Pourquoi s’évanouit-on ?: pourquoi on s'évanouit

> > Pourquoi s’évanouit-on ? ; écrit le: 18 février 2013 par imen modifié le 1 mai 2019

Prenez garde, si vous bâillez, avez des nausées, si vous transpirez, si votre respiration s’accélère soudainement, que votre cœur se met à battre plus vite et que vous voyez, dans une glace, vos pupilles se dilater: dirigez-vous alors prestement vers un fauteuil car vous allez vous évanouir! Quand vous reviendrez à vous, vous aurez sans doute mal à la tête et n’aurez qu’une envie, celle de vous allonger. Et vous vous interrogerez sur la raison de cette syncope.

Les médecins définissent l’évanouissement comme une brusque « anoxie cérébrale ». Autrement dit, le taux d’oxy­gène baisse soudainement dans le cerveau. Quelle en est la raison? La circulation sanguine dans le cerveau dimi­nue tout d’un coup, et c’est le cœur qui en est la cause. Or, celui-ci est commandé par deux nerfs antagonistes. L’un, le nerf vague, ou pneumogastrique, ou encore nerf X, a pour fonction de ralentir le cœur. L’autre, le nerf sym­pathique, fait exactement l’inverse. Si le cœur ralentit trop par rapport à ce qui est physiologiquement acceptable, le nerf vague est inhibé, alors que son pendant est activé. Si le cœur s’emballe, en revanche, c’est le nerf vague qui est activé, tandis que l’autre est réprimé. La tension san­guine est donc réglée par un équilibre entre deux types de nerfs antagonistes, constitutifs du système nerveux

végétatif, et reliés à des régions différentes de la moelle épinière.

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Lors de la syncope classique, banale, appelée aussi malaise vagal, l’équilibre est rompu dans le sens d’une répression du nerf sympathique. Non seulement la tension chute immédiatement (le nerf sympathique est inhibé), mais les battements du cœur sont ralentis (le nerf vague est activé).

L’évanouissement peut aussi provenir du mauvais fonc­tionnement du sinus carotidien ou d’une pression inhabi­tuelle exercée sur lui, aussi incidemment, par exemple, que dans ce terrifiant « jeu du foulard » que certains enfants se sont plu à inventer.

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Le sang est acheminé vers le cerveau par l’artère caro­tide. Celle-ci se divise en deux branches, les carotides interne et externe, puis en de multiples vaisseaux de plus petit gabarit. Or, au niveau du sinus carotidien – situé sur le glomus carotidien, portion enflée de l’artère juste avant sa division -, se trouve un grand nombre de « baroré­cepteurs ». Ce sont des terminaisons nerveuses, sensibles aux déformations des parois de l’artère et liées aux varia­tions de pression (haro) du sang.

Les barorécepteurs ont pour fonction de mesurer en permanence l’écart entre les pressions réelle et d’équi­libre, exprimant la tension artérielle moyenne. Ces récep­teurs sont par ailleurs raccordés à des chémorécepteurs intégrés au glomus carotidien. Le rôle de ces derniers consiste à analyser la chimie (chémo) du sang, en parti­culier les taux de C02 et d’02. Chémo et barorécepteurs sont reliés au nerf d’Hering, lui-même en communication avec le bulbe rachidien, d’où part le nerf vague.

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Si la pression monte brutalement (passage du rasoir sur la carotide), ou que le taux d’oxygène baisse lentement mais sûrement (serrement progressif du foulard), le nerf d’Hering commande au cœur, via le nerf vague, de battre moins vite afin de faire baisser la tension. La fréquence des signaux est notamment proportionnelle à la pression arté­rielle au niveau du glomus carotidien et à sa vitesse de variation. L’évanouissement peut alors survenir: c’est une protection du cerveau qui, face à un danger mortel, se met momentanément hors tension, le temps de reprendre les commandes.

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