L’ostéopathie : Techniques et traitements

> > L’ostéopathie : Techniques et traitements ; écrit le: 15 mars 2012 par lamia

Le praticien, qui a effectué son bilan ostéopathique, peut émettre un diagnostic. Il élabore donc le traitement approprié à chaque individu, porteur de ses propres lésions possédant chacune une histoire différente et, par le biais de techniques purement manuelles, tente de rétablir le précieux phénomène d’homéostasie. Comme pour la pratique diagnostique, les techniques thérapeutiques sont différentes selon le praticien – qui n’en pas moins un individu – et la région à soigner. Le point commun de toutes ces techniques sans effets secondaires s’apparente à la relance de la machinerie humaine. Plusieurs techniques complémentaires pourront être utilises afin de normaliser la lésion.

Le thrust ostéopatique ou techniques structurelles

Ce sont les plus connues du public. Elles correspondent a une manipulation ponctuelle et rapide, de faible amplitude intéressant principalement les articulations bloquées
qui entravent le mouvement. Ces techniques respectent les axes physiologiques des articulations, sans jamais forcer. Elles agissent à l’endroit même où siège la lésion ; on ne les utilise pas sur les charnières crâniennes : d’autres techniques bien spécifiques sont plus appropriées.Le patient est préalablement mis en confiance par le thérapeute. Puis celui-ci bloque les autres articulations afin il Concerner son geste précisément sur la lésion concernée pour supprimer les tensions. Il se sert pour cela des membres el de la colonne vertébrale, représentant des leviers naturels, et de la respiration du sujet, soutenant son action.La manipulationest souvent accompagnée d’un bruit de craquement, résultant de la libération des articulations Ce phénomène n’est pas systématique, mais son absence n’induit pas que l’opération, impressionnante mais sans danger, a échoué. Le patient ne doit pas ressentir de don leur ; au pis, il éprouve une sensation gênante d’étirement . En général, le soulagement survient dans les heures ou les jours qui suivent mais, parfois, il faut patienter plus longtemps ; une aggravation de la douleur peut également apparaître : il ne faut pas s’en inquiéter, elle correspond a une action efficace sur des lésions installées en voie de normalisation. Ces techniques sont déconseillées aux personnes âgées fragilisées ainsi qu’aux enfants et aux âmes sensibles… aux craquements.

Les techniques musculaire

Le patient s’installe en position de correction et contrat’le ses muscles contre résistance, c’est-à-dire qu’il pousse contre la main du thérapeute.
Celui-ci exploite alors la période de relâchement musculaire pour gagner en amplitude par déblocage île la lésion. Cette technique est adaptée lorsqu’il y a contracture des muscles ou bien inflammation des tissus en phase aiguë. Elle est également utile pour normaliser les articulations des vertèbres.

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Les techniques par exagération lésionnelle

Elles amènent le thérapeute à aller dans le sens de la lésion, en maintenant l’articulation dans la position où li patient n’éprouve pas de douleur. Par le biais de sa main, il exerce un maintien à peine perceptible afin que les tissus, qui ont gardé la mémoire du traumatisme, puissent recouvrer leur état initial . A l’issue de la séance, le patient a retrouvé ses facultés de mouvement, l’articulation est normalisée et la douleur disparaît. Le patient peut ressentir des sensations rythmiques, de chaleur et de bien-être, caractéristiques de la relance du phénomène d’homéostasie.

Les techniques de positionnement

Il s’agit de repérer une zone précise vulnérable au loucher et située à distance de la lésion ostéopathique. le thérapeute presse ce point sensible en agissant parallèlement sur l’articulation impliquée : lorsqu’il a décelé le point de non-douleur, il conserve cette attitude durant une à deux minutes avant de replacer l’arttculation dans sa position initiale.

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Les techniques pour les organes et les viscères

Les organes et les viscères ne ballottent pas librement à l’intérieur du corps ; ils sont entourés par les lascias, gaine naturelle de maintien et voie de communication, et bercés par le mouvement du muscle du diaphragme qui bouge lors de la respiration, soit environ neuf cents fois par heure, facilitant les échanges rôle bon positionnement de chaque élément.Il suffit que cet équilibre soit perturbé par un événe ment externe ou interne de l’organisme pour que des troubles apparaissent : ptôse (c’est-à-dire descente) d’organes entraînant d’autres conséquences sur les organes voisins, perte de mobilité, infections.Ainsi, une antéversion utérine pourra engendrer des troubles urinaires, car l’utérus vient s’appuyer contre la vessie, perturbant le fonctionnement de cette dernière. Plusieurs troubles peuvent être apparus.

La ptôse des organes

Le thérapeute visera à corriger la « chute » de l’organe en lui rendant sa mobilité naturelle par manipulation directe, externe ou interne (vaginale ou anale). L’organe est ainsi « replacé » et ne vient plus entraver le bon fonctionnement des organes voisins.

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Les spasmes

Des spasmes peuvent également nuire aux fonctions essentielles des organes et des viscères. On utilisera ici des techniques directes sur les viscères.

Les adhérences entre les viscères

Les organes et les viscères, légèrement déplacés, sont parfois comprimés et gênés dans leurs fonctions : la circulation sanguine et nerveuse se fait plus difficilement, le thérapeute veille à éliminer cette adhérence et à faire en sorte que chaque élément recouvre une position adaptée.

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L’ équilibre entre les trois diaphragmes

Rétablir l’harmonie entre les trois diaphragmes de l’organisine permet, dans certains cas, des résultats spectaculaires. Il est bon de savoir que trois parois de l’organisme font ni lue de diaphragme, séparant ainsi le corps en trois parlas le bas-ventre (diaphragme pelvien), le thorax (diagragme thoraco-abdominal, en fait le plus connu de tous), et la tête (diaphragme céphalique, appelé aussi tente du cervelet à cause de sa forme qui semble capu chonner le cervelet).

Le diaphragme pelvien

Il est constitué en grande partie par les muscles du périnée.Son rôle est de maintenir les organes et les viscères du petit bassin en bonne place. Il est à surveiller tout particulièrement chez la femme après l’accouchement, au moment de la ménopause…

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Le diaphragme thoraco-abdominal

Il s’agit d’un muscle situé entre l’abdomen et la cage thoracique, et qui joue de nombreux rôles :
– il influence la fonction respiratoire ;
– il agit dans la circulation sanguine et lymphatique des membres inférieurs ;
– il aide activement la digestion grâce à son action sur l’estomac et la sphère digestive.

Le diaphragme céphalique

Il s’agit d’une membrane faisant office de « rempart » entre le cerveau et le cervelet.Son rôle est de maintenir l’équilibre des tensions intra-crâniennes. Ces trois diaphragmes sont reliés entre eux, deux à deux, par l’intermédiaire des fascias. Lorsqu’un élément vient entraver le bon fonctionnement de l’un, les autres en subissent les conséquences. Le corps pourra, grâce au phénomène d’homéostasie, rétablir l’équilibre, mais si l’organisme est momentanément affaibli ou la disharmonie entre les diaphragmes importante, le corps pourra signaler l’anomalie sous forme d’une fatigue exagérée ou d’une autre perturbation.

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Les techniques de traitement par les fascias

Nous évoquerons ici les deux procédés les plus utilisés dans ces techniques.

L’écoute

Les fascias renseignent, nous l’avons vu, sur la circulation des mouvements des liquides du corps. Leur écoute permet de normaliser une circulation devenue difficile. Le rôle de l’ostéopathe est de restaurer l’harmonie et le libre échange liquidien par le seul biais de sa main qui suit, accompagne les fascias jusqu’au point d’équilibre : le fulcrum.

Le fulcrum

Le fulcrum est le point précis où les fascias trouvent leur équilibre. Ce point d’équilibre se déplace sous l’influence des lésions et des tensions. Le but de l’ostéopathe est de retrouver les fulcrums successifs, en voyageant de lésion en lésion, jusqu’à la lésion originelle.

Les techniques cranio-sacrées

La thérapie cranio-sacrée a pour but essentiel de relancer le MRP, source de vie et d’équilibre. Nous rappellerons ici que ce MRP est perceptible dans toutes les parties du corps, des pieds à la tête, grâce aux échanges liquidiens et aux fascias. Parmi ces fascias, certains ont une importance particulière ; la membrane dure-mérienne, par exem
ple, dont le mouvement est intimement lié à celui des os du crâne. Afin de normaliser les lésions qui y sont liées, le thérapeute s’attachera à éliminer les tensions exercées sur ces tissus, génératrices de troubles.

Relance du MRP

On voit parfois arriver chez le praticien des personnes en proie à des lésions tellement anciennes et importantes que le rythme du MRP a totalement disparu de l’organisme. Il s’agit donc de restaurer au plus vite ce mouvement de vie. Il existe un point au cœur de la boule crânienne qui se trouve à l’intersection des voies essentielles. Ce point s’appelle symphyse sphéno-basiliaire (SSB). Si le mouvement des articulations situées en cette zone primortiale est entravé, le MRP s’en trouve perturbé. Le thérapeute libère donc le mouvement infime de ces sutures, afin de restituer le rythme vital dans l’ensemble du corps . cette pratique permet au patient de recouvrer bien-être et équilibre. De même, le phénomène d’homéostasie est relancé.

La compression du quatrième ventricule

Elle correspond à une aide précieuse vers la guérison, MM procédé efficace pour relancer les phénomènes d’au-lodéfense et d’autoréparation, en intervenant sur la flucluation du LCR. La circulation énergétique, la nutrition des cellules, l’élimination des déchets recouvrent la normale. Cette technique est employée pour combattre l’œdème, l’inflammation, l’infection, mais également pour donner un « coup de bonheur » aux patients.

Le V spread

Il s’agit de former, de deux doigts d’une main, un V (comme le V de la victoire, les oreilles de lapin) tandis qu’un doigt de l’autre main fait office de pistolet chargé en cartouches d’énergie. Le V est apposé sur le point où siège la douleur, tandis que le pistolet, pointé du côté opposé, envoie ses ondes énergétiques. On maintient cette position jusqu’à la libération de la suture, c’est-à-dire entre une et dix minutes.

Contre-indications

Les techniques ostéopathiques détiennent cet avantage qu’elles restent assez nombreuses et variées pour s’adapter à toutes les lésions – ou peu s’en faut. En effet, le champ de manœuvres est tel que l’on trouve, dans la plupart des cas, celle qui conviendra à la lésion générant le trouble. Permettant la relance du système d’homéostasie, elle offre à l’organisme de recouvrer rapidement santé et mouve-ment. Pourtant, cette science possède ses limites et ses (rares) contre-indications, qu’il est bon au patient de connaître, et que l’ostéopathe compétent ne s’avisera jamais de franchir. Nous pouvons en citer quelques-unes à titre indicatif.
• Lorsqu’une autre thérapie paraît plus adaptée au moment et à la cause pathologique.
• Si le consultant souffre de décalcification ou de déminéra1isation, il est évident que le thérapeute ne pratiquera pas de thrust.
• S’il est en crise aiguë, consulte en urgence, il s’agira de soulager rapidement, pour aller ensuite, lors des séances qui suivront, dans le sens d’une thérapie plus approfondie.
• S’il est affaibli par la maladie et ne possède pas l’énergie nécessaire pour restaurer les fonctions du phénomène d’homéostasie.
• S’il vient de subir une intervention chirurgicale : l’ostéopathe attendra que les tissus se remettent du traumatisme.
• S’il y a port de prothèses dentaires mal adaptées, le patient retournera chez l’orthodontiste avant de revenir se faire manipuler.
• Si, chez la femme, il y a port de stérilet, le praticien pourra ne pas intervenir sur la sphère uro-génitale.
• Si le voile n’est pas levé sur un choc récent (suspicion de fracture, de foulure).
• En cas de pathologie vasculaire, cervicale.
• En cas de tumeur osseuse, d’infection osseuse, d’ostéoporose, d’arthrose évoluée, de rhumatismes inflam-matoires, de polyarthrite.
• Et, pour finir, si vous n’avez pas confiance et que les techniques utilisées vous paraissent trop brutales et douloureuses : c’est à l’évidence que vous avez affaire à tout sauf à un ostéopathe.
En dehors de ces cas particuliers, elle peut agir sur la plupart des troubles des structures et des fonctions. Dans toutes les circonstances, un seul mot d’ordre : ne pas lais ser la lésion s’installer, mais consulter régulièremenl, même à titre préventif.

Les limites de l’ostéopathie

II est exact que, dans beaucoup de cas, l’ostéopathie permet de se soigner sans avoir recours à des traitements médicamenteux. Mais cette science n’a pas la prétention de tout guérir. L’ostéopathe compétent connaît les limites de son art. Il peut conseiller à son patient de subir des exa mens et analyses médicales approfondies, voire de consulter son médecin si la pathologie à traiter n’apparaît pas de son ressort. Dans certains cas, il permet de déceler des pathologies jusqu’alors insoupçonnées mais sérieuses l’ostéopathe se contente de le signaler au patient, éventuellement de l’orienter vers une spécialité médicale adaptée.
Pour quelques pathologies graves (cancer, sclérose en plaques), l’art ostéopathique permet à l’organisme de combattre plus efficacement la maladie, parallèlement aux traitements traditionnels (chimiothérapie), en dehors toutefois des périodes de crise ou d’évolution aiguë de la maladie. Il peut également contribuer à améliorer le développement et l’équilibre des enfants handicapés ou trisomiques, sans bien sûr traiter à la racine du problème, souvent irrémédiable.

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