Fatigue ? ne pas traiter à la lègère
Coup de pompe ? Attention aux erreurs de diagnostic !
Rares sont ceux et celles qui n’ont jamais éprouvé cet accablement à la fois physique et mental que l’on nomme » fatigue ». Mais le mot lui-même, et la facilité avec laquelle on l’utilise pour étiqueter le malaise ressenti, indique bien qu’il s’agit d’un phénomène très complexe. Donc, si vous vous sentez » fatigué », commencez par vous interroger vous-même.
Si vous êtes éreinté après avoir joué au tennis ou après avoir repeint votre cuisine pendant tout le week-end, ne perdez pas davantage de temps en vous analysant, vous êtes vraiment fatigué. Une seule solution : allez vous coucher. En revanche, si vous rentrez de votre travail avec une impression d’épuisement qui ne s’efface pas avec le sommeil, qui persiste au réveil, qui dure plusieurs jours, ou plusieurs semaines, en vous laissant cette impression accablante d’être » au bout du rouleau », de ne plus avoir de ressort, vous devez tirer la sonnette d’alarme. Que faire ? N’attendez pas une recette miraclé de votre médecin, car la fatigue est encore une énigme, même pour les spécialistes qui étudient attentivement ce nouveau » mal du sièclé ». Faute d’avoir trouvé la solution, ils essaient de déterminer les causes
Dans de nombreux cas, la fatigue peut avoir une origine physiologique, consécutive à une maladie infectieuse, une grippe banale, un régime alimentaire trop strict, une intoxication… Dès lors, un examen médical déterminera rapidement
la cause de cette » asthénie » que diagnostiquera le praticien. Du même coup, le médecin saura vous indiquer le traiiemeni à suivre. Mais très souvent, ce que vous appelez » fatigue », c’est aussi une souffrance psychologique, une perte d’appel il, un sommeil difficile, une incapacité à vous concentrer dans votre travail. On a eu tort de plaisanter sur le cas, beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense, de ces gens que l’on dit » fatigués de naissance », et que l’on considère, à tort, comme des paresseux. Il s’agit en fait d’un état pathologique’ médicalement reconnu, désigné sous le terme de » syndrome de fatigue chronique ».
Ses manifestations sont fréquemment liées aux activités professionnelles. Elles ont été décrites aux États-Unis sous le nom de maladie des » yuppies », autrement dit les jeunes cadres hyperactifs des milieux financiers de New York qui s’effondrent pour des causes encore obscures : virus ou stress psychologique ? À l’évidence, la société contemporaine et les agressions diverses qui en résultent pour notre psychisme : pollutions sonores, bousculades des villes, encombrements du trafic routier, horaires irréguliers, tensions du milieu professionnel, insécurité… autant de perturbations plus ou moins bien tolérées. Ces causes psychosociales sont évoquées dans plus de la moitié des cas. Elles aboutissent fréquemment au diagnostic de » dépression ». Mais attention ! Ce terme est trop souvent employé de façon inappropriée. Même si votre fatigue vous inspire une sorte d’angoisse existentielle, ne vous déclarez pas abusivement » déprimé ». La vraie dépression est un diagnostic médical reposant sur le constat d’une destruction de la personnalité du malade, pouvant conduire au suicide. On ne doit donc pas employer ce mot à tort et à travers.
La vraie dépression, maladie psychiatrique, est le plus souvent liée à des facteurs héréditaires et à des troubles biochimiques du cerveau. Si elle s’accompagne de symptômes proches de la » fatigue », c’est uniquement parce que les conditions de vie et les stress qu’elles engendrent sont fréquemment les facteurs qui déclenchent l’apparition de la dépression. La vraie dépression est traitée par des techniques variées : d’abord les médicaments antidépresseurs prescrits par le médecin, ensuite les psychothérapies basées sur l’écoute du malade.
La fatigue, elle, quelles que soient ses causes et les symptômes par lesquels elle se manifeste, physiologiques ou psychologiques, ne peut-être traitée par aucun médicament. Insistons clairement : il n’existe actuellement aucun produit pharmaceutique pouvant guérir la fatigue. Ce n’est pas sans raison que le ministère de la Santé a décidé que la Sécurité sociale ne rembourserait plus les fameux » fortifiants ». Les plus éminents spécialistes admettent que ces produits peuvent, à la rigueur, avoir un » effet placebo », c’est-à-dire qu’ils ont parfois une action psychologique sur le malade.
Mais cet effet ne repose absolument pas sur les qualités médicamenteuses du produit. En d’autrès termes, c’est dans la tête que ça se passe et non dans le comprimé que l’on avale. Un morceau de sucre ferait tout aussi bien l’affaire : magie psychosomatique !
En revanche, une fois encore, l’hygiène de vie, la pratique d’une activité physique, le sommeil à des heures régulières, une alimentation équilibrée, le rejet des abus d’alcool et de tabac, le soin apporté au choix des distractions et à la vie affective, sont autant d’éléments qui préservent de la fatigue. Ces méthodes résumées sous le terme d’ » art de vivre » sont aussi celles qui permettent le mieux de résister aux stress.

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