Chimie ou alchimie medicale

Accueil » Examens et analyses médicales » Chimie ou alchimie medicale écrit le: 24 février 2012 par admin

L’influence de la pensée alchimiste ne se limite pas aux seules médecines naturelles. D’une façon plus générale, et la doctrine hippocratique en témoigne, la médecine a toujours oscillé entre les deux tendances, chimique et alchimique. La première est déductive et entend corriger les errances de la natui’e en s’appuyant sur des principes d’opposition : il faut contrer les processus malins. Un tel principe est à la base de la chirurgie, de la radiothérapie, de tous les « anti » : antibiotiques, antidépresseurs, antimitotiques, antiinflammatoires, antipyrétiques, antalgiques, etc. La médecine occidentale moderne a privilégié ce mode de pensée antimaladie qui représente l’idéologie dominante, mais elle a également développé une seconde tendance, analogique, qui consiste à aider la nature, sans entraver les processus de récupération mais en catalysant la guérison grâce aux principes de similitude. Faisons confiance à la nature et laissons du temps au temps, selon la formule de François… Rabelais. Ce type de raisonnement a conduit à d’autres découvertes majeures comme la vaccination, l’immunothérapie ou la plasmaphérèse.
Un praticien en exercice choisit de s’inscrire dans l’une ou l’autre logique. Il peut, à la manière de l’homéopathe ou du psychanalyste, vouloir catalyser la guérison, mais qu’est-ce finalement qu’un catalyseur sinon un corps chimique quantitativement négligeable, un (presque) rien pourtant nécessaire à la réussite d’une réaction qui, autrement prendrait un temps infini? À l’inverse, il peut vouloir forcer la nature et c’est l’essentiel de la médecine officielle. Mais alors, le fait de bien présenter un remède, de persuader un malade de la justesse de ses vues, de l’exac- titude de ses conclusions, l’habitude d’enrober les prescriptions d’un certain halo de mystère scientifique ou, au contraire, d’expliquer en détail un traitement, la gentillesse, la persuasion, le réconfort, la sympathie, bref, toutes ces vertus louables du bon docteur qui sont finalement des tentatives destinées à réduire l’angoisse, le stress, la défiance, le désespoir, la perte de sens ne visent-elles pas au bout du compte à favoriser l’action du remède et à rendre plus probable la guérison ? Au sens de la pharmacologie, l’humanité du médecin ne fait-elle pas partie des effets non spécifiques de la thérapeutique ? Outre qu’elles sont donc, l’une comme l’autre, bien représentées en médecine classique, les deux tendances, chimique et alchimique, ne sont finalement pas si éloignées qui jouent et misent pareillement sur un effet extrapharmacolo- gique. Toutes deux semblent reconnaître que le succès du traitement repose, au moins en partie, sur la cata- lysation des forces internes de guérison. Toutes deux semblent compter sur la magie du soin, sur l’intervention de facteurs au caractère scientifique incertain. Voilà qui nous ramène tout droit à la notion de placebo.

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