La symptomatologie classique : Les refus scolaires avec troubles émotionnels

> > La symptomatologie classique : Les refus scolaires avec troubles émotionnels ; écrit le: 29 juin 2013 par imen modifié le 19 mars 2015

« Mon fils Kylian, né en 1 996, a développé une phobie scolaire depuis plusieurs années déjà, mais depuis quelques semaines ses angoisses sont incontrôlables. Il lui est de plus en plus difficile pour lui d’aller à l’école, ses absences sont de plus en plus rapprochées, et quand je le force à y aller, le collège me rappelle pour que je vienne le chercher parce qu’il est malade. Son angoisse à l’école l’empêche de dor­mir, lui provoque des maux de tête, de ventre et des nausées. »
Ce tableau clinique, qui est le tableau de la traditionnelle phobie scolaire, atteint 1 à 5 % des enfants scolarisés, chez les filles comme chez les garçons.

Il peut survenir à tout âge, mais il existe des âges clés : 5-6 ,10 et 11 ans, et cela sans différence socio-économique. Le début peut être brutal surtout chez les plus jeunes.
•        La scolarisation en maternelle ou au Cours Préparatoire se passe mal.
L’enfant s’agrippe à sa mère, pleure, sanglote et l’ensei­gnant ne parvient pas à le calmer ni à l’intéresser. Dans la cour de recréation l’enfant reste seul, dans un coin, les yeux rivés sur la porte. Il ne se lie pas avec les autres enfants, il paraît désespéré et rien ne le distrait de son malaise. A la cantine, il refuse de s’alimenter. Il est mutique et se comporte comme un enfant terrorisé.
Pour l’enfant, le soulagement ne survient qu’avec la son­nerie de la cloche annonçant la fin de journée et le moment de retrouver sa maman.
•        Chez l’enfant plus âgé ou l’adolescent, le début est souvent progressif, parfois après une période de vacances, une maladie intercurrente, à l’occasion d’un redoublement.
L’absentéisme est d’abord ponctuel et sporadique soit pour certaines matières, le jeune ne va pas au cours de mathématiques ou à la gymnastique, ou n’y va pas un jour de contrôle. A d’autres occasions, il va tout de même à l’école, mais il se sent mal en classe et est conduit de façon répétitive à l’infirmerie pour céphalées, douleurs abdominales, malaises divers. Les symptômes sont animés de fluctuations rythmées par les vacances.
En effet, il est rare que l’absentéisme soit total du jour au lendemain. Le plus souvent, on observe un continuum dans la montée en charge des comportements de refus scolaire : l’en­fant fréquente l’école régulièrement, puis un jour, un matin, il essaie de se rebeller « je ne vais pas à l’école » ou « je ne peux pas aller à l’école car j’ai mal au ventre », ou bien il traînasse entre té lit, la salle de bains et la table de petit déjeuner pour retarder le moment du départ, puis il arriva en retard ; les retards se répètent. Ensuite, il y a des absences périodiques, ou il y a des heures de cours manqués au milieu de la journée.Le stade suivant est l’absence totale pendant un temps continu, plusieurs joues puis plusieurs semaines jusqu’à l’absentéisme complet.
Dans  tableau constitué, la symptomatologie se manifeste par de véritables attaques de panique, au moment du départ à l’école : l’enfant est débordé par une angoisse incontrôlable : il crie, s agrippe, supplie, quémande un sursis, exprime des signes physiques tels douleurs abdominales, céphalées, pàleur , palpitations, tremblements, menace de tuguer ou de se suicider. Les symptômes surviennent les jours de la semaine ?ais pas le dimanche et les jours sans école. En effet, les symptômes cessent dès que l’enfant est autorisé à rester chez lui. Parfois, l’idée d’être de nouveau confronté à la situation anxiogène entraîne une appréhension avec difficultés d’endormissement ?? cauchemars. Mais généralement, si la famille ne lui Par plus d’aller à l’école, l’enfant se sent bien, demande à faire le travail scolaire à la maison, se fait apporter les devoirs par des camarades ou demande de faire des cours par correspondance. Il s’organise ainsi une vie au domicile, aux côtés de ses parents.
Il rationalise les difficultés de fréquentation scolaire soit par des éléments persécutifs : « les professées ne m’aiment pas»,
« les camarades sont hostiles », soit par des éléments en rapport avec le programme scolaire : « j’ai pris du retard », « les professer sont nuls », « les cours ne sont pas de bon niveau », « les cours par correspondance sont plus intéressants ».
En l’absence de dépression associée, l’enfant garde le goût pour ses jeux et occupations habituelles.

La vie intrafamiliale est bonne et l’enfant est considéré comme gentil et serviable.
La vie sociale peut se dérouler avec poursuite d’activités extrascolaires (sports, musique) et rencontres avec les copains, en particulier si ceux-ci viennent au domicile. En revanche, les manifestations d’anxiété sont les mêmes que pour l’école si on demande à l’enfant de partir en colonie de vacances, en clas­se de découverte, ou tout autre départ loin de sa famille, et même pour aller dormir une nuit chez un copain. L’enfant s’organise une vie plutôt douillette, avec cours par correspon­dance (et même professeurs à domicile pour certains « privilé­giés »), repas mitonnés par les parents, télévision, ordinateur et consoles de jeux dans la chambre, visites des copains, et sorties « choisies » avec la famille.
De voir disparaître les symptômes anxieux chez leur enfant, de le voir se réadapter au travail scolaire et de le sentir apparemment heureux est rassurant, au moins temporairement pour les parents, et cela retarde la décision de la première consultation.
Or généralement, peu à peu, la situation se dégrade : le travail scolaire à la maison devient plus aléatoire. Les devoirs par correspondance ne sont plus rendus dans les temps, le rendement baisse. L’apragmatisme et le refuge vers les jeux vidéo et la télévision gagnent du terrain. Parallèlement, on assiste à une disparition de toute vie sociale autonome. C’est généralement à ce stade très avancé que le contact est pris avec une équipé spécialisée.

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