Le plaisir par internet

> > Le plaisir par internet ; écrit le: 25 février 2014 par Hela modifié le 26 février 2015

Retour sur le malaise dans la civilisation

« Il n’est point entré dans le projet de la civilisation que l’homme soit heureux. » Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation.

Comment définir le plaisir ? Le plaisir est tout ce qu’il y a de plus subjectif. Ce qui est plaisir pour l’un ne l’est pas pour l’autre. Il n’y a pas de recette pour le plaisir. Heureusement peut-être. Freud donne d’ailleurs du plaisir une définition par défaut. Le plaisir serait d’abord une absence de déplaisir : et, du coup, le principe de plaisir freudien est avant tout un principe de non-déplaisir. Le déplaisir, par contre, est moins énigmatique. Il s’impose même trop souvent. Comme pour cette femme qui fréquente des sites de rencontres qui lui programment un bonheur garanti. Elle commence à échanger des messages, s’imagine un partenaire, met en scène une rencontre. Elle construit des scénarios, donne un visage à cet homme qui lui répond, dont elle construit une identité  qui correspond à ses propres repères imaginaires. Il ne sera pas comme son mari qui n’a cessé de la tromper en lui reprochant son indifférence. Pas non plus comme ce parent qui l’engageait comme jeune adolescente dans des demandes perverses dont elle ressortait mortifiée, dans le dégoût. Le déplaisir, elle le connaît jusqu’a la nausée. Elle veut se construire une vie autre. Finalement elle rencontre l’homme du site Internet, puis plusieurs autres. Chaque fois elle retombe sur un point qui remet en jeu son histoire, sous une forme ou sous une autre. Elle vise un plaisir nouveau, mais qui la renvoie aux allées du déplaisir qu’elle a tant de fois parcourues. Cette répétition du déplaisir rend sa recherche du plaisir de plus en plus énigmatique.

Il s’agit là d’un déplaisir individuel. Parfois, ce processus, qui fait passer de la recherche du plaisir à un déplaisir envahissant, peut toucher aussi la civilisation. Pour illustrer la complexité de ce phénomène, on pourrait rappeler que Freud avait initialement donné pour titre « Le malheur dans la civilisation » (Unglück) à son essai qui sera finalement « Malaise dans la civilisation » (Unbeha- gen). La tendance individuelle au malheur participe-t-elle à produire le malaise dans la civilisation ? Ou au contraire ce dernier entraîne-t-il chacun dans le malheur ? Y aurait-il   un bonheur possible par la civilisation ? Cette question peut paraître incongrue quand on voit l’état de désarroi du monde contemporain. Mais, d’un autre côté, sait-on ce qu’est le bonheur ? Le bonheur a-t-il à voir avec le plaisir ? On peut avoir un plaisir dans le déplaisir. On y reviendra. Peut-on avoir un bonheur dans le malheur ? On voit que ces deux mots, bonheur et plaisir, ne recouvrent pas la même notion. Restons donc dans l’interrogation sur le plaisir.

Vidéo: Le plaisir par interne

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