Le trouble des conduites

> > Le trouble des conduites ; écrit le: 30 juin 2013 par imen modifié le 19 mars 2015

Tristan, 10 ans, a été renvoyé de sa colonie de vacances car il a mis le feu à la tente de ses copains. Sa mère l’amène en disant « qu’est-ce que je vais en faire ? ». Depuis le CP, j’ai dû le changer trois fois d’école, car il répond aux institu­teurs, il a fait l’école buissonnière, il a racketté une fillette, et j’ai dû le récupérer au commissariat car il avait volé un disque ».
jessica, 13 ans, vit en foyer éducatif ; elle ne connaît pas son père, et sa mère vit dans une grande précarité. Elle consomme différentes drogues, fume, boit et sa fréquentation scolaire est épisodique.

Une conduite se définit comme une manière d’agir et de se comporter incluant une certaine connotation morale. Le terme de « trouble des conduites » exprime un comportement dans lequel sont transgressées les règles sociales. Ce trouble se situe donc à l’interface et à l’intersection de la psychiatrie, du domaine social et de la justice.
Ces enfants ou adolescents se singularisent par de nombreux comportements qui transgressent les limites sociales : fugues, vols , actes de destruction des biens, agressions physique et verbale envers les autres, et tout particulièrement absentéisme scolaire. La marginalisation, la délinquance, les contacts avec la justice vont en résulter.
Le trouble des conduites est un ensemble de conduites, répétitives et persistantes, dans lequel sont bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles sociales correspondant à l’âge du sujet, comme en témoignent la présence d’au moins trois symptômes au cours des douze derniers mois, et d au moins un au cours des six derniers mois ».

Deux spécifications sont envisagées en fonction de l’âge du sujet et de la sévérité du trouble. On distingue deux sous- types selon l’âge : le trouble débutant avant l’âge de 10 ans et celui débutant après l’âge de 10 ans. Ces deux sous-types se différencient par la symptomatologie, l’évolution, la répartition selon le sexe, et la comorbidité. La sévérité du trouble est appréciée en trois niveaux : bas, moyen, élevé.
Les classifications ne spécifient pas de différences entre les filles et les garçons, or les symptômes décrits correspondent plus aux garçons qu’aux filles. Certains auteurs proposent le statut pubertaire (à la place des 10 ans) pour définir formes précoces et tardives ; chez les filles, le type à début tardif se singularise par les troubles du comportement sexuel, les gros­sesses précoces et les états dépressifs.
Dans les études portant sur des populations ayant commis des actes de délinquance, la prévalence du trouble des conduites est de 30 à 60 % chez les garçons ; elle serait équi­valente chez les filles.

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