Aller plus loin dans l’analyse des refus scolaires

> > Aller plus loin dans l’analyse des refus scolaires ; écrit le: 2 juillet 2013 par imen modifié le 18 mars 2015

Les classifications sont-elles utiles ?

Nous avons tenté de balayer les principaux diagnostics psychopathologiques qui peuvent déclencher, favoriser, expli­quer les comportements de refus scolaire. Nous avons vu leur multiplicité. Nous avons perçu le fréquent recouvrement ou inter pénétration entre plusieurs diagnostics psychopatholo­giques, l’interférence possible entre facteurs psychopatholo­giques et somatiques.
C’est pourquoi il est nécessaire d’aller plus loin devant une situation. Il faut aussi étudier les ressorts, les mécanismes qui conduisent au refus scolaire et à son maintien.
De plus, chaque enfant est unique, chaque situation scolaire est unique pour un enfant donné dont l’histoire transgénérationnelle est aussi unique.
Le débat n’est pas clos à propos de l’analyse de l’absen­téisme scolaire et même sur le concept de phobie scolaire. A ce propos, on ne peut passer sous silence l’article Phobie sco­laire : symptôme, entité spécifique, syncrétisme ou syndrome d’inadaptation ? de J.-L. Sudres (maître de conférence en psychologie), G. Brandibas (docteur en psychopathologie) et R. Fourasté (professeur de psychologie clinique et psychopa­thologie, psychiatre et psychanalyste), tous trois universitaires et psychologues cliniciens, qui n’adhèrent pas au « découpa­ge à l’anglo-saxonne » des symptômes. Ainsi, il ne leur paraît pas adapté de distinguer l’anxiété de séparation de la phobie de l’école, car cette distinction repose sur un seul facteur spatiotemporel ; le premier trouble correspond au départ de l’école et le second à l’arrivée sur les lieux. Ils s’interrogent sur le bien fondé de !’éradication du terme de phobie scolaire, car « l’école à la fois en tant qu’objet, moment existentiel, situa­tion ou encore institution, se syncrétise en élément phobogène singulier ». Pourtant, ces auteurs insistent, comme les auteurs anglosaxons, sur la nécessité d’une investigation médicopsychologique approfondie, tant sur le plan cognitif (apprentis­sages inclus) qu’affectif et socioculturel. Une telle approche holistique requiert l’expertise de praticiens de spécialités diffé­rentes (psychiatrie, psychologie, pédagogie, psychomotricité, orthophonie, sociologie), une exploration biopsychosociale du sujet et du milieu familial.
Ces auteurs proposent le terme et le concept de syndrome d’inadaptation scolaire qui recouvre : l’écart entre les normes intégrées par l’élève et celles attendues/prescrites par l’institution scolaire, l’inadaptation à la règle et/ou à la loi, la démobilisa­tion et le désengagement scolaires, les difficultés de relation à l’adulte, au groupe et au travail en tant que tel.
« Beaucoup plus holistique et dynamique, ce syndrome englobe la phobie scolaire, tout comme les autres troubles de la scolarité/scolarisation dans une perspective développementale et processuelle qui conduit à les penser (panser) autrement et hors d’une référence à des normes » disent-ils.
Pour notre part, nous poursuivons notre analyse à l’aide des données des classifications internationales utilisées jusqu’alors. C’est pourquoi nous nous reconnaissons dans l’approche de Kearney qui propose, au-delà des diagnostics psychopathologiques, l’analyse en terme de variables proximales et environnementales plus contextuelles qui conduisent à l’installation des comportements de refus scolaire.

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