L’ostéoporose : L’exercice physique

> > L’ostéoporose : L’exercice physique ; écrit le: 14 février 2012 par Mahfoudhi

Physiologie et activité physique

L’activité physique qu’elle soit spontanée ou sous forme d’exercice peut réduire le risque d’ostéoporose, de même que l’entretien d’une bonne triplicité musculaire est un facteur permettant de limiter le risque de chute.

Les effets de l’exercice physique ont été longtemps discutés, mais il est aujourd’hui vérifié par des études chez l’animal et chez l’homme, qu’un accroissement de la masse osseuse est obtenu par un entraînement physique régulier.

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Le remodelage osseux est modifié par les forces, les contraintes qui s’exercent sur l’os : ainsi des compressions produites par la gravité et des tractions produites par la contraction musculaire. Le type d’exercice, les groupes musculaires mis en jeu et la nature des structures osseuses où sont insérés ces muscles sont les facteurs qui influencent le remodelage osseux. Le gain de masse osseuse intéresse l’os cortical (par exemple, l’os de l’avant-bras chez le joueur de tennis), mais aussi l’os trabéculaire vertébral, en particulier au cours des sports où il existe une mise en charge du squelette. À l’inverse, la natation n’influence pas la densité osseuse.

Il semble que la durée de l’activité physique influence le gain de masse osseuse, de même que son amplitude et sa répétition. La répétition d’un mouvement puissant aurait un effet supérieur à la répétition plus fréquente d’un mouvement exerçant une force inférieure. Le gain de masse osseuse est maximum sur le segment du squelette qui est soumis aux contraintes les plus importantes, et ce de manière dynamique et non pas statique. La force exercée par les muscles est donc déterminante, et expliquerait les différences tic densité osseuse entre les coureurs de fond et les haltérophiles.

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Les mécanismes cellulaires au niveau de l’os, en jeu au cours tic l’activité physique, sont mal connus. Il existerait au sein du tissu osseux un récepteur de contrainte permettant aux cellules osseuses elles-mêmes de s’adapter à l’activité physique, en induisant des niveaux différents de remodelage : ainsi l’activité physique stimulerait l’ostéoformation et inhiberait la résorption osseuse par les ostéoclastes (théorie du méchanostat de Frost). Mais d’autres mécanismes sont possibles.

Ces données ne doivent pas faire oublier que la prise en charge osseuse commence pendant la période de croissance, où l’effet de l’activité physique sur la masse osseuse est bien démontré. Cette activité physique doit être poursuivie tout au long de la vie.

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Chez l’enfant et l’adolescent

Chez l’enfant et l’adolescent, l’exercice physique contribue à la constitution d’un capital osseux optimum, même si celui-ci est en majeure partie déterminé génétiquement. Cependant un surentraî­nement peut être néfaste. Il faut inciter les enfants et les adoles­cents à pratiquer des activités sportives, en encourageant tout par­ticulièrement les activités en charge comme la course à pied, les jeux de ballon ou le tennis, mais aucun sport n’est à négliger. Bien entendu, la poursuite de cette activité physique devra être mainte­nue à l’âge adulte. La survenue d’une fracture ne doit pas faire interdire a priori un sport apprécié par l’enfant ou l’adolescent. Il ne faut pas proscrire la pratique d’une activité physique chez l’enfant ou l’adolescent atteint d’une raréfaction osseuse constitutionnelle ou génétique. Une précaution particulière devra être cependant prise en cas de sport avec risque de contact ou de chute.

Chez la femme ménopausée

Chez la femme ménopausée, l’exercice physique permet de freiner la perte osseuse post-ménopausique et d’entretenir une bonne forme physique.

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L’exercice physique fait partie de la prise en charge globale des patientes ménopausées. Son effet est moins net que chez l’enfant ou l’adolescent, il reste indispensable pour permettre un vieillisse­ment dans les meilleures conditions possibles.

Comme chez les patients plus jeunes, les activités en charge sont habituellement préconisées. La plus simple reste la marche ou la course à pied. Cette activité physique doit rester compatible avec le mode de vie des patientes.

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Certains auteurs (1) proposent une gymnastique régulière ciblée comprenant des exercices dynamiques de faible amplitude et contre résistance pour favoriser le remodelage osseux au niveau des sièges habituels des fractures ostéoporotiques. La progression et l’entraînement doivent être adaptés à chaque patient. Il s’agil d’exercices :

  • de flexion de cuisse en position assise avec un poids à la che­ville pour solliciter le psoas et agir sur le remodelage osseux des coips vertébraux lombaires ;
  • d’extension lombaire en procubitus pour solliciter les muscles spinaux, seuls muscles insérés sur les vertèbres dorsales ;
  • de prosupination contre résistance recrutant en particulier le muscle carré pronateur inséré sur l’extrémité inférieure du radius ;
  • d’abduction de cuisse en décubitus latéral avec le membre infé­rieur en rectitude et un poids à la cheville pour recruter le moyen fessier inséré sur l’extrémité supérieure du fémur.

Cette gymnastique peut être réalisée par chaque patiente à

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domicile, mais un soutien par un kinésithérapeute est souhaitable au début. Elle sera associée à une gymnastique plus classique afin d’éviter le plus possible la lassitude, et fera alors appel à des mou­vements de renforcement musculaire, en particulier de la paroi abdominale en proscrivant tout mouvement brusque et toute mani­pulation. Ces exercices doivent être réalisés en chaîne fermée et il faut absolument respecter la règle de la non douleur.

Chez les personnes âgées

Chez les personnes âgées, l’objectif est de réduire le risque de chute et de maintenir l’autonomie.

L’activité physique doit être adaptée aux capacités de chaque patient. La régularité de la pratique de l’activité physique pourra être facilitée par un soutien kinésithérapeute. Les activités physiques peuvent être très variées, favorisant alors transitoirement un type d’exercice plutôt qu’un autre (renforcement musculaire, assouplissement, marche, vélo d’appartement, travail de l’équilibre).

Chez le sportif de haut niveau

Chez le sportif de haut niveau, les études ont montré que la masse osseuse est plus importante que chez le non sportif. Cependant les jeunes filles pratiquant la gymnastique et les coureuses de marathon ont une densité osseuse plus basse que celle d’autres sportives de haut niveau. Cette baisse de densité osseuse est expliquée par la présence d’une aménorrhée fréquente chez les gym­nastes et les coureuses de fond surentraînées. Les nageurs de haut niveau ont eux aussi une densité osseuse plus basse que celle d’autres sportifs. Chez ces sportifs, il est en outre important d’éviter une carence vitamino-calcique.

En cas de fracture récente

Chez les patients qui viennent d’être victimes d’une fracture, qu’elle soit vertébrale ou non, la kinésithérapie est indispensable pour accompagner la consolidation en maintenant les amplitudes articulaires et en préservant les masses musculaires. Il faut éviter en outre un alitement prolongé après Lin tassement vertébral, I’ostéoporose d’immobilisation risquant d’aggraver un statut osseux déjà précaire.

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