L'allaitement à la demande

Accueil » Grossesse » L'allaitement à la demande écrit le: 27 mai 2012 par admin

Dans les premiers échanges, ce sont les besoins du nouveau-né qui appellent, créent et guident l’allaitement au sein, de même que le rythme des tétées .

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Que veut dire « allaiter à la demande » ?

Allaiter à la demande, c’est allaiter… quand l’enfant le demande.

Pqur certaines mères, cela paraît simple ; pour d’autres, il semble difficile de se mettre dans cette disponibilité constante. Vous vivrez toutes une alternance de moments d’inquiétude, de manque de confiance et de grande connivence.
En naissant, l’enfant découvre la faim en même temps que se met en route son système digestif. In utero, il était alimenté par perfusion continue de sang reçu par intermédiaire du réseau placentaire. Faite de fortes contractions musculaires de son estomac, la faim est une sensation difficile pour le nouveau né, Chez lui, le pleur est l’expression d’un besoin. La difficulté pour le parent est d’identifier son besoin. Or le bébé ne fait pas l’association avec sa faim, et devoir supporter une attente lui est incompréhensible.

Mais pourquoi allaiter à la demande ?

C’est la condition indispensable pour avoir du lait. Rappelez-vous la physiologie de la lacta­tion. Plus bébé tète, plus il aura du lait . Cessons de considérer le sein comme un réser­voir (ou un biberon). L’enfant, en tétant, stimule l’hormone qui permet la fabrication du lait pour la tétée en cours. Vous n’aurez pas plus de lait en faisant attendre un enfant qui demande.
Au contraire, en acceptant que l’enfant puisse choisir le rythme des tétées et leur durée au moins dans les premières semaines -, vous serez assurée d’avoir toujours du lait et de bien démarrer la lactation.

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  • Le lait maternel se digère en un laps de temps compris entre vingt minutes et deux heures. Seul l’enfant peut savoir quand il a faim.
  • Selon la façon dont l’enfant tète, il fait venir un lait de qualité différente : plus ou moins gras, plus ou moins aqueux, plus ou moins protéiné.
  • N’ayez pas de crainte s’il tète souvent : il n’y a pas d’obésité chez l’enfant allaité.
  • L’allaitement à la demande permet à l’en­fant de nourrir ses sens.
  • Par le contact peau à peau, en étant dans l’odeur de sa mère, il prend possession de son corps, dont il ne connaît pour l’instant aucune frontière.
  • Nourrir l’enfant « d’amour et de lait1 » lui permet de prendre corps dans la réalité de la vie.

Les conséquences pratiques

Les premiers jours, la demande de téter de l’enfant est progressive. Il est courant, après sa grande phase d’éveil au moment de sa naissance, que l’enfant demande peu à téter pendant vingt-quatre à quarante-huit heures. Après l’émerveillement de la rencontre, l’ex­citation de l’arrivée, il va se remettre de ses fatigues et faire doucement connaissance a&æc son nouveau monde. Ne vous inquiétez pas et ne le qualifiez pas trop vite d’enfant « sage ».
La succion du bébé peut provoquer des dou­leurs du mamelon, qui s’estomperont au fur et à mesure des tétées. Si elles persistent, reportez-vous à « J’ai mal quand j’allaite. Est-ce normal ? ».
La succion des seins par l’enfant déclenche des contractions de l’utérus. Ces spasmes de l’utérus contractent à leur tour les vaisseaux sanguins, limitant ainsi les hémorragies. Ces contractions favorisent aussi le retour de l’utérus à son volume antérieur. Elles peuvent être douloureuses et rendre les premières tétées inconfortables. Moins toutefois pour le premier enfant que pour les suivants, car l’utérus devient moins contractile après plu­sieurs grossesses. Ces douleurs se manifestent généralement dans la première semaine. Allaiter à la demande nécessite de ne pas séparer la mère de son enfant, de jour comme de nuit. Renseignez-vous sur cette possibilité de cohabitation en choisissant votre mater­nité et prévenez d’avance sages-femmes et puéricultrices de votre choix. Cette première semaine, ce n’est pas le moment de le séparer de vous. Bébé a passé neuf mois dans votre ventre, rythmé par le bruit de votre cœur, bercé par le mouvement de votre respiration. L’enfant entend in utero dès le cinquième mois de grossesse : il connaît donc les bruits familiers de votre univers et les voix de votre entourage, mais pas les bruits de la mater­nité ni les voix du personnel soignant, alors gardez-le près de vous. Attendez, pour l’éloi­gner, qu’il ait intégré l’univers familier de votre habitat. C’est plus tard qu’il appréciera des moments de solitude. Sans oublier, bien sûr, qu’il est essentiel de vous reposer : adoptez son rythme – et non celui des visi­teurs -, et dormez en même temps que lui. Ne vous laissez pas « déposséder » de votre bébé par l’institution. Si votre enfant est gardé collectivement, vous n’êtes pas sûre qu’il ne recevra pas un biberon de complé­ment. Qu’y a t-il à compléter ? Eau sucrée ou, pire, lait artificiel gêneraient le processus de lactation. L’enfant rassasié ne tétera pas et ne stimulera pas la lactation. Le premier biberon peut lui donner goût à la tétine, qui demande moins d’effort de succion, et il risque ensuite de refuser le sein.

Pour conclure sur la cohabitation : se per­mettre d’être responsable à part entière de son enfant dès la première heure facilite l’expression du sens maternel et évite bien des dépressions post-partum. Vous avez besoin tous les deux d’être ensemble. Une sage-femme disait à une nouvelle accouchée en lui laissant son bébé pour la première nuit : « De toutes façons, vous n’aurez pas envie de dormir… » Effectivement, la jeune femme s’est réveillée plusieurs fois pour regarder son bébé dormir, respirer, vivre à côté d’elle. La mise en place du lien psy­chique mère/enfant est un support indis­pensable à l’évolution de l’enfant ; il prend le relais du cordon ombilical. Ce lien ne se fait pas pour toutes dans les premiers temps. Les obstacles rencontrés à la maternité y sont pour beaucoup ; nous en recevons malheu­reusement de nombreux échos.

Allaiter à la demande vous demande donc de prendre confiance en vos qualités de mère et de mère nourricière. Cela dépend beaucoup de votre environnement. Nous en reparle­rons dans le chapitre suivant, « Un environ­nement propice ». ,

La césarienne

Allaiter à la demande après une césarienne peut paraître très difficile. La réalité du len­demain de l’opération est souvent doulou­reuse. Car, à la différence de la femme qui accouche par voie naturelle et affronte la douleur sur le moment, par voie chirurgi­cale les difficultés commencent après.
De fait, lorsque l’effet de l’anesthékie s’est envolé, la douleur du ventre est très pré­sente. La péridurale entraîne la prescrip­tion de ne pas bouger et de ne pas se lever. Cette situation douloureuse et passive limite toute initiative de la mère et l’infantilise. Elle pourrait, à juste titre, avoir envie que l’on s’occupe avant tout d’elle car c’est elle qui souffre. Sous le choc de la césarienne, alors qu’elle désirait allaiter son enfant avant la naissance, elle peut soudain ne plus en avoir envie.
Le rôle du personnel médical est de combler son besoin d’être soignée et entendue tout en la guidant vers son enfant. Il est important que les pédiatres, sages-femmes et infirmières acceptent, si la maman le désire, de laisser le bébé dans sa chambre ou de le lui apporter quand l’un ou l’autre le demandent.

Comment devenir autonome ?

Tout d’abord, n’appartient-il pas à votre compagnon, plus libre de ses gestes, d’avoir la fermeté nécessaire pour exiger la présence de votre enfant à vos côtés ? C’est une épreuve difficile que d’entendre votre bébé qui geint ou pleure dans le berceau à un mètre de votre lit sans pouvoir vous lever pour le prendre et sans personne pour vous le donner. Demandez que le berceau soit placé tout contre votre lit, à hauteur de votre thorax. Roulez le bébé à plat ventre ; vos mains se placent l’une en haut du dos et l’autre sur le bassin, et empoignent le petit pyjama. Elles soulèvent le bébé, comme le fait la chatte avec sa gueule. Vous pouvez aussi demander que l’,on couche votre bébé sur un lange, vous rassemblez les coins et vous soulevez ! Les cigognes savent bien le faire…

Si vous le désirez, ne vous privez pas de le garder contre vous dans votre lit ; cela simplifie vos gestes et limite les mouvements déclenchant la douleur ! Placez un coussin derrière son dos. Vous réaliserez aussi plus vite que c’est votre bébé : c’est bien lui qui était dans votre ventre, même si vous n’avez pas senti sa sortie. Votre enfant a besoin de cette proxi­mité car, même s’il est sorti sans tracas et sans fatigue de votre ventre, son corps n’a pas été brassé, sa peau n’a pas été massée par les contractions, dont le rôle est de le préparer et de l’informer de sa naissance prochaine (sauf si la césarienne a été pratiquée après le travail de dilatation). Votre bébé, plus encore que celui né par voie naturelle, a besoin d’être touché et câliné par votre corps. Cette proximité facilite la mise en route de l’allaitement ; vous l’allaitez quand il le veut et sans déranger personne. La relation avec votre enfant s’engage plus vite et plus facile­ment.

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Vidéo : L’allaitement à la demande

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