Maîtrise du stress

> > Maîtrise du stress ; écrit le: 26 mai 2012 par najla modifié le 19 mars 2015

La forme même du déficit de  l’attention

Si on a toujours associé les deux pathologies, c’est parce que ces enfants présentaient tous des problèmes sur le plan de l’attention. Or il est maintenant clair qu’il s’agit de deux situations différentes. Les hyperactifs ont de la difficulté à soutenir leur attention. Les lunati­ques (comme je les appellerai désormais) ont de la difficulté & focali­ser leur attention, à se concentrer. Dans le premier cas, l’attention de l’enfant peut être très bonne au début et c’est avec le temps qu’elle diminue et qu’il faut la soutenir. Dans le deuxième cas, c’est dès le début de la tâche que le défaut d’attention apparaît.

La distribution selon le sexe de l’enfant

Alors que les hyperactifs sont majoritairement des garçons, les lunatiques, par contre, se retrouvent aussi souvent parmi les filles que parmi les garçons. Il est évident que les groupes étudiés sont plus restreints, mais jusqu’à maintenant, aucune différence de fré­quence entre les deux sexes n’a été constatée. Tout comme on ignore pourquoi il y a plus de garçons hyperactifs, on ne sait pas non plus pourquoi les lunatiques se répartissent à peu près également. Ce ne sont que des constatations statistiques.

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La zone du cerveau affectée n’est pas la même

Les lunatiques souffrent des conséquences d’un ralentisse­ment dans une région du cerveau dont le rôle serait lié à la coordination entre les diverses zones du cerveau. Prenons un exemple: si je regarde un objet, j’utilise la zone qui contrôle la vision et qui est située dans la région occipitale. Si je bouge ma main, j’utilise la zone qui s’occupe du mouvement et qui est située dans le lobe frontal. Mais si je décide de ramasser cet objet que je vois, il faut que je coordonne les renseignements perçus par mon œil avec le contrôle moteur de ma main. La coordination entre les deux parties de mon cerveau que j’utilise fait appel à une troisième zone située dans le lobe temporal. C’est cette zone qui serait atteinte dans le cas du lunatique.

Le ralentissement serait dû, comme c’est le cas chez les hyperactifs, à une difficulté à sécréter un neurotransmetteur. On croit que le neurotransmetteur déficient chez le lunatique serait la noradrénaline et non pas la dopamine comme chez les hyper­actifs. Cette distinction n’a pas de conséquence clinique actuel­lement, les médicaments utilisés présentement agissant aussi bien sur les deux neurotransmetteurs. Cela pourrait prendre de l’importance dans l’avenir, si des médicaments plus spécifiques deviennent disponibles.

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La différence de localisation du ralentissement cérébral explique la plupart des différences cliniques entre les deux types d’enfants. Comme il n’y pas de manque de contrôle, il n’y a pas d’hyperactivité ni d’impulsivité. Comme il y a manque de coor­dination, il y a de la lenteur et des problèmes de concentration. Et il est possible que plusieurs autres troubles spécifiques d’apprentissage, sans déficit de l’attention, proviennent aussi d’une atteinte d’une zone de coordination ou d’une autre région du cerveau. Nous devrions en apprendre plus à ce sujet dans l’avenir.

Il est évident qu’il reste encore beaucoup de recherches à faire pour préciser davantage toutes ces notions. Retenons pour le moment que les deux, l’hyperactif et le lunatique, sont des enfants très différents, qu’il faudra traiter différemment, même si, comme pour compliquer le tout, il existe des enfants qui pré­sentent les deux déficiences. Je ne sais pas combien il s’en trouve ni à quelle fréquence, mais je sais qu’ils existent, j’en connais plusieurs.

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