Découvrir l’enfant faire connaissance

> > Découvrir l’enfant faire connaissance ; écrit le: 19 avril 2012 par tayechi modifié le 21 novembre 2014

Durant ses premières semaines, hors ses merveilleux temps d’éveil et d’attention mutuelle, l’enfant semble être dans les limbes : il traverse des phases pendant lesquelles il n’est ni complètement éveillé ni complètement endormi, Le champ de conscience dans lequel il vit lui permet de faire la transition entre la vie fœtale et Sa mise au monde, et favorise l’intégration de la force de vie qui le fait croître. Il est alors à l’écoute de ses sensations internes, et affine ses perceptions sensorielles du monde qui l’en­toure. De plus, les courtes phases d’éveil et de communication et les longues phases de sommeil rythment sa journée.

La communication avec l’enfant

a communication avec l’enfant vous renvoie à vous-même, à l’enfant en vous et à vos premières communications pré­verbales.

Comment communiquer avec l’enfant ?

Comment se mettre à son écoute et le décou­vrir dans la rencontre ? Faire « co-naissance » avec l’enfant, c’est naître ensemble à de nou­velles sensations, renaître à l’enfant en soi.

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Quel est votre mode de communication le plus familier ? Aurez-vous envie de le toucher, de le goûter avec un baiser, de le prendre contre vous, ou plutôt de capter son regard, ou bien encore de lui parler ?

La communication par les odeurs nous im­prègne aussi, mais nous en sommes rare­ment conscients. Dans votre communication avec autrui, donnez-vous priorité à la parole, au regard ou au toucher ?

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Mais l’enfant cherche le contact avec vous ; il s’adapte à votre mode de communication. Peut-être cherche-t-il à vous emmener au- delà de vos fonctionnements habituels… Votre enfant, de tout son corps, saura vite vous appeler, capter votre regard ou le fuir. Le manque d’expression visuelle de certains enfants gêne souvent leurs parents ; serait-ce un appel vers une communication tactile ? À la naissance, la vision vraie (orientation des yeux vers un objet présenté latéralement, poursuite oculaire de l’objet, regard qu’un adulte peut accrocher) varie sensiblement d’un enfant à l’autre ; elle dépend de son état de vigilance dans les phases d’éveil. Le contact œil à œil varie selon votre attitude et l’im- portefnce que vous accordez à vos échanges. Parlez-lui du monde sur lequel il s’ouvre, tous sens en éveil.

Peau à peau

La communication peau à peau est plus dif­ficile. Vous savez communiquer à l’autre chaleur et détente à travers une poignée de main mais, si vous êtes trop stressée, fati­guée, « vidée », vous communiquerez aussi vos propres tensions.

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Comment vous sentez-vous alors que vous tenez votre enfant contre vous ? Avez-vous le sentiment de lui « parler », d’être à son écoute ou, pour cela, vous faut-il le face-à- face, l’échange visuel et verbal ?

La mère ou le père qui prend son enfant contre sa poitrine l’emmène directement à la source, le baigne de son énergie, lui parle avec son cœur (qu’est-ce que faire « à contre­cœur » ?) ; cette chaleur-là, l’enfant la pos­sède et la rediffuse.

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Ainsi, le dialogue parent/enfant est-il essen­tiellement corporel : apprendre le corps de l’autre, épouser ses formes, s’harmoniser. Pour la mère ou le père, c’est tenir l’enfant ou le soutenir de sa présence attentive, inter­préter ses manifestations corporelles. L’enfant est habité de cette fantastique énergie qui le pousse à naître et à croître. En retour, cette énergie qu’il apporte à ses parents leur donne l’impression d’être, eux aussi, soutenus. L’enfant est en pleine expansion, le parent est en pleine concentration sur l’enfant. C’est cet équilibre qui donne toute la puissance et la densité des premiers échanges.

Pour chaque femme et chaque homme, la communication à l’enfant sera différente. Comme autant d’expressions de la vie… Elle évolue aussi dans le temps, et vous n’êtes pas les mêmes avec votre deuxième ou avec votre ixième enfant… Il s’agit, avant tout, d’un apprentissage. Au début de l’al­laitement, la communication corporelle est nécessairement émaillée de vos inquiétudes mais, très vite, vos antennes vont s’affiner et votre confiance – en vous et en votre petit – va s’affirmer.

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Répondre à l’appel de l’enfant

Le nouveau-né, dans son immaturité, se situe dans une grande dépendance et, pour répondre à ces nécessités biologiques dont il n’a pas encore l’autonomie, il va à la nais­sance appeler une réponse immédiate à ses besoins. Il découvre la faim, et appréhende un nouveau rythme interne : le rythme faim-satiété.

cela, il sollicite l’autre, et avant tout sa mère, comme indissociable de lui-même, dans un mouvement fusionnel indispensable à ce départ de croissance. « Donne-moi ce que je ne sais pas encore me donner ; agis quand je ne sais pas encore agir, réponds là où je ne sais pas encore distinguer la ques­tion… » À ce stade, il vit le corps de l’autre comme non dissocié de son propre corps.

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Et pourtant il n’a plus besoin de l’autre pour s’approvisionner en oxygène, pour prendre « son air ». L’allaitement va faire le lien entre le cordon ombilical et l’alimentation progressivement variée. C’est parallèlement à la maturité croissante du système digestif que montera en lui la conscience d’être distinct de l’autre, la possibilité d’entrer en action lui-même, de franchir les étapes de son autonomie.

Dans ce rapport fusionnel de départ, dans cet appel de l’enfant à être immédiatement satisfait, entre une donnée indispensable à son autonomie future : la notion de temps. Dans l’allaitement, la mère met l’enfant en apprentissage du temps. Notion indissociable à l’apprivoisement de la matière. Dans un rapport fusionnel, il n’y a ni accès au temps, ni accès à la matière, ni communication (l’autre n’existe pas). Ce rapport au temps va se décliner dans chaque tétée et jouer pro­fondément dans l’allaitement à la demande. Il fait appel à la notion de cycle. Ne pas struc­turer, petit à petit, le rythme faim-satiété entretient chez le nouveau-né l’illusion que son désir puisse être immédiatement satisfait. Illusion, certes, nécessaire au départ pour ancrer un premier sentiment de sécurité, mais qui, à long terme (au-delà de la matu­rité organique), peut entretenir un processus de dépendance avec ses pulsions sous-jacentes de frustration, rejet, peurs, angoisse… Et nombreuses sont les femmes qui vont se heurter à cette difficulté.

Du côté des parents

Cet appel que lance l’enfant à se mettre en adéquation maximale ébranle profondément sa mère. Cette puissante dépendance a pour effet de solliciter chez les proches de l’en­fant une écoute tout sens en éveil. Eton­nante ouverture qui bouleverse tant par l’émerveillement qu’elle procure que par le sentiment de fragilité, d’émotion à fleur de peau. Elle va aussi soulever un question­nement et un écho profond à l’histoire de chacun. La mère, le plus souvent, oscille entre des moments de profonde adéqua­tion, générant une relaxation maximale et un sentiment de grande puissance, voire de toute-puissance maternelle, et d’autres moments de profonde inadéquation. Ces moments-là sont des appels à la différence, des appels de l’enfant à se signifier autre. Une fois éludées les questions de la faim, de la soif, du change mouillé, de la douleur, du froid et du chaud… que reste-t-il de cette inadéquation à son appel ? Y a-t-il un espace possible où l’enfant est perçu comme un être à part entière, qui pose question pour laquelle on n’a pas toujours de réponse ? Lui laissera-t-on plus tard tisser avec le temps afin d’élaborer sa propre réponse ? Dans les moments de malaise manifeste et inexpliqué fait-on confiance à l’enfant pour s’expliquer mieux ?

Le père, lui, va être fortement sollicité par sa femme pour la contenir, l’empêcher de se sentir débordée par son questionnement.

Par les repères extérieurs qu’il apporte, en acceptant que, même si souvent elle « sait » pour son petit (et il sait apprécier cette compé­tence), là, en l’occurrence, elle ne sait plus, peut-être aura-t-il d’autres pistes de réponse à explorer, d’autres idées sur la question, une autre façon de porter l’enfant qui va peut- être se détendre dans ces bras différents. Il est essentiel que le père pose sa présence à l’enfant dans sa différence. Justement, il ne fera pas comme sa compagne ; il inventera ses modes à lui, qui vont rassurer la mère et l’enfant en ouvrant d’autres voies à la nécessité de l’adé­quation posée dans la relation mère-enfant.

Massage, portage et bercement

Massage

Le massage apporte un plus aux contacts corporels quotidiens car, en choisissant de toucher l’enfant de façon continue et régu­lière (sans surcharger une région et sans en omettre une autre), vous l’aiderez à sentir son enveloppe corporelle, à se sentir contenu dans son corps. Il favorise l’éveil sensoriel de l’enfant.

Vous ne pratiquerez de véritables massages qu’à partir du premier mois (nous en repar­lerons plus loin) mais, pour vous familiari­ser l’un et l’autre avec ce toucher, enduisez-le déjà d’huile de façon régulière, sur tout le corps et après chaque toilette. Sa peau, sou­vent sèche à la naissance, en tirera tout bénéfice.

Choisissez de préférence les huiles de noyau d’abricot, d’amande douce ou encore de calendula, mais il faut surtout que l’huile soit de première pression à froid et sans aucun additif.

Portage

Dans la façon de porter votre enfant, vous le préparerez à sa future position debéut. Mettez- le en contact avec son axe tête-bassin. Par les sensations de sa colonne vertébrale, vous l’aiderez ainsi à se situer dans cet axe vertical, en le tenant de manière à solliciter sa base. Soutenez-le en plaçant toujours – et dès les premiers jours – un appui sous ses fesses. L’autre main ne fera que rétablir l’équilibre en un contact de plus en plus léger. Vous évi­terez aussi de soutenir la tête de bébé, qui se redressera toute seule grâce à l’appui qu’il prendra dans la base de sa colonne vertébrale. Dans vos câlins, votre main posée sur le bas de son dos va nourrir sa base ; de même qu’il aimera, allongé sur le ventre, être balancé par les fesses.

Bercement

Dès tout petit, l’enfant aime être balancé ; cela stimule l’oreille interne et le centre

de l’équilibre. Les femmes qui portent leur enfant sur le dos et l’entraînent dans tous leurs mouvements corporels l’ont compris. Chez nous, l’enfant passe de longues heures immobile. Il aimait, dans votre ventre, ce bercement fréquent que provoquaient vos déplacements.

Alors pourquoi ne pas le bercer quand il le demande ? Bercez-le et bercez-vous les uns les autres !

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