par un bacille qui sécrète une toxine agis­sant sur le système nerveux et entraîne un état de contraction permanente du muscle, se déclenchant deux jours ou plusieurs semaines après la blessure. Les contractures (contractions prolongées et involontaires) atteignent d’abord les muscles de la mâchoire, c’est

Les cartilages ne peuvent pas se défendre

La gravité d’une infection dépend donc du type de microbe entré par la plaie et de sa localisation. Ainsi, une infection qui touche une articulation peut être grave car les cartilages et les ten­dons sont une structure bio­logique très fragile. N’étant pas irrigués par le sang, ils sont donc dépourvus des soldats défenseurs de l’organisme : les leucocytes ou globules blancs. Quand une articulation est gagnée par des germes infectieux, elle est sans défense et il importe de la traiter très ra­pidement. Ordinai­rement, l’or­ganisme me­nacé par une infection en­voie des si­gnaux d’a­lerte et de détresse, par l’intermédiai­re du système lymphatique : les ganglions gonflent et deviennent douloureux. Le système lymphatique est constitué d’un réseau de fins vaisseaux connectés aux ganglions, amas cellulaires renflés qui se trouvent au niveau du cou, aux aisselles et à l’aine. En cas d’infec­tion, tout ensemble, vais­seaux et ganglions, se mobi­lisent pour participer à la lutte contre les ennemis de l’organisme, c’est le branle- bas de combat. Un liquide, la lymphe, reçoit alors l’ordre de partir des tissus pour s’écouler dans les vais­seaux lymphatiques. Conte­nus dans la lymphe, les glo­bules blancs absorbent et détruisent les microbes qui menacent l’organisme.

Les antibiotiques

Mais il arrive qu’ils soient dépassés par les événements et ne puissent, seuls, faire face au danger de l’infection. C’est alors que les anti- biotiques entrent en lice et portent le coup fatal aux germes infectieux. Toute plaie, même minime, doit donc être soigneusement nettoyée puis désinfectée avec un antiseptique. Si elle ne commence pas à cicatriser au bout de 48 heures, il faut consulter un médecin : si l’infection présente un danger de progression locale, il la circonscrira grâce aux antibiotiques. Ne prenez jamais d’anti- inflammatoires ou d’antidouleurs sans avis médical pour vous épargner la peine d’aller chez le médecin : tout ce que vous réussirez à faire sera de masquer les signes de l’infection, qui pourra ainsi progresser en toute tranquillité et entraver e diagnostic du médecin. Sachez aussi que les crèmes corticoïdes obéissent à des indications bien précises et. si elles sont employées à mauvais escient, favorisent le développement des microbes.

 Les abcès

 Gonflé, tendu, douloureux, rouge et chaud, un abcès est un amas de pus qui se forme dans les tissus, le pus étant composé des déchets sécrétés par l’organisme : débris de globules blancs, microbes, cellules détruites. Si l’abcès est dentaire, ne mettez ni compresse, ni alcool sur la joue : la cha­leur ainsi dégagée attirerait le pus vers l’extérieur, l’abcès percerait au niveau de la joue, vous laissant une vilaine cicatrice. Versez une cuillérée à soupe d’alcool à 90° dans un bol d’eau bouillie, faites des bains de bouche et consultez un médecin. Quand l’abcès sera mûr, le chirurgien l’incisera et évacuera le pus, la plaie cicatrisera ensuite en une à trois semaines de temps.

 Les piques aux mains et aux pieds

Une infection consécutive à une piqûre sur le dos ou dans la paume de la main advient entre 6 et 12 heures après la piqûre. Une dou­leur lancinante anormale se manifeste, la zone est rouge, chaude et plier les doigts se fait avec gêne. Si vous vous piquez au pied avec une punaise, une épingle, une écharde ou un oursin, vous ressentirez ensuite une douleur en mar­chant. Dans les deux cas, consultez un médecin sans attendre.

 L’impétigo

Fréquent chez les enfants d’âge scolaire, l’impétigo se traduit par des croûtes à l’aspect de miel séché, réparties surtout sur le visa­ge et autour des orifices naturels. L’impétigo survient quand un enfant se gratte après une piqûre d’insecte ou à cause d’une hygiène négligée.

 L’impétigo dispense d’aller à l’école

Avec les démangeaisons, les croûtes se reproduisent et sont très contagieuses : un enfant atteint d’impétigo ne doit pas aller à l’école tant qu’il n’est pas guéri («éviction scolaire»). Après vous être lavé les mains avec un savon anti- septique médicinal acheté en pharmacie, traitez les croûtes comme le médecin vous l’a indiqué et administrez l’antibiotique oral qu’il prescrira s’il le juge nécessaire. L’impétigo est provoqué par un streptocoque et par le staphylocoque doré qui sont des microbes très nocifs. Il faudra désinfecter les croûtes tous les jours et les laisser à l’air : l’application d’une crème grasse atténuera les démangeaisons et empêchera l’enfant de se gratter.

Les panaris

 Une épine, de la paille de fer, une aiguille, un clou peuvent blesser le doigt et, si la plaie n’est pas désinfectée, entraîner un panaris. Les ouvriers de l’industrie mécanique manipulant des particules métalliques, les jardiniers et les
cuisiniers sont fortement exposés à ces abcès du doigt. Occasionnel, banal et mal soigné, le panaris est une infection qui peut dégénérer, ,s’étendre et provoquer des problèmes articulaires définitifs ou, dans certains cas très graves, obliger l’amputation d’une ou plusieurs phalanges si l’infection a progressé jusqu’à l’os.

Les nuits blanches du panaris

Ces cas sont heureusement très rares car le panaris fait si mal que la personne atteinte consulte un médecin dès qu’elle a passé deux nuits sans dormir : la dou­leur est lancinante et pulsati­le, on peut sentir battre son pouls dans l’extrémité du doigt, chaude, rouge et enflée.Le panaris peut se situer autour de l’ongle, c’est le panaris périungueal ou «tourniole», le moins grave. Superficiel, il est la sanction de ceux qui se rongent les ongles et les peaux avoisinantes. Le panaris pulpaire, lui, est profond et se situe au niveau des empreintes digitales. Exceptionnel, le panaris du dos des doigts se loge sur le dos des premières pha­langes. La plupart des panaris guérissent au stade inflammatoire avec des antibiotiques et des soins tels qu’un bain de doigt quotidien dans de l’Héxomédine transcutanée. Quand l’abcès ne se résorbe pas, une fois qu’il est mûr, le médecin l’incise (après avoir insensibilisé le doigt avec un vaporisateur de froid pour ceux qui sont douillets), et le soulagement est immédiat, car c’est la tension du pus sous la peau qui cause la douleur. On pratique parfois une anesthésie générale quand le panaris doit être excisé, c’est- à-dire que le chirurgien doit l’enlever en bloc avec les tissus avoisinants.

les furoncles

Le furoncle est un abcès situé sur un poil, qui peut se développer à la suite d’une égratignure non désinfectée. Comme l’impétigo, il est causé par le redoutable staphylocoque doré. Ne pressez ou n’inci­sez jamais vous- même un furoncle car cela provoquerait la propagation dans l’organisme de bactéries néfastes et dangereuses. Quand un furoncle est mûr, il crève et libère le pus. Il faut alors nettoyer la plaie soigneusement, la désinfec­ter et appliquer un antisep­tique tous les jours jusqu’à cicatrisation.

Encore le staphylocoque doré !

Ne négligez jamais un furoncle de la face, situé sur l’aile moindre occasion. Elle se soigne, elle aussi, par des antibiotiques, mais le traite­ment est plus long. Plusieurs furoncles agglo­mérés côte à côte consti­tuent un anthrax : rouge, tendu comme un œuf de pigeon et prêt à exploser. Une excision chirurgicale évacue le pus et, quand la plaie est guérie, elle laisse une petite cicatrice vérolée, un peu semblable à l’acné.

Les phlegmons

 Les tendons fléchisseurs partent de la dernière phalange et se prolongent dans  l’avant-bras. Bougez les doigts et regardez votre avant-bras, vous verrez les tendons vibrer sous la peau. Si un foyer infectieux s’étend à la gaine de ces tendons, c’est le phlegmon, une affec­tion heureusement rarissime, dont les signes sont une rou­geur sur l’avant-bras et une gêne extrême à étendre le doigt, replié en crochet. Quand cela arrive, il faut consulter un médecin immé­diatement. Le furoncle (et ses déri­vés : furonculose et anthrax) et le phlegmon creusent souvent leur lit d’infection dans un organisme affaibli dont l’état général est défi­cient (essentiellement en rai­son de la fatigue, d’une mauvaise alimentation ou de maladies chroniques telles que le diabète).

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