L’humeur dysphorique

> > L’humeur dysphorique ; écrit le: 29 juin 2013 par imen modifié le 19 mars 2015

L’humeur dysphorique, à la base même de la dépression sous la forme d’une tristesse majeure, persistante, envahissante, est souvent facilement exprimée par l’adulte, alors qu’elle doit souvent être repérée par des signes indirects chez l’enfant ou adolescent.
En effet, souvent l’enfant n’exprime pas sa tristesse, et : est sur sa mimique pauvre, son regard éteint, la rareté de son rire et de son sourire que l’on suspecte la dysphorie. Le repli sur soi, la voix chuchotée, l’apparence craintive, le manque de bruit peuvent aussi attirer l’attention.

Les pleurs sont à considérer avec attention et prudence ; il est surtout utile de repérer le changement dans le comporte­ment de pleurs. En effet, une fille ou un garçon qui ne pleure jamais ou presque, qui a l’habitude de « serrer les dents » lors des épreuves de la vie (les mauvaises notes, les vaccinations, les réprimandes des parents) devra à juste titre inquiéter son entourage s’il se met à pleurer beaucoup, parfois sans raison, et de façon répétitive.
En revanche, ce n’est pas parce qu’un enfant pleure qu’il est déprimé, car certains enfants ont l’habitude d’employer les pleurs dans leur vie quotidienne, parfois pour obtenir telle ou telle gratification. Il faut donc étudier les pleurs en parallèle avec les autres symptômes, et comparer leur fréquence avec leur fréquence antérieure.
Plus dissimulée, mais très importante à considérer, est la douleur morale. Ce sentiment de souffrance psychique est parfois intolérable, comme chez Tiphaine, et la plupart des déprimés le décrivent comme beaucoup plus terrible que la douleur physique.
L’humeur dépressive est parfois remplacée chez l’enfant par des manifestations d’irritabilité et des colères qui peuvent à tort faire passer l’enfant déprimé pour un caractériel, un enfant difficile…
Le sentiment de vide, d’ennui, le désintérêt pour les acti­vités habituelles, non seulement les activités scolaires et fami­liales que l’on pourrait considérer comme des contraintes, mais aussi pour les activités agréables de loisir.
C’est ainsi que l’enfant ou l’adolescent paraît désinvestir les activités scolaires, et l’on voit ses notes baisser avec en parallèle les remarques sur le bulletin scolaire : « Ressaisissez- vous, si vous continuez ainsi le redoublement est prévisible. A quoi pensez-vous, que faites-vous en cours ? ».

En fait, l’enfant désinvestit tout autant les activités extra scolaires ; progressivement, il n’a plus envie de voir ses copains, n’a plus envie d’aller au foot, au tennis ou au concert rock… Il n’éprouve plus de plaisir au contact des autres, et trouve des excuses pour se replier chez lui, s’isoler dans sa
chambre…
La recherche de la solitude, du calme, du silence peut le conduire au repli social complet, et au refus scolaire total. Le sujet devient peu à peu clinophile, passant ses journées entre la télévision, qu’il regarde passivement, et son lit.
La mauvaise estime de soi est un signe important de la dépression du jeune et plus constante que chez l’adulte : l’en­fant se décrit en termes essentiellement négatifs : je suis nul, je suis mauvais, méchant…
Cette faible estime de soi est souvent complétée par une culpabilité exagérée et/ou pathologique : « tout ce qui ne va pas est de ma faute, si ma grand-mère est morte c’est de ma faute, si mes parents se disputent c’est à cause de moi ».

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