Le refus scolaire : un fait de société au japon

> > Le refus scolaire : un fait de société au japon ; écrit le: 2 juillet 2013 par imen modifié le 18 mars 2015

Au Japon, le refus scolaire est en augmentation constante depuis 1960, tant dans les classes primaires que secondaires (Nishida). Mais un phénomène encore mal connu des psy­chiatres a fait son apparition chez nombre d’adolescents et de jeunes adultes de ce pays : le hikikomori (retrait social aigu). Un million de jeunes seraient concernés (environ 40 % âgés de 16 à 25 ans et 20 % de 25 à 30 ans dans une enquête sur 6151 cas ayant consulté dans des centres de santé publics, pendant un an) (d’après J. Watts).
Le hikikomori (aussi dénommé au Japon « adolescence infinie ») se définit comme une réclusion volontaire au domi­cile parental depuis au moins six mois avec abandon de toute activité sociale ou intellectuelle. Les jeunes concernés passent
de longues heures dans leur chambre devant Internet ou une console de jeux vidéos. Les repas et boissons leur sont appor­tés et certains ne sortent de leur chambre que la nuit, dans 1 ,appartement, quand le reste de la famille est endormi. La réclusion peut ainsi durer plusieurs années (jusqu’à dix ans, selon Watts), sans que les intéressés ou leurs parents ne consul­tent, de peur d’exposer, aux yeux de tous, leur dysfonctionne­ment. Il a fallu que les médias japonais dénoncent le problème pour que les autorités de l’État et les services de santé s’en emparent, essaient de le quantifier et de mieux le cerner.
Beaucoup de questions se posent sur ce comportement apparenté à la dépression, à l’agoraphobie, à la phobie sociale, à I addiction comportementale et à la schizophrénie. Les crimes effectués par quelques jeunes reclus interrogent également sur les liens unissant hikikomori et violence.
Cependant, en l’absence d’études psychopathologiques de ces individus (chez lesquels on peut imaginer que les troubles sont diversifiés), une place est laissée aux interpréta­tions sociologiques du phénomène. Watts propose ainsi de considérer le hikikomori comme la fuite d’une société confor­miste, exigeant l’adhésion aux valeurs traditionnelles, notam­ment l’obligation d’assumer la charge des parents âgés.
Le hikikomori, réclusion volontaire et chronique, pourrait s’interpréter comme un essai d’échapper à une société in sécurisante et pesante.
Loin de concerner seulement le Japon, le problème pour­rait s’étendre à d’autres continents et à d’autres cultures.

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