Anatomie pathologique de l'invagination intestinale aigue
L’anatomie pathologique de l’invagination intestinale aiguë décrit le « boudin d’invagination » : un segment d’intestin pénètre dans le segment qui lui fait suite, à la manière d’un doigt de gant retourné, et entraîne avec lui son mésentère et ses vaisseaux. Cette lésion explique à la fois les signes de l’occlusion et le risque de souffrance de la paroi intestinale. L’invagination survient surtout chez le nourrisson, mais elle existe aussi chez l’adulte.
Le boudin d’invagination
Dans sa forme la plus simple, le boudin comporte trois cylindres emboîtés : un cylindre interne et un cylindre moyen, qui appartiennent à l’intestin invaginé, et un cylindre externe formé par l’intestin récepteur. On y reconnaît :
- la tête ou apex : la portion la plus avancée de l’intestin invaginé, qui progresse dans le sens du péristaltisme ;
- le collet : la zone annulaire où l’intestin invaginé pénètre dans l’intestin récepteur, et où se produit l’étranglement des vaisseaux du mésentère ;
- la gaine : la tunique externe, qui enveloppe le segment invaginé.
Au cours de la progression, une invagination peut s’invaginer à son tour : le nombre de tuniques augmente alors en restant impair (cinq, sept…).
Les principales formes
On nomme l’invagination d’après les segments concernés. Chez l’enfant, la forme iléo-colique, où la fin de l’iléon pénètre dans le côlon à travers la valvule iléo-cæcale, est de loin la plus fréquente. Il existe aussi des formes iléo-iléales, colo-coliques ou jéjuno-jéjunales.
Pourquoi l’intestin s’invagine
Chez le nourrisson, l’invagination est le plus souvent dite idiopathique : aucune lésion n’est retrouvée, mais on incrimine un épaississement des formations lymphoïdes de la paroi (plaques de Peyer), souvent après une infection virale, qui sert de point d’appel. Chez l’enfant plus grand et surtout chez l’adulte, on retrouve plus souvent une lésion organique : diverticule de Meckel, polype, tumeur bénigne ou maligne, ce qui impose de rechercher une cause.
Les lésions de la paroi
L’étranglement des vaisseaux au niveau du collet gêne d’abord le retour veineux : la paroi du segment invaginé devient congestive et œdémateuse, et la muqueuse saigne, ce qui explique les selles sanglantes mêlées de glaire décrites chez le nourrisson. Si la compression se prolonge, l’apport artériel est compromis à son tour : apparaissent ischémie, puis nécrose de la paroi, avec un risque de perforation et de péritonite. C’est pourquoi l’invagination est une urgence.
Correspondance avec l’imagerie et le traitement
La structure en cylindres emboîtés se retrouve à l’échographie, examen de référence chez l’enfant : en coupe transversale, le boudin donne une image en cocarde (ou en cible) ; en coupe longitudinale, une image en « pseudo-rein ». Chez l’enfant, la désinvagination est souvent obtenue par un lavement sous contrôle de l’imagerie, à l’air ou à l’eau ; la chirurgie est nécessaire en cas d’échec, de perforation ou de nécrose, l’intestin non viable devant alors être réséqué. L’examen de la pièce opératoire précise l’état de la paroi et recherche une éventuelle cause tumorale.



vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter