Système nerveux végétatif et rythmes

> > Système nerveux végétatif et rythmes ; écrit le: 20 avril 2012 par aboura modifié le 19 novembre 2014

La vie végétative, ce que notre organisme fait à notre insu, est sous la dépendance de plusieurs systèmes. Chacun a un rôle différent, mais c’est leur coordination et leur harmonisation qui norma-lisent l’ensemble de la vie végétative. Il s’agit du système nerveux végétatif et des rythmes biologiques. Ils sont inséparables.

Le système nerveux végétatif joue un rôle clé dans la stabilisation du milieu intérieur, ce que l’on appelle l’homéostasie, en agissant sur l’activité des viscères et des glandes. Des informations lui sont fournies par des systèmes d’alerte contenus dans le sang, les vaisseaux, le système nerveux central. Tout cela se produit, bien évidemment, d’une manière inconsciente, indépendante de la volonté. Son organisation générale est identique à celle du système nerveux central. Il reçoit les informations sensorielles (tact, douleur, chaleur, pression) en provenance des viscères.

Il renvoie les ordres par l’intermédiaire de deux sous-systèmes, le système orthosympathique et le système parasympathique. Leurs principales fonctions ne peuvent être qu’énumérées. Ils ont souvent des actions opposées au sein d’un système donné : le système cutané et muqueux, la respiration, les glandes endocrines, le sang, le système cardio-vasculaire, les yeux, le tube digestif, les organes génitaux.
Les centres nerveux végétatifs sont situés à différents étages anatomiques. Certains sont accessibles par les techniques manipu- latives, grâce aux réflexes qu’ils entretiennent.
Les centres du système nerveux orthosympathique se trouvent dans la

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moelle épinière. Ils possèdent des connexions aux différents étages vertébraux avec les muscles, les territoires cutanés. Les centres du système nerveux parasympathique sont situés dans la moelle épinière sacrée et le tronc cérébral. Des centres répartis dans la partie inférieure du cerveau assurent la régulation de la température, de la respiration, etc.

L’action prépondérante de l’un des deux systèmes sur l’autre est ce que l’on appelle le « tonus ». Lorsque le tonus du parasympa-thique domine, on parle de vagotonie. Si c’est le sympathique qui est prépondérant, on est en présence d’une sympathicotonie. La domination fonctionnelle d’un système sur l’autre a des consé-quences sur une ou plusieurs fonctions. Comme nous l’avons dit, leur action est essentielle au maintien de l’équilibre intérieur de l’organisme, l’homéostasie.

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Elle concerne les fonctions cardio-vasculaire, respiratoire, digestive, rénale et endocrinienne. Leurs médiateurs sont connus, ce sont des messagers chimiques, sub-stances excitatrices ou inhibitrices, présentes dans le cerveau ou dans les tissus périphériques : l’adrénaline, l’acétylcholine, la sérotonine, le gaba, les prostaglandines.

L’étude des rythmes biologiques constitue une nouvelle discipline : la Chronobiologie. Les rythmes sont une propriété fondamentale de la matière vivante. Les biorythmes ne sont pas le propre de chaque individu, mais ils sont spécifiques à chaque espèce et inscrits dans son patrimoine génétique. À côté des rythmes bien connus, comme le rythme circadien, dont la période se situe entre vingt et vingt-huit heures, 1’ultradien inférieur à vingt heures, l’infradien supérieur à vingt-huit heures, il existe des rythmes de sept jours, trente jours, un an.
Ces rythmes sont modulés par l’environnement social et écologique. Ces modulations permettent ainsi à l’individu une meilleure adaptation aux conditions de son milieu. Rythmes internes et rythmes externes doivent être synchronisés.

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Toute désynchronisation s’accompagne de perturbations qui ont toujours une répercussion sur l’état de santé à court ou à long terme. Perdre ses rythmes, c’est perdre son centre, c’est ne plus ressentir les vibrations de la vie. L’horloge interne est désynchronisée. La température corporelle, la respiration, la présence de certains éléments dans le sang ou le rejet de certains métabolites par les urines, l’alternance veille-sommeil, les variations pondérales, font partie des rythmes circadiens, ceux qui s’harmonisent avec les rythmes solaires.

Les cycles des grandes fonctions endocriniennes, telles que la sécrétion des œstrogènes, les cycles menstruels, les sécrétions sur- rénaliennes, sont appelés rythmes de basses fréquences. À côté, les rythmes de très haute fréquence, de la milliseconde à la demi- heure concernent les ondes cérébrales, les rythmes cardiaques, les rythmes respiratoires. Ce sont des rythmes vitaux.
Revenons un instant sur le rythme veille-sommeil, indissociable de l’état de conscience ou de vigilance. La coupure brutale séparant l’état de conscience de l’état d’inconscience correspond au passage de l’état de veille à celui de sommeil avec une transition, l’endormissement et l’éveil.

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On distingue différentes étapes :

  • – La « veille attentive » où l’on est éveillé. Dans ce cas, le système nerveux sympathique est activé. La fréquence cardiaque et la pression artérielle s’élèvent, les pupilles sont dilatées. Si on pratique un électroencéphalogramme, le tracé semble pratiquement plat.
  • La « veille au repos » est l’état de conscience où l’on est éveillé, mais calme. Aucune tension psychique, aucune émotion ne caractérise ce moment du cycle et les fonctions végétatives sont au plus bas. Les fameuses ondes alpha témoignent de l’activité psychosensorielle réduite pendant cette phase. Dès que la tension s’accroît brutalement, les ondes alpha cessent.
  • Le sommeil à ondes lentes comprend quatre phases qui se succèdent pour atteindre progressivement le sommeil profond émaillé de quelques rêves.
  • Le sommeil paradoxal interrompt le sommeil profond toutes les quatre-vingt-dix minutes. Alors que le tonus musculaire des muscles dit antigravitaires décroît progressivement au cours du sommeil profond, il est brutalement aboli lorsque le sommeil paradoxal intervient. Des signes d’éveil apparaissent, visibles d’ailleurs à l’électroencéphalogramme et, en cas de réveil intempestif, 80 % des sujets rapportent qu’ils étaient en train de rêver. Une nuit normale d’adulte comprend quatre ou cinq épisodes de sommeil paradoxal, soit 20 % du total du sommeil, alors qu’il occupe 50 % du sommeil d’un nourrisson. Le sommeil paradoxal s’accompagne de la mise au repos des muscles de la posture : il soigne votre rachis.

Le cycle veille-sommeil n’est pas isolé. On sait qu il dépend d’autres rythmes très complexes logés quelque part au fond de nous-mêmes et qui deviennent manifestes dans des circonstances exceptionnelles (séjour dans une grotte par exemple). Pour nous, pauvres terriens, il est rythmé par l’alternance jour-nuit et par les nombreux cycles de notre vie culturelle et sociale.

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Les scientifiques semblent d’accord pour dire qu’il n’existe pas de centre du sommeil et de l’éveil. L’alternance serait produite par deux forces antagonistes constituées chacune par une somme d’informations sensorielles et d’influx nerveux. L’une l’emporterait sur l’autre, selon des mécanismes complexes. L’induction du sommeil démar-rerait dans le cortex cérébral et impliquerait une succession de réactions biochimiques où l’on retrouve divers neurotransmetteurs importants et une hormone, la mélatonine.

Quant aux liens du sommeil paradoxal et du rêve, ils passent eux aussi par l’activité du cortex, toujours très intense. On comprend mieux les aléas du sommeil et les difficultés de tout un chacun à le préserver.
L’importance du sommeil n’est plus à démontrer, même si le besoin de sommeil varie d’un individu à l’autre. Si la grande majorité d’entre nous a besoin de huit heures de sommeil, aux deux extrêmes, certains se contentent de cinq à six heures, d’autres ne peuvent dormir moins de dix heures. L’important, c’est la récupération et la qualité du sommeil. Il suffit d observer les effets ravageurs du manque de sommeil sur le comportement : la dette de sommeil est une catastrophe.

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En effet, le sommeil reconstitue les propriétés physico-chimiques des structures cérébraies, indispensables au bon fonctionnement du système nerveux central. Quant au sommeil paradoxal, certains avancent qu’il serait le témoin d’une sorte d’« éveil génétiquement programmé » pour organiser les structures nerveuses au moment des phases de développement et de maturation des tout-petits, étant donné son importance à la naissance et sa diminution progressive avec l’âge. Préservons le sommeil des enfants : le besoin de sommeil paradoxal est lié à la récupération. En cas de dette, quel qu’en soit le motif, surgissent des troubles de la concentration, du contrôle, qui s’accompagnent d’une hyperexcitabilité nerveuse et de perturbations de la fréquence cardiaque. Bref, on se sent mal.

On peut noter que même si la nuit semble « mauvaise » (sommeil agité), il suffit d’un certain nombre de cycles de sommeil paradoxal pour ne ressentir aucun des effets néfastes que l’on connaît habituellement, comme si un « générateur temporel intérieur » inclus dans le sommeil paradoxal était là pour réguler le développement et le comportement de l’individu. Et si le sommeil n’était qu’une pause de la vie au service du sommeil paradoxal, dont la fonction serait de répéter et de réorganiser les programmes de comportements ?

Le système nerveux végétatif suit lui aussi un rythme réglé par les variations de la luminosité. Le jour, c’est le système orthosym-pathique qui est dominant, ce qui favorise le catabolisme, c’est-à- dire la dégradation biochimique et la production d’énergie. Dans l’obscurité, c’est le système parasympathique qui est dominant, favorisant l’anabolisme, c’est-à-dire la synthèse des substances à partir de l’alimentation et régénération des tissus.

Lorsqu’un facteur de l’environnement (socio-écologique) est rythmé, il peut modifier certains de nos rythmes. Ce « donneur de tempo » peut influencer durablement nos rythmes internes, même lorsque son action cesse. On sait que certaines cadences profes-sionnelles, des voyages, des déplacements, des repas décalés, peu-vent avoir une influence néfaste sur notre état de santé. La resyn-chronisation du rythme veille-sommeil demande de un à trois jours, celle de la sécrétion cortico-surrénalienne exige près de trois semaines de patience ; quant au redémarrage d’une fonction œstrogéno-progestative normale après la prise de contraception orale, personne ne le sait.

Les connaissances sur les biorythmes sont utilisées en pharma-cologie. Les rythmes endocriniens et leurs conséquences métabo-liques peuvent nous aider à mieux organiser nos efforts, nos phases de récupération, le contenu et la qualité des aliments que nous devons assimiler pour le bon entretien de la machine.
Certaines techniques ostéopathiques, en particulier la technique cranio-sacrale, peuvent avoir des effets inducteurs du sommeil. Quels sont leurs modes d’action sur les forces antagonistes ? On ne sait pas vraiment, malgré de nombreuses hypothèses. Des techniques manipulatives spécifiques ou le traitement général ostéopa- thique bien conduit sont souvent très efficaces.

L’insomnie-symptôme, qui accompagne des troubles psychiatriques où la dépression aiguë ou chronique est une phase de la maladie, reste peu sensible aux techniques ostéopathiques, techniques qu’il ne faut pas confondre avec les méthodes de relaxation. Cela dit, de nombreuses méthodes (yoga, sophrologie, acupuncture) obtiennent des résultats satisfaisants dans ce domaine. Rien n’interdit de les associer aux techniques ostéopathiques.

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