Asthme : Le traitement en station climatique ou thermale


Le traitement de l’asthme en station climatique ou thermale consiste à séjourner, pendant quelques semaines ou plus, dans un lieu dont l’air ou les eaux sont réputés favorables aux voies respiratoires. Ce n’est jamais un traitement de fond à lui seul : il complète les médicaments prescrits et les mesures d’éviction des allergènes. Son intérêt principal concerne les asthmatiques allergiques, en particulier aux acariens.
Pourquoi l’altitude soulage les asthmatiques allergiques aux acariens
Les acariens de la poussière de maison se développent dans la chaleur et l’humidité. En altitude, l’air plus sec et plus frais leur est défavorable : leur nombre dans la literie et les logements diminue nettement. Un asthmatique sensibilisé aux acariens qui séjourne en montagne est donc moins exposé à l’allergène qui entretient l’inflammation de ses bronches.
Les observations faites dans les établissements d’altitude montrent souvent une diminution des symptômes et une amélioration de la fonction respiratoire au fil du séjour. Ce bénéfice illustre surtout l’importance de l’éviction des allergènes : il tend à s’estomper au retour dans un environnement chargé en acariens. En France, des villes comme Briançon ou Font-Romeu ont accueilli de longue date des établissements spécialisés.
Le thermalisme : une autre approche
La cure thermale repose sur les eaux de certaines sources, utilisées en inhalations, aérosols, gargarismes ou bains. Plusieurs stations françaises ont une orientation « voies respiratoires », comme La Bourboule ou Le Mont-Dore en Auvergne. La cure apporte aussi une éducation à la maladie, du repos et une coupure avec le milieu habituel.
En France, une cure thermale conventionnée est prescrite par un médecin et peut être prise en charge en partie par l’Assurance maladie, selon des conditions qui évoluent : il faut les vérifier avant de s’engager. Les preuves scientifiques de son efficacité dans l’asthme restent discutées, et la cure ne remplace jamais le traitement habituel.
Pour qui et dans quelles conditions
- Les asthmatiques allergiques aux acariens, chez qui l’éviction est difficile à obtenir à domicile.
- Les enfants dont l’asthme reste mal contrôlé malgré un traitement bien suivi : certaines maisons d’enfants à caractère sanitaire en altitude associent soins et scolarité, ce qui permet un séjour prolongé sans interrompre les études.
- Les adultes qui souhaitent mieux comprendre leur maladie grâce aux programmes d’éducation thérapeutique proposés sur place.
Certains asthmatiques s’interrogent sur un déménagement en altitude. C’est une décision lourde, qui doit tenir compte de la vie familiale et professionnelle, et que l’on gagne à mûrir avec son médecin.
Précautions et limites
Un asthme sévère ou instable, une autre maladie cardiaque ou respiratoire, ou une grossesse peuvent rendre un séjour en altitude déconseillé. Les allergies aux pollens ne sont pas forcément moins gênantes en montagne. Le traitement de fond et le traitement de la crise doivent être emportés et poursuivis pendant tout le séjour.
Le bénéfice psychologique n’est pas négligeable : quitter pour un temps un quotidien marqué par la maladie, rencontrer d’autres patients et retrouver confiance dans l’effort physique aide souvent à mieux vivre avec l’asthme. Avant toute démarche, il convient d’en parler avec son médecin traitant ou son pneumologue, seul à même de juger de l’intérêt d’un séjour climatique ou d’une cure.


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