Le côlon est-il irritable?: Le côlon
Le côlon irritable, que les médecins appellent aujourd’hui syndrome de l’intestin irritable, est un trouble fréquent du fonctionnement de l’intestin, marqué par des douleurs abdominales et des troubles du transit. On l’appelait aussi « colite spasmodique » ou « colopathie fonctionnelle ». Il est gênant, parfois très handicapant au quotidien, mais il n’abîme pas l’intestin et n’évolue pas vers une maladie grave.
Les symptômes
- Des douleurs ou une gêne du ventre, souvent sous forme de crampes, localisées ou diffuses, et fréquemment soulagées par l’émission de selles ou de gaz.
- Des ballonnements, une sensation de ventre gonflé.
- Des troubles du transit : constipation, diarrhée, ou alternance des deux.
Ces symptômes évoluent par poussées, avec des périodes plus calmes. Le syndrome touche davantage les femmes que les hommes et apparaît souvent chez l’adulte jeune.
Les causes
Le syndrome de l’intestin irritable n’a pas une cause unique. Plusieurs mécanismes sont en jeu : des contractions de l’intestin mal coordonnées, une sensibilité exagérée de l’intestin à la distension, des anomalies de la communication entre l’intestin et le cerveau, des modifications du microbiote intestinal. Il apparaît parfois après une gastro-entérite. Le stress et l’anxiété ne le provoquent pas à eux seuls, mais ils aggravent souvent les symptômes. Certains aliments peuvent aussi les déclencher, différents d’une personne à l’autre.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et l’examen du médecin, qui s’appuie sur la nature et l’ancienneté des symptômes. Quelques examens simples peuvent être demandés pour écarter une autre maladie. Certains signes doivent conduire à consulter rapidement, car ils ne relèvent pas d’un côlon irritable : sang dans les selles, amaigrissement inexpliqué, fièvre, anémie, symptômes qui réveillent la nuit, apparition des troubles après 50 ans, ou antécédents familiaux de cancer du côlon. Le médecin pourra alors proposer une coloscopie.
Les traitements
Il n’existe pas de traitement qui guérisse définitivement le syndrome, mais plusieurs mesures soulagent efficacement :
- des conseils d’hygiène de vie : repas réguliers, activité physique, attention portée au sommeil et à la gestion du stress ;
- une adaptation de l’alimentation, guidée si possible par un médecin ou un diététicien, par exemple en réduisant temporairement certains sucres fermentescibles (approche dite pauvre en FODMAP) ;
- des médicaments prescrits selon les symptômes : antispasmodiques contre les douleurs, traitements de la constipation ou de la diarrhée ;
- des approches psychocorporelles, comme l’hypnose ou les thérapies cognitivo-comportementales, dont l’intérêt a été montré dans certaines formes.
Le traitement se construit avec le médecin traitant ou le gastro-entérologue, et il est inutile de multiplier les régimes d’exclusion sans avis médical.


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