la réanimation : Avant l’intervention

> > la réanimation : Avant l’intervention ; écrit le: 9 janvier 2012 par Mahfoudhi modifié le 3 mars 2015

L’anesthésie et la réanima­tion sont deux spécialités qui concourent au même résultat. Elles visent au maintien de toutes les fonctions vitales de l’individu privé de conscience, ou hors d’état de se défendre contre les agres­sions extérieures.

Si l’anesthésiste est plus particulièrement chargé d’en­dormir ou de faire disparaître les douleurs des patients au cours des interventions chirurgicales, le patient, une fois sorti de la salle d’opération, est sous la surveillance du réanimateur qui est souvent le même médecin. Les techniques d’anesthésie-réanimation sont si intimement liées à la chirurgie qu’elles en sont venues à étendre leurs indications à une spécialité relativement récente : la médecine d’urgence. Celle-ci, de l’accident de voiture à intervention sur les lieux d’une catastrophe naturelle, met en jeu toutes les techniques de la réanimation.

L’anesthésiste est un médecin spécialisé qui doit, avant toute intervention, définir l’état du patient et les conditions dans lesquelles le geste chirurgical sera effectué. Il doit se poser des questions et y apporter un certain nombre de réponses. Où en sont les fonctions vitales du patient ? Ses grands appareils physiologiques (circulation, respiration, fonctions rénale et hépatique et système nerveux) nécessitent-ils une surveillance, un traitement ou des précautions particulières ? Ce patient peut-il subir une anesthésie générale ? Ou doit-il subir une anesthésie partielle, locale ou régionale (péridurale, notamment) ?
Quels risques l’intervention fait-elle courir chez ce patient en particulier ?Quelles précautions devront être prises avant, pendant et après l’intervention ?Quels traitements devront lui être administrés ?

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Une fois le type d’anesthésie choisi, le médecin peut prescrire une «prémédication», substance adminis­trée par voie orale ou par in­jection pour détendre le pa­tient avant le départ au bloc opératoire.

Endormir et lutter contre la douleur

C’est par ces deux termes que l’on pourrait ré­sumer le travail de l’anesthésiste. Endormir, pour permettre une intervention sans douleur mais aussi sans mouvements ré­flexes du corps qui entraverai­ent le travail du chirurgien. L’anesthésie ne consiste pas seulement à ad­ministrer un somnifère, mais également à faire disparaître la sensation de douleur et à annihiler des fonctions normales de l’organisme, habituellement destinées à faire face au stress ou aux agressions : le tonus musculaire et les réflexes ostéo-tendineux.
Les fonctions végétatives (circulation, respiration, fonctions rénales et hépatiques) doivent être maintenues pendant l’intervention.
Le rôle de l’anesthésiste consiste donc à administrer les produits adéquats de manière à assurer cet équilibre délicat entre les deux effets recherchés.

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Sur la table d’opération

La préparation d’un patient à une intervention nécessite plusieurs appareillages. L’anesthésiste et l’infirmière qui l’assiste sont en général placés à la tête du patient.
Un brassard de prise automatique de la tension est placé sur son bras, un oxymètre digital posé sur le bout d’un doigt (pour mesurer la quantité d’oxygène dans le sang), et des électrodes sur le thorax (pour l’électrocardiogramme continu). Toutes ces mesures sont affichées sur un écran de surveillance, et sont donc visibles simultanément à tout moment de l’intervention. Puis l’anesthésiste procède à l’induction (injection d’anesthésique par voie intraveineuse). La quanti­té de produit inducteur est calculée selon le poids du patient.

Ces produits sont très rapidement efficaces, ils entraînent un profond sommeil en quelques se­condes. L’induction peut être également pratiquée par inhalation de gaz anesthésiants. Le patient, une fois endormi, est in- tubé s’il s’agit d’une intervention lourde sur le thorax, ou nécessitant l’utilisation de médica­ments myorelaxants (qui paralysent les muscles). Il est alors indispensable de le ventiler.

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Au cours de l’inter­vention, l’anesthésiste doit rechercher l’appa­rition de signes évo­quant une diminu­tion de l’effet des médicaments : mouvements du patient, modi­fication de l’état de ses pupilles (celles-ci sont un re­flet utile de l’effet de certains médicaments sur le système ner­veux), modi­fication de la tension artériel­le, etc. Les pro­duits anesthé­siants ont une action de courte durée, en géné­ral, de manière à permette un réveil aussi rapide que possible.

Par ailleurs, certains individus les éliminent plus vite que d’autres. Il peut donc arriver que leurs effets s’estompent pendant l’intervention.
L’anesthésiste réinjecte alors le produit inducteur dès que le besoin s’en fait sentir. Pendant toute l’intervention, il ventile le patient au masque, en lui apportant de l’oxygène, mais parfois aussi un gaz anesthésiant (protoxyde d’azote, par exemple) destiné à parfaire l’anesthésie et à lut- ter contre la douleur (effet analgésique).

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