Atteintes auditives de l’oreille interne:Presbyacousie

> > Atteintes auditives de l’oreille interne:Presbyacousie ; écrit le: 25 mars 2013 par imen

Si vous n’êtes pas pédiatre, la cause prédominante d’hypoacousie et d’acouphènes que vous serez amené à voir chez vos patients est la presbyacousie, l’hypoacousie liée à l’âge. Ce problème affectera de façon significative un sur trois d’entre nous, si nous atteignons un certain âge. Dans la presby­te ousie, il y a, au cours du temps, une perte progressive des fréquences aiguës, ci cela se produit à une vitesse variable selon les sujets. Des facteurs généti­ques, le mode de vie, l’exposition au bruit et l’état de santé influent sur cette progression. Beaucoup de sujets de 80 ans ont toujours une audition normale sur toutes les fréquences habituellement testées ; d’autres, à 40 ans, peuvent (ommencer à montrer des signes d’une baisse, d’abord sur le 8 000 Hz puis sur le 4 000 Hz. La perte est habituellement bilatérale et symétrique et pro­gresse en dessinant une « pente » avec atteinte plus profonde et plus précoce des aigus. La détérioration des cellules ciliées de la cochlée est la cause de la perte.

Le patient opiniâtre atteint de presbyacousie peut être adressé par son conjoint et nier qu’un problème existe, accusant celui-ci de marmonner. Les patients plus clairvoyants se plaignent typiquement qu’il leur est difficile de comprendre la parole, particulièrement dans le bruit, bien que les voyel­les soient bien perçues. L’énoncé suivant « je les entends parler mais je ne

comprend pas ce qu’ils disent » reflète le fait que les fréquences aiguës sont atteintes avec pour conséquence une diminution de la capacité à entendre les consonnes, comme nous l’avons évoqué au Chapitre 1.

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À l’examen de l’audition, la discrimination vocale chute dès que les fré­quences 3 000 Hz et 2 000 Hz sont touchées. Des acouphènes aigus sont sou­vent allégués. Le phénomène intéressant qu’est le recrutement est souveni présent lorsqu’il y a une sensibilité aiguë à de faibles augmentations de niveau sonore. C’est ce qui se passe quand un individu qui vous demande de répéter quelque chose vous dit « vous n’avez pas besoin de crier » lorsque vous parlez juste un peu plus fort. Le recrutement se voit dans la plupart des atteintes cochléaires et peut être mis en évidence audiométriquement par le SISI test. Dans ce test, le sujet porteur d’une atteinte cochléaire est capable de percevoir de minuscules variations d’intensité de 1 dB du son test qu’un sujet ayant une audition normale ne pourra pas déceler. Il n’y a pas d’explication simple à ce phénomène.

En tous cas, la baisse progressive de l’audition constitue un désagrément avec son cortège d’acouphènes, de perte de discrimination vocale et d’hyper­sensibilité au bruit. Que peut-on faire ? À l’évidence, dans les atteintes les plus faibles, des stratégies d’écoute peuvent aider. Éviter des situations où le bruit de fond est élevé, regarder les lèvres des interlocuteurs et se placer plus près de lui sont autant de bonnes recommandations.

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Les prothèses auditives ont fait des progrès considérables ces dernières années. Les nouvelles prothèses numériques peuvent être « taillées sur mesure », en fonction des caractéristiques de l’audition du sujet, en amplifiant les fréquences appropriées. Elles peuvent même atténuer les sons trop inten­ses. Il n’en est pas moins vrai que la tolérance individuelle au port de la pro­thèse est variable. Certaines conditions de bruit de fond peuvent rendre l’amplification pénible à supporter, aussi bien réglée que soit la prothèse. Les patients ayant des courbes audiométriques avec une pente très raide sur les aigus auront plus de problème que ceux qui ont une courbe plus plate. (D’intérêt purement historique, le classique « cornet acoustique » ne fonc­tionnait pas si mal, si l’on excepte qu’il désignait socialement le sourd comme tel.)

Résumé

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On ne peut rien faire pour prévenir la presbyacousie, mais les prothèses auditives peuvent améliorer considérablement la situation. Les stratégies d’écoute sont aussi utiles. Le patient pourra trouver un réconfort dans l’assurance que sa perte auditive progresse lentement et que la surdité totale n’est pas l’issue inévitable. Le généraliste peut faire le diagnostic et conseiller un patient porteur de presbyacousie (aussi bien d’ailleurs que celui porteur d’une hypoacousie due au bruit, dont nous traiterons juste après). Si les prothèses auditives sont envisagées, la consultation d’un ORL et les recommandations de ce dernier s’imposent. Bien sûr, un clinicien empathique doit éviter de dire au patient : « vous êtes juste en train de devenir vieux ».

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