La mère et le couple

> > La mère et le couple ; écrit le: 19 avril 2012 par tayechi modifié le 21 novembre 2014

L’allaitement va éveiller de nombreuses questions chez la mère, profondément impliquée dans la relation à son enfant, qui retentiront sur le couple

Ai-je assez de lait ?

Crise de croissance du bébé- crise de naissance de la mère

Nous savons que c’est en tétant que l’enfant va stimuler la lactation. Donc, si vous le laissez téter à la demande, vous aurez toujours assez de lait. Pourtant, un jour, il se peut que bébé demande le sein toute la journée et que vous ayez l’impression de ne jamais le rassasier. Ce jour-là, tout va de travers ; vous n’arrivez pas à faire ce que vous avez prévu, le temps passe et bébé veut encore téter ! L’équilibre fragile de ces premières semaines se trouve rompu et c’est la crise, avec son flot de questions et de doutes. Ai-je assez de lait ? Bébé régresse- t-il ? Comment lui donner un rythme ?

Ne vous laissez pas démonter. S’il réagit ainsi, c’est qu’il grandit. Vous le voyez d’ailleurs changer à vue d’œil : combien de kilos et de centimètres a-t-il pris depuis sa naissance ? Il a désormais besoin de plus grandes quantités de lait et il demande souvent… car il a faim.

.

.

Votre lait est suffisant, mais votre débit lacté, en revanche, doit s’adapter. Pour cela, une seule solution, et vous la connaissez : bébé doit téter pour favoriser une plus grande lactation. Ainsi stimulée, la prolactine – l’hormone qui est à l’origine de la lactation – produira plus de lait à chaque tétée et bébé trouvera un nouveau rythme, jalonné de tétées plus abondantes. Mettez-vous au lit et laissez-le téter à la demande. Ce n’est pas le moment de compléter son alimentation avec un biberon de lait artificiel, ou même maternel. En ne tétant pas le sein, l’enfant ne solliciterait pas la lactation et vous démarreriez ainsi son processus de tarissement. C’est le problème que posent les allaitements mixtes. Souvent, l’enfant vit ces poussées de crois­sance entre la deuxième ou troisième semaine et la sixième semaine. Souvent aussi, cette crise de croissance correspond, chez la mère, à une phase de fatigue, de décompression.

Après les premières semaines, qui sont une adaptation constante à sa nouvelle vie, elle prend tout à coup du recul et se confronte à sa nouvelle identité de mère. L’enfant grandit et doit conquérir un plus grand débit lacté, mais la mère, de son côté, a besoin de s’assurer elle-même, de se conforter dans ses qualités de mère nourricière.

.

.

Prenez patience : s’il tète complètement à la demande, en quarante-huit heures l’enfant retrouvera son rythme. Si vous retenez son désir, en revanche, vous risquez de vivre plu­sieurs jours critiques.

Être ensemble, reposés, rétablira la lactation et vous réconfortera dans vos qualités de mère et de nourrice.

.

.

La peur de manquer de lait

Cette question, « Ai-je assez de lait ? », toute mère se la pose un jour. Elle est insidieuse et devient douloureuse si on la laisse prendre de l’importance. Il est très difficile, pour une mère, de se sentir remise en question dans sa fonction maternelle et nourricière. Ce lait que produit son corps, véritable partie d’elle- même qu’elle offre à son enfant, pourquoi vient-il à manquer ? Est-elle insuffisamment mère ? Mais au fait, lui appartient-il vraiment, ce lait ? Quand il semble ainsi lui échapper, elle n’est plus très sûre d’en être vraiment la source. L’enfant le fait venir en tétant : cela le rend partie prenante de sa présence ou de son absence. Or le lait n’appartient pas plus à la mère qu’à l’enfant ; il est la matérialisation de leur échange, du lien que forme le « cordon lacté ». Si la mère ne le possède pas, elle l’accueille et permet – grâce aux hormones de la lactation – sa fabrication. Si l’enfant vient le chercher, elle a aussi la possibilité – par le jeu hormonal – de retenir son jaillissement. Et si la lactation est une question hormo­nale, elle dépend alors plus d’un « lâcher- prise » que d’une volonté. La volonté siège dans le néocortex. Qu’il est donc difficile de lâcher l’emprise du mental et de redonner confiance à la dynamique corporelle !

La peur de manquer de lait se justifie sou­vent d’un « Oui mais, dans ma famille, les femmes n’ont pas de lait… ». La mère que vous êtes devenue n’a peut-êtye pas encore été investie de la fonction maternelle par sa propre mère. Votre fonction maternelle, vous n’allez pas l’investir du jour au lende­main. En naissant, en allant chercher votre lait, votre petit vous nomme mère ; laissez- lui cet espace. Pour lui comme pour vous, l’évolution n’est pas linéaire : elle est faite de paliers successifs, de prises de conscience et de lâcher-prise. La lactation suit, en mani­festant ses hausses et ses baisses.

.

.

Pourquoi ne pas passer un contrat avec l’enfant ? Lui dire, par exemple : « J’accueille le lait, j’accepte d’être le lieu de ta nourriture, mais toi, tu viens la chercher. Jamais je ne pousserai le mamelon dans ta bouche. Je fais confiance à ta possibilité de stimuler la lacta­tion. Ton désir t’appartient, ta croissance en est l’expression. »

La même peur s’exprime dans l’excès comme dans le manque de lait. La peur est sœur d’un profond manque de confiance en soi et en ses processus vitaux.

.

.

Comment la mère va-t-elle faire confiance à ses capacités de faire couler le lait ? Com­ment va-t-elle rassurer son enfant, elle qui, enfant, n’a pas toujours été rassurée dans la mise en place de ses processus vitaux ? Cette mère qui a été trop, peu ou mal nourrie… trop peu ou maladroitement aimée. Ce manque de lait – ou plutôt cette peur – n’est-ce pas l’expression d’un sentiment d’avoir peu à offrir d’elle-même ? N’est-ce pas l’enfant en elle qui a besoin d’être rassasié ?

En choisissant de vivre dans la réalité de l’enfant, de ne pas entretenir fantasmes et inquiétudes, peut-être en allant les confier, la mère va restaurer son enfant intérieur, et donc se rassurer elle-même.

.

.

Dans la chaleur du couple, père, mère et enfant vont prendre confiance en eux, appri­voiser la vie.

Biberon de complément… biberon de soulagement

Gardez-vous d’être excessive et de vous accro­cher à l’image de cette mère parfaite que nous vantent les magazines et qui répond sans se lasser aux demandes son enfant. Ni vous ni nous ne sommes des « super women » et, si vous vous idéalisez, vous vous haïrez de ne pas toujours correspondre à cet idéal. Apprenez à connaître vos limites.

Nous avons vu que l’allaitement au sein peut pourvoir entièrement aux besoins de votre enfant. Mais, comme le suggère le docteur Alain Benoit, le biberon de complément peut aussi devenir le biberon du soulagement. Quand vous vivrez des moments difficiles, vous apprécierez de ne pas être indispensa­ble, d’avoir le droit de « craquer », de dormir même s’il a faim ou, tout à coup, de confier la maison à une amie pour faire une esca­pade en couple.

Avec les cupules d’allaitement, vous pourrez disposer de réserves de lait maternel conser­vées au congélateur. Si la personne qui donne le biberon à votre enfant le connaît bien, cette tétée au biberon se passera au mieux. Reposée, détendue, vous n’en apprécierez que plus de prolonger l’allaitement.

Conserver son lait

Beaucoup de femmes font la moue quand il s’agit d’extraire leur lait. C’est dommage, car pouvoir conserver le lait maternel est un avantage acquis par la modernisation. Pourquoi ne pas en faire bon usage ? Durant le premier mois, chez certaines femmes, le deuxième sein coule facilement pendant la tétée. Il est aisé de recueillir ce lait dans une coquille recueille-lait stérilisée et de le conserver rapidement. journalières de votre poitrine vont vous permettre d’extraire votre lait (manuellement ou au tire-lait) si la poitrine est pleine et que bébé ne demande pas à téter. Vous apprécierez d’avoir des réserves au congélateur non seulement si vous « craquez » – nous venons d’en parler -, mais aussi plus tard, lors de vos sorties ou à la reprise de votre travail.

Vidéo : La mère et le couple

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : La mère et le couple

← Article précédent: Cerveau sexe et pouvoir : séduire grâce au neuromarketing Article suivant: Xénotransplantation ou cœur artificiel, un défi pour demain


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles