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Migraine : le casse-tête - C'est Savoir.fr

Migraine : le casse-tête

> > Migraine : le casse-tête ; écrit le: 6 février 2012 par admin

On parle de « la Migraine » comme d’une manifestation maléfique, comme on disait jadis « la Peste ». C’est la marque des calamités redoutées, et pour cause. La migraine tour­mente plus de 5 millions de Français. Elle frappe trois fois plus souvent les femmes que les hommes, tout particulière­ment entre 30 et 40 ans. Mais elle persiste fréquemment, bien au-delà, même après 80 ans.

En fait, « la » migraine n’existe pas, ou plutôt, elle a plu­sieurs visages. Aussi mieux vaut parler « DES » migraines.

On en dénombre plus d’une douzaine, regroupées sous le nom de « céphalées », nom savant des maux de tête. On parle alors des céphalées de tension associées à des perturbations des muscles crâniens, des céphalées consécutives à un trau­matisme, des céphalées liées au froid ou à l’effort, aux troubles de la circulation sanguine, aux intoxications à l’alcool ou aux médicaments, ou même des céphalées d’alti­tude… Bref, les médecins y perdent leur latin et les malades, qui supportent mal leur douleur, se révoltent souvent devant l’impression d’impuissance que leur donne leur médecin.

Pourtant des milliers de chercheurs à travers le monde tentent de mieux comprendre la nature de la maladie et de lui trouver un remède, tâche d’autant plus difficile que les fac­teurs déclenchant ces maux de tête varient d’un individu à l’autre. Quantité de causes possibles ont été évoquées, depuis le chocolat jusqu’au vin blanc, en passant par le stress, l’insomnie et la dépression.

Mais il y a une chose qui inquiète les migraineux, au moins autant que leur migraine, c’est que de nombreux médecins ne prennent pas leur mal au sérieux, se conlenl.ml trop souvent de masquer leur embarras derrière des formules vagues du genre : « Ce n’est rien, ça passera tout seul, c’esl nerveux ! » Parfois, le médecin se débarrasse du migraineux en lui prescrivant un médicament dont il connaît la totale inefficacité. Alors, que faire ?

D’abord s’adresser à un praticien compétent. Il existe maintenant des services hospitaliers orientés vers le traile ment des migraineux. Des consultations spécialisées ont élé créées dans de grands hôpitaux parisiens (Necker, Pitié Salpêtrière, Rothschild, Saint-Antoine, Tenon), et aussi en province (à l’hôpital Pellerin de Bordeaux et à l’hôpital Rangueil de Toulouse). D’autres sont en voie de création.

Ensuite, pour aider le médecin dans son diagnostic il faut s’habituer à en décrire les symptômes. Les crises sont parfois annoncées, plusieurs heures ou plusieurs jours à l’avance, par des modifications de l’appétit, du sommeil, une sensation de fatigue ou même d’euphorie. La douleur s’installe pro gressivement, soit au-dessus de l’œil, soit en barre au niveau du front, soit dans la partie postérieure du crâne. Cette dou­leur augmente souvent avec l’effort, par exemple en montant un escalier. Elle peut s’accompagner de nausées. Il arrive que la migraine soit associée à des troubles visuels ou à des fourmillements touchant la main ou la lèvre. Il faut apprendre à noter ces signes pour en faire part lors de la consultation.

Enfin, et surtout, comment soigner les migraines ? Il est aujourd’hui admis que l’on ne sait pas encore guérir définiti­vement tous les maux de tête. Mais il est possible de soulager presque tous les migraineux. Or, près d’un malade sur deux ne consulte pas, persuadé que l’on ne peut rien pour lui. C’est faux. Il existe des traitements, en particulier des antalgiques visant à calmer la douleur, mais aussi des traitements de fond : médicaments à base d’ergotamine, bêta-bloqueurs, anti-inflammatoires… Mais voici qu’une nouvelle molécule est sortie des laboratoires, le sumatriptan, qui soulage déjà 80 % des migraineux britanniques, à condition qu’ils souffrent d’une authentique migraine et non de céphalées de tension. Ce médicament n’est pas encore l’arme absolue. Il reste inaclil’sur 15 % des patients, mais il constitue incontestable- ment une avancée spectaculaire. Sa commercialisation a longtemps été retardée sur le marché français, non pas qu’il y ail des doutes sur son efficacité, mais en raison de son prix et de ses répercussions sur les finances de la Sécurité sociale, l u effet, chaque comprimé de ce produit coûte environ 70 francs, et l’injection par piqûre, nécessaire au traitement d’une crise, avoisine 200 francs, somme que n’importe quel migraineux serait prêt à payer bien volontiers de sa poche, pour être enfin libéré de son horrible mal.

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