muscles du larynx

Les muscles du larynx sont les muscles qui mobilisent les cartilages de cet organe situé dans la gorge, entre le pharynx et la trachée, et qui commandent l’ouverture, la fermeture et la tension des cordes vocales. On les divise en muscles intrinsèques, qui relient les cartilages du larynx entre eux et assurent la respiration, la protection des voies aériennes et la phonation, et en muscles extrinsèques, qui rattachent le larynx aux structures voisines et le déplacent en bloc lors de la déglutition.
Rappel : le squelette du larynx
Le larynx, dont le nom vient du grec larunx, « gorge », est formé d’un assemblage de cartilages unis par des ligaments et des membranes : le cartilage thyroïde, dont la saillie forme la pomme d’Adam, le cartilage cricoïde en forme de bague sur lequel il repose, les deux petits cartilages aryténoïdes mobiles à l’arrière, et l’épiglotte qui rabat l’entrée du larynx pendant la déglutition. Les cordes vocales (plis vocaux) sont tendues entre le cartilage thyroïde en avant et les aryténoïdes en arrière ; l’espace qui les sépare est la glotte.
Les muscles intrinsèques
Ils sont classés d’après leur action sur la glotte et sur les plis vocaux :
- Le muscle crico-aryténoïdien postérieur est le seul muscle qui ouvre la glotte : en faisant pivoter les aryténoïdes vers l’extérieur, il écarte les cordes vocales et permet le passage de l’air. Sa paralysie bilatérale met la respiration en danger.
- Le muscle crico-aryténoïdien latéral et les muscles aryténoïdiens transverse et oblique ferment la glotte en rapprochant les aryténoïdes : ils interviennent dans la phonation, la toux et la protection des voies aériennes.
- Le muscle crico-thyroïdien, tendu entre les cartilages cricoïde et thyroïde, bascule le thyroïde vers l’avant et allonge les cordes vocales : il en augmente la tension et élève la hauteur du son.
- Le muscle thyro-aryténoïdien, dont la partie interne constitue le muscle vocal, forme le corps même du pli vocal ; il raccourcit et épaissit la corde, abaisse la hauteur du son et en module le timbre.
- Le muscle ary-épiglottique et le muscle thyro-épiglottique agissent sur l’épiglotte et sur l’entrée du larynx.
Les muscles extrinsèques
Ils s’insèrent d’un côté sur le larynx ou l’os hyoïde et de l’autre sur le sternum, le crâne, la mandibule ou le pharynx. Les muscles sous-hyoïdiens (sterno-hyoïdien, sterno-thyroïdien, thyro-hyoïdien, omo-hyoïdien) abaissent le larynx ; les muscles sus-hyoïdiens (digastrique, stylo-hyoïdien, mylo-hyoïdien, génio-hyoïdien) et le stylo-pharyngien l’élèvent. Cette élévation, visible à la gorge quand on avale, place le larynx sous la base de la langue et contribue, avec la bascule de l’épiglotte, à empêcher les aliments de pénétrer dans la trachée.
Innervation
Tous les muscles intrinsèques du larynx sont innervés par le nerf laryngé récurrent (ou laryngé inférieur), branche du nerf vague, à l’exception du muscle crico-thyroïdien, qui dépend de la branche externe du nerf laryngé supérieur. Le nerf récurrent décrit un long trajet, contournant à droite l’artère sous-clavière et à gauche la crosse de l’aorte, avant de remonter vers le larynx le long de la trachée. Cette disposition explique qu’il puisse être lésé lors d’une chirurgie de la thyroïde ou comprimé par une tumeur du médiastin : il en résulte une paralysie d’une corde vocale, avec voix bitonale ou enrouée.
Fonctions et pathologies
Grâce à ces muscles, le larynx assure trois fonctions : la respiration, par l’ouverture de la glotte ; la protection des voies aériennes, par sa fermeture réflexe et la toux ; la phonation, par la mise en vibration des cordes vocales sous le souffle expiratoire, dont la hauteur et l’intensité dépendent du jeu combiné des muscles tenseurs et adducteurs. Une voix enrouée qui persiste plus de quelques semaines, une gêne respiratoire ou des fausses routes répétées doivent conduire à consulter un médecin, qui pourra orienter vers un examen du larynx. Voir aussi : anatomie du larynx et cancer du larynx.

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