L'ostéoporose : Les médicaments ostéoformateurs

Accueil » Orthopédie » L'ostéoporose : Les médicaments ostéoformateurs écrit le: 14 février 2012 par admin

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Ils sont beaucoup moins nombreux que les antirésorptifs.

Les sels de fluor

Le fluor est un élément à forte avidité osseuse. Les sels qui ont été utilisés sont le fluorure de sodium et le monofluorophosphate. L’utilisation du fluor en thérapeutique a débuté il y a plus de trente ans. Le fluor agit par multiplication des ostéoblastes avec augmen­tation du volume trabéculaire osseux et de la densité minérale osseuse. Toutes les études cliniques ont permis en effet de con­clure à une augmentation de la densité minérale osseuse à tous les sites, principalement aux sites trabéculaires. Mais des études récen­tes montrent l’absence de réduction des fractures vertébrales et non vertébrales chez des patientes atteintes d’ostéoporose vertébrale fracturaire traitées pendant deux ans par des sels de fluor versus calcium-vitamine D (15), et cela a conduit au retrait des spécialités contenant des sels de fluor du marché français en janvier 2002.

Les molécules nouvelles

  • La parathormone : (Forteo teripatide) son utilisation comme agent thérapeutique dans l’ostéoporose post-ménopausique a été proposée il y a plus de 20 ans mais les preuves que son effet anabolique s’accompagne, lorsqu’elle est administrée par voie sous-cutanée, sur un mode intermittent, d’une réduction marquée du risque fracturaire vertébral et non vertébral, n’ont été apportées que très récemment (16). Dans ces conditions d’administration, l’hormone a un effet stimulateur spécifique sur la formation ostéoblastique avec accroissement de la popu­lation d’ostéoblastes actifs cela permettant une reconstruction de l’os perdu. Une étude récente entreprise chez 1 637 femmes ostéoporotiques ayant reçu pendant 21 mois soit un placebo soit 20 ou 40 (ig/jour de fragment 1-34 de la parathormone a montré une réduction de 65 % du risque de fracture vertébrale dans le groupe PTH (1-34) 20 ag. De même, le risque de frac­ture non vertébral a été réduit de 53 % dans ce même groupe. La densité minérale osseuse lombaire s’est fortement accrue de 9 % en 21 mois. Une hypercalcémie d’ampleur modérée (entre 2,6 et 2,8 mmol/1) a été observée 4 à 6 heures après l’injection de PTH (1-34) chez 11 % des patientes. Cette modalité théra­peutique est coûteuse mais remboursée chez les femmes ostéo­porotiques ayant au moins deux fractures vertébrales. Elle met enfin à la disposition du prescripteur un traitement anabolique . ayant des effets antifracturaires La durée optimale du traitement, sa rémanence, son usage séquentiel avec des antirésorp- tifs (œstrogènes, raloxifene, bisphosphonates…) restent à étu­dier. Le mode d’administration (voie sous-cutanée en injection quotidienne à partir d’un stylo prérempli contenant 28 doses) peut être mal accepté par certains patients et nécessite des explications détaillées à l’intention des malades traités.
  • Le ranélate de strontium est un sel contenant deux atomes de strontium stable. Cet élément, incorporé au cristal d’hydroxyo- patite va agir sur le remodelage osseux selon un mécanisme ori­ginal, bien analysé lors des études précliniques et associant une stimulation de la formation osseuse et une diminution de la résorption osseuse, donc capable d’un découplage du remode­lage osseux en faveur de l’ostéoformation.

Le ranélate de strontium augmente la densité minérale osseuse lombaire de femmes à distance de la ménopause (17). Une étude randomisée contre placebo réalisée chez 353 femmes ayant au moins Lin tassement vertébral a montré avec une dose de 2 g/jour une augmentation significative de la densité miné­rale osseuse lombaire de près de 14,6 % en 2 ans. L’histomor- phométrie n’a retrouvé aucun trouble de minéralisation (17).

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Deux grandes études prospectives de phase III chez des fem­mes ostéoporotiques ont permis récemment de démontrer les effets antifracturaires du produit, et donc la place du strontium dans l’arsenal thérapeutique de l’ostéoporose (18, 19).

Il s’agit de l’étude SOIT (Spinal Osteoporosis Therapeutic Inter­vention), conduite chez 1 649 femmes ostéoporotiques, qui avait comme objectif principal l’analyse de l’efficacité d’une dose quotidienne orale de 2 g de ranelate de strontium pour prévenir les récidives de fracture vertébrale, et de l’étude TRO- POS ( Treatement of Peripheral Osteoporosis), axée sur la pré­vention des fractures extravertébrales et conduite chez 5 091 femmes ostéoporotiques. Ces deux études ont été analysées après 3 années de suivi. Dans SOTI, le ranelate de strontium a permis de réduire significativement sur 3 ans le risque de nou­velle fracture vertébrale de 41 %. La réduction du risque était déjà de 49 % dès la fin de la première année du suivi. Dans TROPOS une réduction significative (- 16 %, p = 0,04) du ris­que relatif de fracture extravertébrale a été observée pendant les 3 années de traitement dans le groupe recevant le ranelate de strontium par comparaison avec le groupe placebo. Une réduction de 36 % du risque de fracture de l’extrémité supérieure du fémur a été observée dans une sous-population de 1997 patientes dites à haut risque car âgées de plus de 74 ans et ayant un T-score du col fémoral inférieur à – 3. L’étude TRO- POS a confirmé en outre l’effet antifracturaire vertébral déjà démontré dans l’étude SOTI. Le ranelate strontium a montré un

profil de tolérance satisfaisant et a obtenu une autorisation de mise sur le marché de la part de l’Agence Européenne du Médi­cament en septembre 2004 avec l’indication : « traitement de l’ostéoporose post-ménopausique pour réduire les risques de fracture vertébrale et de fracture de la hanche ».

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  • Les stéroïdes anabolisants ne sont plus commercialisés en France. Les perspectives d’utilisation concernant les facteurs de croissance en particulier l’IGFl, restent encore très lointaines.

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