Mieux gérer la santé par l’alimentation : Une surcharge pondérale pour utiliser le gras !

> > Mieux gérer la santé par l’alimentation : Une surcharge pondérale pour utiliser le gras ! ; écrit le: 21 février 2012 par Mahfoudhi

L’origine de l’obésité est certainement multifactorielle. Son développement suppose en fait que les nombreux mécanismes de stabilisation du poids corporel aient perdu leur efficacité. Il existe sans doute des facteurs multigéniques de prédisposition qu’un environnement alimentaire et un degré de sédentarité entièrement nouveaux dans l’histoire de l’humanité ont permis de révéler. Les personnes en surcharge pondérale qui mangent sans retenue souffrent sans doute à la fois d’une prédisposition génétique a l’obésité et d’une mauvaise perception de leur prise alimentaire.

Diverses causes psychologiques (un besoin de combler un vide par la nourriture) ou parfois les stress de la vie peuvent aussi être responsables de l’hyperphagie. Quelle que soit l’origine des troubles du comportement alimentaire, des apports déséquilibrés en énergie (principalement glucides et lipides purifiés chez l’adulte, ainsi que des excès de protéines chez l’enfant) sont propices au développement de l’obésité. Souvent les personnes atteintes ont une prédilection pour des aliments riches en énergie et surtout en lipides, sans doute à cause des potentialités d’accumulation de leur tissu adipeux. Théoriquement, l’accumulation de graisses devrait progressivement induire des stimuli physiologiques conduisant à la réduction de l’appétit et à une certaine normalisation de l’état d’engraissement. À l’évidence, cette régula lion s’effectue très mal chez l’individu en surpoids. Il semble que les obèses soient peu sensibles à la leptine, une hormone sécrétée par le tissu adipeux et qui agit directement sur les centres de la satiété de l’hypothalamus pour freiner l’appétit. Il est probable qu’il existe chez beaucoup d’obèses un polymorphisme génétique de prédisposition aux troubles du comportement alimentaire, impliquant la myriade d’hormones et de neurotransmetteurs qui contrôlent la prise alimentaire.

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L’individu, prédisposé à devenir obèse, a sans doute aussi une faible capacité d’oxydation des acides gras tant que sa masse adipeuse ne s’est pas développée. Avec des aliments très digestibles îles et très énergétiques et un tissu adipeux très développé, aucun obstacle métabolique n’existe chez l’obèse sur la voie grande ouverte du stockage lipidique. Pire, le tissu adipeux se met a libérer des substances inflammatoires qui participent indirectement au cercle vicieux de la résistance à l’insuline.

Néanmoins, lorsque la masse du tissu adipeux s’accroît suffisamment, on assiste à un ajustement entre le niveau d’apport de lipides alimentaires et l’intensité de leur oxydation en C02. À la suite de diverses adaptations métaboliques, qui peuvent aller jusqu’a une résistance sévère des tissus à l’insuline, les cellules adipeuses libèrent alors plus facilement les acides gras. Ainsi, l’obésité chez l’homme peut être interprétée comme un mécanisme d’adaptation destiné à utiliser des quantités élevées d’acides gras grâce à l’hypertrophie considérable du tissu adipeux.

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Comment éviter cet engrenage métabolique, cette drôle d’adaptation ? Certainement par l’exercice physique, mais aussi par la modification de l’alimentation dans le sens de l’utilisation de produits le plus naturels et le plus complexes possible ; il est à l’évidence risqué d’incorporer des matières grasses partout !, mais l’agroalimentaire ne doit pas seule être vigilante, les consommateurs ont aussi leur devenir entre leurs mains.

Il est particulièrement important de prévenir l’obésité puisqu’une fois installée la quantité de calories accumulées par les graisses corporelles est tellement élevée qu’il faut plusieurs mois, voire plus d’une année pour retrouver un poids normal, tout au moins avec des régimes hypocaloriques supportables.

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S’il est important de comprendre les mécanismes physiologiques impliqués dans le développement de l’obésité, la prévention de cette pathologie ne sera jamais seulement de nature médicale : il faut avant tout créer des conditions nutritionnelles et des modes de vie qui facilitent le maintien du poids corporel et cela dès l’enfance. Tout se passe comme si un ensemble de conditions environnementales défavorables – sédentarité, très grande disponibilité de produits énergétiques, perte de repères de consommation et de contrôle individuel et social – parvenaient à dérégler les systèmes de contrôles physiologiques de la prise d’énergie. On pourrait penser que seuls les sujets qui ont une prédisposition génétique, qui sont fortement dotés de gènes d’épargne, sont susceptibles de devenir obèses dans un environnement favorable à cette pathologie. Mais, selon une hypothèse plus pessimiste, le phénotype humain évoluerait à long terme vers un état de surcharge pondérale généralisé, dans toutes les parties du monde où règnent une abondance énergétique alimentaire et une sédentarité élevée. Il s’agirait en quelque sorte de phénomènes adaptatifs banals faisant appel à des transformations épigénétiques durables. Autre phénomène inquiétant, l’obésité se développe maintenant aussi dans de nombreux pays pauvres comme conséquence de « la transition nutritionnelle » à laquelle ici le ils sont confrontés à la suite de l’expansionnisme du système ne agroalimentaire imposé par les pays occidentaux.

Une relation salutaire

S’il existe un consensus en matière de prise de conscience nutritionnelle, c’est bien la crainte que l’offre agroalimentaire ni li ici le ne génère de par le monde une épidémie mondiale toujours plus importante de l’obésité. Cette épidémie internationale louche plus de 300 millions de personnes dans le monde dont V ‘ millions en France où elle progresse de 6 % par an. Il est particulièrement triste d’observer que l’obésité touche plus maintenant les ( lasses défavorisées que les classes aisées plus au fait de l’importance de la prévention. De plus, le développement précoce de l’obésité de l’enfant est assez généralisé et fort inquiétant. Dans ce domaine, la peur sera peut-être le début de la sagesse, et de nombreuses entreprises s’interrogent à l’heure actuelle sur leurs responsabilités dans cette évolution.

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Ce sont bien sûr les conditions environnementales et les ni<»les alimentaires qu’il faut changer, mais il ne suffira pas de traquer les lipides ou de développer les produits allégés pour sortir de ce piège. La prise en charge médicale du traitement de l’obésité est, de l’aveu même des médecins, majoritairement vouée à l’échec. Malgré la prescription de régimes hypocaloriques, l’utilisation de dictes hyperprotéinées, les patients qui sont finalement maintenus dans leur environnement et leurs habitudes alimentaires n’ont pas de solutions alternatives efficaces. Ils sont en particulier dans l’incapacité de supporter des régimes suffisamment restrictifs. En fait, le corps médical n’est pas en mesure de remettre en cause l i>1 Ire alimentaire ambiante des supermarchés que subissent les patients obèses et il prend peu d’initiatives pour faire évoluer cette situation. La médecine curative actuelle montre ses limites dans ce domaine de même que les politiques nationales de santé publique trop éloignées de la problématique alimentaire.

la prévention de la surcharge pondérale n’est pas seulement une a lia ire de bilan calorique mais est facilitée par certains modes alimentaires. Le recours à une alimentation riche en produits végétaux peu transformés (pains bis ou complets, fruits et légumes, légumes secs) complétée par des produits animaux peu gras est de beaucoup la plus adaptée à la maîtrise des apports caloriques par l’effet de satiété de ces régimes et par leur richesse en micronutriments. À la suite d’un conditionnement aux produits transformés, de la perte des repères culturels, l’adoption de régimes forts naturels est ressentie comme une contrainte, une source de privations par le patient obèse. Les médecins qui n’adoptent pas spécialement des régimes alimentaires protecteurs pour eux-mêmes ont du mal à les prescrire et à être convaincus de leur utilité. Alors que le conseil principal devrait être une incitation très forte à consommer des fruits et légumes et à délaisser une très grande diversité de produits transformés (boissons sucrées, jus de fruits, biscuits), les recommandations habituelles piétinent autour de la densité calorique des produits transformés, ce qui ne permet pas d’opérer une rupture dans les comportements nutritionnels. L’argument de la recherche du plaisir dans l’alimentation, en soi fort légitime, est souvent invoqué pour s’enfermer dans les mêmes habitudes qui se révèlent négatives sur le plan corporel. On ne répétera jamais assez qu’aucun mode alimentaire n’a le monopole du plaisir, que l’adoption de régimes sûrs est porteuse de bien-être et correspond en plus à une gestion durable du plaisir.

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Pour éviter que l’épidémie d’obésité ne progresse, il faudrait que les acteurs de la chaîne alimentaire s’organisent pour délivrer au consommateur une alimentation plus favorable à son épanouissement, par la distribution d’aliments de qualité, la mise en place de services utiles et une offre de prix adaptée à l’ensemble de la population. Les géants de l’agroalimentaire, conscients du malaise ressenti par la population et de la mauvaise image véhiculée par l’état corporel d’une frange importante de leurs consommateurs, s’impliquent maintenant dans le débat sociétal de la prévention, à travers l’organisation de congrès scientifiques, ou par le biais d’actions sur le terrain, sans réellement changer la nature de leurs productions. Alors qu’ils ont une responsabilité directe dans le développement des maladies dégénératives, ils mettent en avant la nécessité de les combattre pour lancer de nouveaux produits de densité nutritionnelle pratiquement inchangée. Leur responsabilité à venir n’apparaîtra que plus grande.

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