Apprend-on mieux en lisant ou en écoutant: apprendre en ecoutant

> > Apprend-on mieux en lisant ou en écoutant ; écrit le: 19 mai 2012 par najla modifié le 8 août 2019

Souvent, certains élèves ou adultes disent «je suis un visuel », car j’apprends mieux en lisant qu’en écoutant. Nous avons vu que c’était plus compliqué puisqu’en réalité la page du livre n’est pas enregistrée dans une mémoire photographique mais transite seulement dans une mémoire iconique qui fait que les séquences de lettres sont vite transformées en mots (mémoire lexicale) et en concepts (mémoire sémantique). Cela dit, l’observation que l’on apprend mieux en lisant est tout à fait juste comme le montrent différentes expériences. Ainsi, dans une étude chez des élèves de sixième où nous avons comparé différents modes de présentation d’un documentaire (nous verrons plus loin le cas de la télévision) la lecture a donné de bien meilleurs résultats dans un questionnaire, presque le double, que le cours oral (basé sur le même texte). La principale raison est liée aux mouvements des yeux dans la lecture.
Ainsi, lorsque la lecture d’un document ne se fait pas sur un livre mais sur un écran d’ordinateur, les mots défilent à vitesse régulière et l’on ne peut revenir en arrière ni s’arrêter plus longtemps sur des mots difficiles ; on s’aperçoit alors que la lecture est ici peu efficace. En effet, la lecture n’est pas, comme nous l’avons vu, une photographie mais s’apparente plus à une recherche du sens des graphismes vus par l’œil. Si l’œil, tel une caméra, photographie par exemple « l’animal est près de l’arbre et est en train de manger », ces caractères sont très vite identifiés en mémoire comme des mots et le sens de ces mots très familiers est très vite disponible. Mais si l’œil lit une phrase comme « le tyrannosaure surgit des fougères arborescentes pour dévorer un tricératops », plusieurs mots vont demander un temps d’identification et de recherche de sens plus long. Par exemple, si la durée du regard est d’environ un quart de seconde sur un mot familier (animal), il peut être deux fois plus long (une demi-seconde) pour un mot complexe ou peu connu comme « tyrannosaure ». Si le mot est inconnu, c’est l’arrêt complet pour chercher dans le dictionnaire ou pour demander à papa ou maman.
De même, dans de telles expériences, l’enregistrement des yeux par caméra montre que l’œil revient en arrière (ce sont des régressions). Eh bien, le nombre de régressions double également lorsque les mots sont rares ou difficiles. Ces mécanismes de durée allongée du regard ou de retour en arrière ne peuvent évidemment pas avoir lieu lors de l’audition d’un cours oral ou de l’écoute d’une émission radio. Voilà donc pourquoi la lecture est supérieure à un cours oral (ou la radio). Sous des dehors familiers, la lecture est un moyen extraordinaire de « pêche » aux informations, car elle permet une autorégulation selon la difficulté du texte. On ne lit pas à la même vitesse un magazine de télévision qu’un manuel scolaire.

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