Les mouvements de la colonne vertébrale et de la ceinture pelvienne

> > Les mouvements de la colonne vertébrale et de la ceinture pelvienne ; écrit le: 23 avril 2012 par aboura modifié le 17 novembre 2014

En simplifiant à l’extrême, la géométrie et l’orientation dans l’espace des différentes facettes articulaires des vertèbres varient d’un étage à l’autre, d’une courbe à l’autre. La morphologie des vertèbres et des éléments « exubérants » qui la composent et qui sont les apophyses épineuses et transverses, évolue de haut en bas.

Ce sont les repères palpatoires de tous ceux qui touchent le rachis. Les vertèbres les plus atypiques sont aux extrémités. L’atlas en forme d’anneau sur lequel repose la tête et l’axis qui s’y s’emboîte jouent un rôle avec la vertèbre sous-jacente. Ce triplet sert à transmettre les mouvements, à l’image d’un authentique cardan. Il adapte en permanence le système d’équilibrage, la posture, les mouvements combinés et la ligne du regard.
Le rachis cervical possède une solide contention ligamentaire, mais n’a pas vraiment de protection musculaire. Les éléments nobles, véritablement agressés lors de certains mouvements extrêmes, principalement la rotation. Il existe un couple de rotation entre l’occiput et Cl(atlas), un autre couple entre Cl et C2 (axis). Le maximum de rotation s’effectue entre Cl et C2, et il existe une différence de rotation entre la femme et l’homme. Par contre, il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche. Lors d’un mou-vement de rotation globale, celle-ci débute par la partie inférieure du rachis cervical et se poursuit dans la partie supérieure.

Le rachis cervical présente une particularité : deux petites articu-lations supplémentaires à chaque étage, qu’on appelle les uncover- tébrales, encroûtées de cartilage, collées au disque intervertébral, qui guident le mouvement de flexion-extension et qui « bâillent » dans l’inclinaison latérale. Ce mouvement pur d’inclinaison latérale n’existe pas. Il est toujours combiné à la rotation. Certains pensent assouplir le cou en exécutant des inclinaisons latérales répétées, guettant la jouissance du « crack » qui ne manquera pas. Ils n’obtiennent, sans le savoir, qu’une usure précoce de leurs carti-lages, de leurs disques, et un avenir certain de douleur, d’inconfort, avec des complications neurologiques toujours possibles.
Au niveau du rachis dorsal, les vertèbres sont solidaires des côtes, avec lesquelles elles constituent le « grill » costal. Les apo¬physes épineuses sont très étendues, et leur longueur varie selon l’étage. Elles recouvrent la vertèbre inférieure. Ce sont des repères morphologiques irremplaçables et des points d’appui pour les manipulations ostéo-articulaires. Les côtes s’articulent en arrière avec deux vertèbres et les apophyses transverses de la sus-jacente, et en avant au sternum, par l’intermédiaire d’un cartilage (excep¬tion faite pour les 11e et 12e côtes qui sont dites flottantes). La 12e vertèbre dorsale est une vertèbre de transition avec le rachis lombaire et la 12e côte ne s’articule pas avec l’apophyse transverse (la 12e côte sera traitée au chapitre des pathologies). Elle présente en outre des facettes articulaires inférieures identiques à celles de la région lombaire, ce qui la rend solidaire des mouvements de celle-ci.

Lors de la flexion-extension du rachis dorsal, l’espace entre deux apophyses épineuses s’écarte ou se rapproche. Lors de l’inflexion latérale, les espaces intercostaux s’ouvrent d’un côté et se ferment de l’autre, tandis que l’angle formé par le cartilage du sternum et la côte s’ouvre d’un côté et se ferme de l’autre. Dans la rotation, chaque étage vertébral entraîne la paire de côtes correspondantes. Le sternum, qui limite le mouvement, subit quand même un effet de cisaillement. Lorsque les cartilages costaux s’ossifient avec l’âge, l’ensemble perd sa mobilité et constitue peu à peu un bloc rigide. Cette ankylosé progressive que la nature impose n’est pas une pathologie au vrai sens du terme. Elle est rarement douloureuse.

La morphologie des vertèbres lombaires est adaptée à la puis-sance, à la résistance et à la mobilité, et varie d’une vertèbre à l’autre. Les apophyses articulaires sont orientées dans l’espace afin que la vertèbre sus-jacente soit stabilisée latéralement. Ce sont de véritables butées d’arrêt, protectrices des chocs latéraux, mais aussi des « rails de guidage » n’autorisant que de très faibles amplitudes de rotation. La rotation forcée de la région lombaire verrouille le système à chaque mouvement en écrasant les surfaces articulaires et accélère l’usure qui conduit plus rapidement que prévu à l’instabilité avec toutes ses conséquences pathologiques.

Lors d’un mouvement de flexion de la colonne lombaire, le disque prend une forme en coin. La tension des ligaments et des capsules articulaires est telle qu’elle limite le mouvement. Le phé-nomène inverse se produit dans l’extension, mais ici le mouvement est limité par la rencontre des apophyses épineuses qui butent l’une contre l’autre. Dans l’inclinaison latérale, le mouve¬ment est lui aussi limité par la mise sous tension des ligaments et des capsules du côté opposé à l’inclinaison. La rotation est très faible et ne dépasse pas cinq degrés à droite et à gauche.

Toute tentative d’augmenter cette rotation physiologique aura comme résultat de développer une usure précoce, donc une arthrose. Attention à la « gym souplesse », au rachis lombaire !
La mesure des angles entre l’alignement des lombaires et le bassin est régulièrement utilisée par les radiologues. Elle peut être reprise par de nombreuses disciplines médicales et chirurgicales pour orienter des choix techniques et thérapeutiques.

En effet, le point faible de tout l’édifice rachidien est incontes-tablement la charnière entre L5 et le sacrum. L’inclinaison du sacrum a tendance à faire glisser la cinquième lombaire vers l’avant. Un amarrage très solide, ligamento-capsulaire, une orientation particulière des facettes articulaires de L5 et du sacrum assurent la stabilité de l’ensemble.

Mais le maximum de contrainte se situe à la jonction de l’arc postérieur et du massif articulaire inférieur de la vertèbre, région appelée l’isthme vertébral. Soumis à des mouvements forcés en hyperextension (augmentation de la cambrure) surtout chez les enfants, ou après des efforts verticaux (réceptions violentes au sol), l’isthme peut se rompre et la vertèbre L5 glissera vers l’avant, retenue seulement par les puissants ligaments, le disque intervertébral et les muscles des gouttières paravertébrales : c’est le spondylolisthésis, une lésion plus fréquente qu’on ne le pense. Nous en reparlerons au chapitre de la pathologie vertébrale ainsi que des autres anomalies fréquemment rencontrées dans la région, sujets sur lesquels les ostéopathes peuvent apporter leur « patte » personnelle à coté des conduites thérapeutiques plus conventionnelles.

Une liaison ligamentaire spéciale existe entre les deux dernières lombaires et l’anneau pelvien (l’os iliaque et le sacrum) : les liga-ments ilio-lombaires. Ils jouent un rôle clé dans la stabilité lombo- pelvienne, surtout dans les mouvements d’inclinaison latérale. L’ostéopathe cherchera à palper la différence de tension perçue dans ces ligaments en position debout et couchée. Il posera toujours ses mains sur des repères anatomiques et tentera de restituer les mouvements physiologiques qu’il connaît, à la recherche de toute anomalie de mobilité et de tension.
Le bassin et le complexe lombo-pelvifémoral.

La ceinture pelvienne, ou bassin, formée de trois pièces osseuses et de trois articulations, est la jonction anatomique et fonctionnelle entre le tronc et les membres inférieurs. On décrit les deux os iliaques et le sacrum encastré comme un coin entre les deux os iliaques. Les articulations qui les unissent se nomment sacro-iliaques en arrière, et symphyse pubienne en avant. De puis¬sants ligaments maintiennent l’édifice solidement en place. Cet anneau ostéo-articulaire a la forme d’un entonnoir dans lequel viennent d’ailleurs se loger et s’amarrer les organes pelviens. Ce cadre et ses déformations visibles ont un intérêt crucial en clinique ostéopathique.

Il existe des différences notables de morphologie entre la femme et l’homme, liées essentiellement à la fonction gestation- accouchement du mécanisme féminin. Le bassin féminin est plus large, plus évasé, moins haut. Ainsi sont modifiés les diamètres transverses et le détroit supérieur. Il transmet les efforts et les contraintes entre le rachis et les deux membres inférieurs lui imposent solidité, solidarité et souplesse. Les forces se dispersent sur la L5 et se dirigent vers l’articulation entre la tête du fémur et l’os iliaque.

Les travaux récents dans ce domaine ont mis en lumière une unité fonctionnelle entre les mouvements du rachis lombaire, de l’anneau pelvien et du membre inférieur dans la déambulation : c’est le complexe lombo-pelvi-fémoral. Cette complémentarité intervient principalement lors de la marche et de la station debout.
Chaque articulation sacro-iliaque, constituée d’un rail creux sur le sacrum et d’un rail plein sur l’iliaque, malgré la faible amplitude de son mouvement, joue un rôle majeur dans l’intégrité fonc¬tionnelle du complexe. Il existe aussi de nombreuses variétés anatomiques d’ancrage entre L5 et le sacrum. Parfois visibles au moyen de l’imagerie, souvent associées à des différences notables de l’angle lombo-sacré, ces variations individuelles expliquent pourquoi chaque pathologie mécanique dans cette région exige sa propre analyse et un traitement adapté.
La mobilité de l’ensemble s’organise en fonction des variétés anatomiques, de l’intégrité de chaque articulation, de l’état statique ou dynamique du complexe. Il existe de nombreuses publications sur le fonctionnement du sacrum. Pour certains il effectue une translation pure,

pour d’autres un déplacement angulaire, et d’autres encore mentionnent une rotation.
Dans leur immense majorité, les ostéopathes ont adopté les conclusions du Dr Fred Mitchell (États-Unis), qui a décrit deux axes horizontaux de rotation, un axe oblique droit et un axe oblique gauche. Ces axes participent à toutes les combinaisons de mouvements dans le complexe lombo-pelvi-fémoral. En utilisant les repères anatomo-morphologiques (positionnels) les plus faciles à palper et en induisant des mouvements orientés et précis, on peut poser le diagnostic, certes souvent émaillé d’incertitudes, d’une dysfonction de l’articulation sacro-iliaque tout en visualisant la position du sacrum. L’un de ces axes, l’axe « respiratoire » horizontal de W.G. Sutherland, qui passe par le sacrum, est rattaché au concept cranio-sacral.

Quant à la symphyse pubienne, elle perd progressivement le peu de mobilité dont elle est dotée. Par contre, les distorsions et les usures du temps sont parfois responsables de malpositions et d’hypermobilité compensatoire. Les ostéopathes lui portent une attention particulière et corrigent sa dysfonction. Cette articulation antérieure joue un rôle de stabilisation dans l’ensemble.
Ne négligeons pas l’articulation sacro-coccygienne au prétexte qu’aucun mouvement actif ne la gouverne. Elle reste associée à des fonctions très simples comme la défécation et l’accouchement. Mais ses rapports ligamentaires et musculaires privilégiés avec la région ano-rectale et le plancher pelvien, sa participation à la physiologie du système nerveux autonome en font une articulation dont il faut rechercher à la fois les anomalies positionnelles (traumatisme ancien au récent) et de fonction — et les corriger.
La hanche, qui comprend l’articulation entre l’os iliaque et la tête du fémur, possède de solides moyens d’unions capsulaires et ligamentaires. Il existe autant de variétés de forme, de dimension, d’angle qui intéressent chaque élément anatomique la composant. Tout, depuis l’orientation des travées osseuses, l’angle entre le col et la diaphyse, la présence d’un bourrelet cotyloïdien de recouvrement, jusqu’aux puissants muscles et ligaments stabilisateurs laté-raux, prouve la participation de la hanche à la fonction segmentaire ou globale du rachis. Rien n’est dissociable dans le complexe : chaque élément du « tout » interagit avec d’autres parties, que les forces l’animant proviennent du haut ou du bas de l’appareil locomoteur. Ainsi, la « lecture » d’un symptôme ou d’un syndrome clinique prend-elle un tour particulier avec l’ostéopathe.

Vidéo : Les mouvements de la colonne vertébrale et de la ceinture pelvienne

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