Les intoxications alimentaires: l'intoxication

> > Les intoxications alimentaires ; écrit le: 8 décembre 2011 par La rédaction modifié le 12 janvier 2018

Les intoxications alimentaires

Les salmonelloses

Les salmonelloses non typhiques (c’est-à-dire autres que la typhoïde) sont plutôt des maladies estivales. Elles provoquent de la diarrhée, des vomissements et de la fièvre, une demi-journée après avoir mangé des aliments mal conservés au froid (ce qui a permis le développement du microbe responsable). Ces symptômes doivent amener à demander un avis médical, qui, cependant, est rarement urgent. Si le sujet est en bonne santé, il suffira qu’il se réhydrate en buvant. Par contre, si ses défenses immunitaires sont diminuées (comme chez les malades atteints du SIDA, d’un cancer, etc.), le médecin demandera peut-être un examen des selles pour établir le diagnostic de certitude avant de prescrire des antibiotiques. En cas d’intoxication collective. Le plus difficile est de retrouver tous les sujets contaminés et de les traiter.

Les typhoïdes

Moins répandues qu’autrefois, on les rencontre cependant encore chez les voyageurs et les émigrés des pays chauds. Le microbe est ingéré avec des laitages non pasteurisés et des fruits de mer, mais l’infection ne se manifeste que 10 à 15 jours plus tard. Puis, généralement, apparaissent une diarrhée, une fièvre à 40°C, une prostration et une sorte de délire (tuphos). Un avis médical est alors urgent. En attendant, il faut que le malade se repose, assis ou semi-allongé, qu’il boive alternativement de l’eau, du bouillon à peine salé et du sirop sucré, autant qu’il le désire. Il est également utile de lutter contre la fièvre avec des médicaments courants (comme l’aspirine ou le paracétamol) afin qu’elle n’aggrave pas la déshydrata­tion. En revanche, mieux vaut éviter de donner inconsidérément des médicaments antidiarrhéiques (car certains présentent des inconvé­nients). Bien entendu, si le sujet se déshydrate au point d’entrer dans le coma, il est impératif de le placer en position latérale de sécurité. Le médecin pourra prescrire une prise de sang et une analyse des selles pour s’assurer du diagnostic. Le traitement consiste surtout en une réhydratation accom­pagnée de la prise d’antibiotiques.

Le botulisme

Il est dû à une toxine fabriquée par les spores d’une bactérie. Dans certaines conserves familiales mal stérilisées, le microbe se développe et répand sa toxine dans toute la conserve. Lorsqu’’on la mange, cette toxine provoque alors une intoxication nerveuse. L’incubation dure de un à deux jours ; plus elle est courte, plus le botulisme est grave. Les premiers signes sont en général digestifs : nausées, vomissements, diarrhée ou constipation, maux de ventre. Surviennent ensuite une grande fatigue et surtout des troubles de la vue : vision double, œil sec qui pique. Plus tard, une sécheresse de la bouche, une difficulté à manger, à avaler et à parler peuvent aussi survenir. Tous ces signes imposent un avis médical de toute urgence. En attendant, le repos et de simples médicaments contre la fièvre sont les seules mesures à prendre. Une hospitalisation s’avère le plus souvent indispensable et le traitement varie beaucoup selon la gravité de la maladie

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La listériose

Elle est due à Listeria mo ocytogenes. Nous absorbons tous une faible quantité de ce microbe tous les jours, ce qui est sans danger tant qu’on est bien portant. En revanche, l’infection peut provoquer un avortement chez les femmes enceintes et avoir des conséquences parfois graves chez les personnes atteintes de SIDA ou de cancers, les malades chroniques (diabétiques, insuffisants rénaux, etc.), les personnes très âgées ou les bébés. Pendant quelques semaines à quelques mois, aucun symptôme n’apparaît. Le premier signe de la maladie est la fièvre, puis la dissémination des bactéries dans le sang peut entraîner une septicémie ou une méningite. Le traitement médical repose essentiellement sur des antibiotiques. La fièvre baisse et les signes neurologiques disparaissent au bout de 10 jours environ. Le traitement antibiotique doit cependant encore être poursuivi durant une vingtaine de jours.

Les intoxications par les fruits de mer

Les intoxications par les produits de la mer sont rarement graves. Leurs effets miment certaines réactions allergiques. Les symptômes sont généralement tout à fait bénins comme une urticaire (boutons qui démangent). Les intoxications par les moules, les huîtres, les praires, les clams, et généralement tous les coquillages bivalves, sont dues à des parasites minuscules : les dinoflagellés du plancton, qui se multiplient et sécrè­tent une toxine nerveuse : la mytilotoxine. Les premiers symptômes apparaissent une demi-heure à deux heures après l’absorption de ces fruits de mer. Ce sont surtout des fourmillements des membres et une diminution du tonus musculaire, accompagnés de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales). Ces intoxications gué­rissent souvent sans traitement. Il est parfois nécessaire de consulter un médecin, qui peut prescrire un traitement antihistaminique. Dans quelques rares cas, une intoxication véritablement massive peut entraîner une paralysie des muscles des yeux, ou même des muscles respiratoires. Lorsqu’en plus des fourmillements et des troubles digestifs, vous constatez que la vision devient double, il est recommandé de demander une admission rapide dans un service d’urgence hospitalier .Les intoxications histaminiques sont souvent dues à l’ingestion de thon mal conservé après la pêche. Si le thon n’a pas été aussi- tôt placé dans la glace, il a pu se développer des entérobactéries, qui fabriquent de l’histamine, substance identique à celle que fabrique le corps humain dans certains cas d’allergie. Une à deux heures après avoir consommé du thon, le cou et la tête de la personne intoxiquée deviennent tout rouges ; le cœur s’accélère, un mal de tête débute, et il survient parfois un malaise dû à une baisse de la tension artérielle. Une consultation urgente est recommandée. En attendant l’arrivée du médecin ou des secours médicaux, il est prudent de respecter un repos strict en position assise ou semi-allongée. Le plus sou- vent, la prise de médicaments antihistaminiques et, parfois, de corticoïdes suffit au traitement, et l’hospitalisation est inutile.

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Les maladies tropicales

Les shigelloses  représentent un grand nombre de diarrhées du voyageur, ou «turistas», dans les pays chauds. C’est d’abord une simple diarrhée avec fièvre, puis du sang apparaît dans les selles. On peut parfois mettre en évidence des shigelles dans les selles (coproculture).

Les amibiases sont provoquées par des parasites (les amibes), qui se nichent dans la paroi de l’intestin. Au retour d’un voyage à l’étranger, ils peuvent provoquer une diarrhée ou une dysenterie. Une consultation médicale est indispensable, mais exceptionnellement urgente. Les complications (fièvre, vomissements, fatigue, amaigrissement) sont rares. Dans quelques cas, les minuscules parasites peu- vent voyager par le sang et aller former des kystes dans le foie. Le traitement consiste tout simplement à les tuer grâce à un antiparasitaire.

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 Le choléra est une maladie épidémique des pays où l’on boit de l’eau non potable. C’est une toxine déversée dans le sang par la bactérie du choléra, ou vibrion cholérique, qui provoque une diarrhée très abondante (jusqu’à 10 ou 20 litres par jour). Il en résulte de très importantes pertes d’eau et de sels. Une hospitalisation est à l’évidence urgente. En attendant, on peut toujours faire boire abondamment le malade, mais il est préférable de ne pas lui donner de médicament. Il faut généralement le réhydra­ ter par des perfusions.

Attention aux champignons

Chacun sait qu’il existe des champignons vénéneux. Mais beaucoup de gens pensent les connaître suffisamment grâce aux dictons souvent plus dangereux qu’utiles. Se souvenir que : Tous les champignons qui ont une bague, ou virole, ne sont pas comestibles ;Ce n’est pas parce qu’une limace a entamé un champignon qu’on peut le manger sans danger ; L’ébullition à la saumure et au vinaigre n’élimine pas les substances vénéneuses des champignons ;Les champignons vénéneux ne font pas toujours noircir une pièce d’argent ou un couteau trempés dans leur eau de cuisson. Il faut une longue habitude pour savoir reconnaître à coup sûr un champignon. Il est donc souvent plus sage d’en rester à ceux que l’on connaît bien. En effet, les champignons photographiés sont quel- que peu différents des champignons véritables. Selon leur âge, la couleur, la for- me ainsi que l’odeur des champignons peuvent varier. En fait, seul un mycologue compétent peut reconnaître un champignon vénéneux. Certains pharmaciens en sont capables (mais pas tous). Quant aux centres anti-poisons, cela ne relève pas de leurs compétences. Certains troubles survenant après l’ingestion ne sont pas dus à leur toxicité directe, mais liés, par exemple, à un mécanisme allergique. Les champignons frais ou en conserve vendus sur les marchés ou dans les restaurants sont en principe contrôlés officiellement. Mais des champignons parfaitement comestibles peuvent quand même provoquer des gastroentérites avec fièvre, vomissements, diarrhée et douleurs digestives s’ils sont consommés plusieurs jours après la récolte.

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Des troubles graves peuvent survenir longtemps après l’ingestion de champignons

Les champignons vénéneux les plus courants provoquent surtout des troubles digestifs (des nausées, des vomissements et parfois une diarrhée et des douleurs digestives). Ces symptômes sont banals mais d’autres, comme l’insuffisance rénale ou hépatique, peuvent être graves, voire mortels. Curieusement, plus les symptômes apparaissent longtemps après l’ingestion de champignons, et plus le risque de complication grave est élevé. Les champignons les plus toxiques ne provoquent aucun symptôme pendant les six premières heures. Le danger est particulièrement important chez les sujets fragiles (per- sonnes âgées, immunodéprimés, malades atteints du SIDA ou d’un cancer). Il ne faut donc pas hésiter à consulter rapidement un médecin, même pour des troubles digestifs apparemment sans gravité, si on soupçonne qu’ils peuvent être dus à un empoisonnement par des champignons. Si des symptômes neurologiques ou physiologiques apparaissent (vision double ou vision trouble, faiblesse musculaire, malaise général, difficultés à parler, discours incohérent, somnolence, etc.), appelez aussitôt les pompiers ou le médecin. La règle est alors de mettre en observation pendant au moins 48 heures tous les convives, même ceux  qui ne présentent aucun symptôme. Une fois qu’on s’est occupé de la ou des victimes, il faut penser à garder les restes du repas, les selles, les vomissements et autres, car bien souvent, c’est leur analyse qui permettra de faire un diagnostic précis.

L’intoxication phalloïdienne

est généralement due à l’amanite phalloïde, mais elle peut aussi être provoquée par la lépiote brune ( helveola), l’amanite printanière(verna) ou l’amanite vireuse (virosa).Elle se déclare six heures à deux jours (douze heures en moyenne)après  l’ingestion et débute par une diarrhée importante entraînant une perte d’eau et de sels minéraux. Ceci est particulièrement préoccupant chez les gens fragiles (malades du SIDA ou atteints d’un cancer, personnes âgées ou enfants). Les reins sont souvent atteints, de même que le foie : une hépatite toxique peut entraîner le décès du malade. Beaucoup d’antidotes ont été essayés sans grand succès, et c’est finalement le trainement des symptômes qui semble le plus efficace.

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Le syndrome gyromitrien

est dû à la fausse morille (Gyromitra esculenta). Il se déclare deux heures à deux jours (en moyenne sept heures) après le repas empoisonné, et se manifeste tout d’abord par des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives et diarrhée), puis par une hépatite, un coma et des convulsions.

Le syndrome orellanien

est dû principalement à Cortinarius  orellanus, ou à C. splendens. La période d’incubation est très longue : 3 à 17 jours. Les premiers symptômes sont des troubles digestifs, une soif inhabituelle, des douleurs du dos et des articulations. Les atteintes du rein et du foie peuvent être graves.

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 Le syndrome muscarinien

(crises de sueur) est notamment dû aux clitocybes blancs. Il survient une demi-heure à trois heures après le repas. Apparaissent alors des  troubles digestifs, hospitalisation et fait clés difficultés respiratoires. Il faut appeler les secours au plus vite. Le traitement impose une hospitalisation et fait notamment appel à un lavage gastrique

 Le syndrome atropinien

sur vient après l’ingestion d’amanite panthère ou d’amanite tue-mouche Des douleurs abdominales  apparaissent une à trois heures après le repas. La victime présente une rougeur de la face, un délire, confusion il faut appeler rapidement les secours pour permettre une hospitalisation, au cours de laquelle un lavage gastrique pourra être réalisé La syndrome coprinien est dû à une toxine contenue dans le coprin noir, d’encre, le coprin micacé et le coprin chevelu. Lors de cette intoxication, surviennent une rougeur de la face et  une accélération du pouls Ces troubles disparaissent en général en quelques heures, mais une mise en observation demeure souvent indispensable.

 Le syndrome narcotinien

 est dû  à une  toxine  contenue dans les psilocybes fer de lance.ces champignons ont un effet hallucinogène qui se manifeste une demi-heure a trois heurs après l’absorbation .on assiste alors à un délire et à des hallucinations auditives et visuelles.

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