Les analyses biologiques: Neutrophiles, Phosphatases alcalines

> > Les analyses biologiques: Neutrophiles, Phosphatases alcalines ; écrit le: 12 février 2013 par Sameh

Neutrophiles (Polynucléaires) :

Nous l’avons déjà évoqué, les normes ne sont pas identiques chez l’enfant et l’adulte. Dans l’immense majorité des cas, les anomalies des polynucléaires neutrophiles sont une augmentation de leur nombre. On parle alors de polynucléose. La cause est une infection bactérienne aiguë ou chronique dans la très grande majorité des cas. Il conviendra alors de la rechercher, puis de la traiter.

En cas d’infection, il faut savoir que cette augmentation est normale. C’est une bonne réaction de l’organisme face une infection bactérienne. Les polynucléaires neutrophiles sont chargés d’attaquer la bactérie et de la détruire. Donc en cas d’infection, plus il y a de polynucléaires, mieux c’est. Mais cela montre aussi que l’infection est importante. Il ne faut pas lutter contre ces polynucléaires, il faut plutôt les aider en retrouvant l’infection causal et en la traitant si besoin… c’est-à-dire si l’organisme n’arrive pas à s’en sortir tout seul.

Je me rappelle un monsieur d’une cinquantaine d’années qui avait une douleur abdominale pouvant évoquer une appendicite aiguë. Sa prise de sang montrait une augmentation des globules blancs à 13.500/mm3 et une augmentation nette des polynucléaires neutrophiles aux environs de 75 %. Voyant cela, je diagnostique aussitôt une appendicite, et veux l’adresser à l’hôpital. Mais ce monsieur refuse opiniâtrement toute hospitalisation, malgré toutes mes argumentations. Nous étions samedi après-midi. Les seules choses que j’ai obtenues étaient son accord de se rendre aussitôt à l’hôpital à la moindre crise, et de refaire une prise de sang dès le lundi matin pour voir où nous en étions… Le lundi la prise de sang est revenue normale !!! Les globules blancs à 8 500/mm3. Ceci est l’exemple même à ne jamais suivre, mais cela arrive une fois de temps en temps. Car le risque pris par ce monsieur est le symptôme d’une péritonite aiguë qui peut toujours être mortelle (la roulette russe !). Je vous ai donné cet exemple pour vous montrer que les variations peuvent quelquefois être très rapides et spontanées, si l’organisme est suffisamment costaud pour faire face à l’infection.

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Augmentation du nombre :

La présence de plus de 7 500 polynucléaires neutrophiles/mm3 dans le sang veineux définit la neutrophilie. Comme nous venons de le dire, les hyper-neutrophilies font facilement évoquer des causes infectieuses, virales ou bactériennes.

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Elles se rencontrent aussi au cours de :

•             angéites : périartérite noueuse, maladie de Horton, purpura thrombotique, maladie de Behcet.

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•             collagénoses : lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie.

•             dermatoses.

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•             maladies métaboliques et endocriniennes : maladie de Cushing, phéochromocytome goutte, insuffisance rénale, acidocétose diabétique…

•             cancers et hémopathies malignes : maladie de Hodgkin, leucémie lymphocytaire T, carcinome spinocellulaire, cancer du poumon, de l’ovaire, du rein, de la vessie, du foie, du colon, du grêle, du rectum.

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•             accidents vasculaires : ischémie cardiaque ou cérébrale, embolie pulmonaire.

•             médicaments et toxiques : lithium, héparine, corticoïdes, marihuana, oxyde de carbone, plomb, mercure, alcool, tabac.

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•             étiologies diverses : suites opératoires, anesthésie générale, grossesse, pancréatite chronique…

Diminution du nombre :

Définie par un taux de polynucléaires neutrophiles inférieur à 1800/mm3, le neutropénie s’observe classiquement au cours des aplasies myéloïdes et des hémopathies malignes, mais également au cours de :

•             maladies infectieuses : fièvre typhoïde, brucellose, viroses (grippe, zona, hépatite virale), mononucléose infectieuse, paludisme, toxoplasmose.

•             affections hématologiques : maladie de Biermer, certaines anémies, maladie de Hodgkin…

•             causes médicamenteuses : inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine.

•             causes diverses : lupus érythémateux disséminé, race noire.

Phosphatases alcalines :

Les phosphatases alcalines peuvent avoir une origine hépatique ou osseuse. Aussi, si les phosphatases alcalines sont augmentées, on demande un dosage des 5 Nucléotidases :

•             si 5 Nucléotidase augmentées : origine hépatique.

•             si 5 Nucléotidase normales ou diminuées : origine osseuse.

Cette distinction permet d’orienter les recherches de l’origine de cette anomalie.

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