Dysharmonie d’évolution et dysharmonies cognitives:Harmonie?

> > Dysharmonie d’évolution et dysharmonies cognitives:Harmonie? ; écrit le: 16 mai 2012 par imen

Que serait-elle, cette harmonie de l’évolution qui pourrait être contrariée ou altérée, en particulier dans la dimension de la cognition?

Y aurait-il une mécanique céleste qui réglerait le cours de ces planètes que sont les stades, les phases, les diverses entrées dans la conscience, la cognition, «l’intelli­gence » comme on disait au début du siècle?

Tous les travaux de la neurologie du développement, de la psychologie génétique jusqu’aux conceptions les plus empiristes ou innéistes, par leur diversité et la qualité de chacun des explorateurs, paraissent finalement nous obliger à en rabattre sur notre illusion d’une harmonie préétablie ou statistique.

Les inscriptions énigmatiques

A quoi sommes-nous plutôt ramenés? A déchiffrer quelques inscriptions énigmati­ques dans le texte de la clinique quotidienne.

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Les dysharmonies d’évolution

Dans le registre des dysharmonies d’évolution, envisageons le corps sous deux rubriques : premièrement celle de l’image du corps, et deuxièmement celle du corps | qui fonctionne, rubriques qui nous obligent à poser cette question : la dysharmonie I n’est-elle pas au principe même de ce qui est requis par l’évolution?

  •  Corps imaginaire, anticipation et tierce personne

Du côté de l’imaginaire, en un certain sens le corps se trouve tout entier; dans le champ scopique, le corps relève du désir de la mère : l’enfant se donne à voir à elle pour répondre à son désir. Le corps de l’enfant est présent dans la phase du miroir, :elle que l’a élaborée Lacan, c’est-à-dire qu’il est essentiellement pris dans cette :mago globalisante qui fait contraste, du côté sensoriel, au versant tonique et moteur frappé de prématuration. En ce sens cette phase ne vient pas seulement situer le corps dans son altérité en regard de celui de l’autre, mais aussi anticiper sur cette immaturité foncière. Cette spécularité de l’image du corps est encadrée par cette débauche motrice qu’est la jubilation, elle-même relayée, étayée, trouvant son répondant, par et dans la motricité et la posture de la mère elle-même; l’enfant la prend à témoin en se retournant vers elle qui le supporte : ce retour la constitue comme tierce personne entre lui-même et son image réelle dans le miroir. Par sa motricité d’accompagnement la mère vient, dans le réel, anticiper la maturation motrice de son enfant.

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L’anticipation symbolique

Ainsi se produit-il une double anticipation : l’enfant anticipe sa motricité par l’imago totalisée; la mère anticipe la maturation motrice de son enfant par ses propres mouvements et par sa posture. Cette double anticipation constitue dans sa nécessité le ressort même de l’articulation au symbolique, ressort auquel la sémio- tique de Piaget est restée étrangère. Ce serait d’avoir affaire à l’anticipation tonique, mais parce qu’y prendrait place une tierce personne, que cette sémiotique relèverait du symbolique; ce qui supposerait qu’elle reconnaisse qu’entre ce qui est perçu et l’action, est supposée une tierce personne, faute de laquelle ne sont concevables ni symbolique ni sémiotique. Ce qui la spécifie, c’est donc ce qui lui manque. Cette dysharmonie engendrée par le manque, par la faille de ce qui vient faire défaut aussi bien du côté de l’enfant que du côté de la mère, s’oppose donc nécessairement à l’harmonie d’un Tout, d’une Totalité qui ferait Un dans le corps.

  •   Fonction et fonctionnement

CSi le corps est image, il est aussi engagé dans le processus de la fonction et du fonctionnement. La mère tient lieu de fonction chez ce prématuré qu’est le petit de l’homme : elle est une véritable fonction vicariante des fonctions de l’enfant. En ce sens elle est réelle pour l’enfant. Mais surtout, en tenant cette place qui permet à l’enfant de survivre, elle doit se laisser déborder par le fonctionnement qu’il produit, à partir des fonctions qu’elle relance. Et ce fonctionnement ne tient en rien à l’imaginaire, à l’image du corps : il tient à ceci que l’équipement sensoriel du nouveau-né est parfaitement compétent à fonctionner dès la naissance ; comme en témoignent l’anticipation visuo-auditive, ou les imitations précocissimes. Or, cette anticipation, ces imitations — pour ne prendre que ces exemples — sont elles- mêmes dysharmoniques; il n’en reste pas moins cependant que par l’anticipation, le fonctionnement de l’enfant va bien au-delà de la maturité de ses fonctions, et qu’il déborde la mère de toutes parts.J

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Illustrons-le d’un exemple : il s’agit d’une étudiante en médecine qui prépare son internat et qui vient consulter parce que son bébé de deux mois et demi a des diffi­cultés pour dormir. Nous lui posons la question bien banale de ce qui se passe pour l’alimentation. Elle répond : «Ah! pour l’alimentation, je vais vous raconter ce qu’il me fait : Je me mets sur le divan, je le mets sur mes genoux, je lui donne le biberon, et comme j’ai mon internat dans trois mois, je lis ma « question ». Eh bien ! Monsieur ne veut rien boire tant que je lis». Le «Monsieur», c’est la tierce personne. C’est parce que la mère est capable de dire «Monsieur», que son enfant n’est pas seulement réel, qu’il est aussi symbolique. On peut donc constater que ce débordement de l’enfant a entraîné la parole de sa mère, ses commentaires, ses interprétations.

Ce discours ne s’adresse pas seulement au corps de l’enfant en tant qu’il se donne à voir et qu’il suscite les identifications hystériques à tel ou tel trait de ressemblance par exemple : il s’adresse aussi au fonctionnement des fonctions, et aux objets partiels qui font articulation au bord des orifices du corps, et que le fonctionnement embraye à la fonction. Loin de faire bord à bord, un tel processus produit lui-même de la dysharmonie.

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C’est dans cette dysharmonie qu’apparaît la véritable cohérence du corps, lequel prend consistance par les signifiants que la mère vient y accrocher, signifiants non seulement relatifs à son image, mais surtout à ses fonctions elles-mêmes, prises par leur fonctionnement dans le symbolique.

Après avoir envisagé le corps dans les dysharmonies d’évolution et les troubles instrumentaux, envisageons maintenant l’anticipation de l’enfant.

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L’anticipation dans l’appel

  •   Appel et demande

(Le corps n’est pas seulement engagé par le fonctionnement des fonctions : il l’est aussi dans la parole. Et pour commencer, par le cri. Les organes de la phonation, la bouche, la langue, la trachée, la respiration, sont pris dans cette émission de voix, dans cet appel, qui n’est appel que dans la mesure où il lui est répondu, sinon il retourne au silence et n’a plus dès lors aucun sens. Mais qu’il lui soit répondu d’une parole, d’un regard, d’un geste, et dès lors il devient une demande. Qu’en dire, sinon que cette demande suppose qu’on lui réponde par un don? Don qui n’est pas d’un objet de besoin mais d’amour.

  •  La demande au risque du refus de l’hypothèse

C’est au risque du refus que se fait la demande ; prenons ce risque pour ce qu’il est, à savoir la preuve que l’enfant fait dans sa demande une hypothèse ; ou bien il lui est répondu, et dès lors c’est la satisfaction, ou bien il ne lui est pas répondu, et c’est la frustration. Frustration qui n’est pas d’un objet de besoin : frustration qui concerne cette hypothèse. C’est même au sens où il fait l’hypothèse d’une possible frustration, qu’il s’agit d’une hypothèse, hypothèse qui porte sur un futur conditionnel, et qui s’inscrit dans le symbolique. C’est en allant à la rencontre du langage — que Lacan appelle le trésor des signifiants — que cette demande s’articule à la question et peut se refermer sur le vide.

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  • Jeux des présence-absence

Certaines mères donnent sans aucun délai de façon absolument permanente et itérative; elles donnent sans jamais laisser d’attente et sans jamais laisser de differt. 11 esl absolument nécessaire de prendre en considération non seulement que la mère peut être présente ou absente pour son enfant, mais aussi que son enfant doit être présent ou absent pour elle.

C’est dans la mesure où ce qui vient d’être dit aurait quelque consistance que nous pouvons avancer de façon moins approximative dans l’énigme, au regard des dyshar­monies évolutives et cognitives, que représentent les enfants dyspraxiqucs et les enfants non lecteurs.

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