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La phytothérapie rénovée

Vous êtes ici : » » La phytothérapie rénovée ; écrit le: 15 mars 2012 par abir modifié le 16 janvier 2015

La-phytothérapie-rénovée
La phytothérapie est l’utilisation thérapeu­tique des substances végétales (herbes, feuilles, fleurs, racines, graines) fondée sur l’observation empirique de l’action phar- macologique des plantes médicinales. La médecine académique l’a reléguée dans le musée des traitements dépassés mais dans certaines universités, on enseigne la phar- macognosie pratique et clinique. Le grand public, qui confond souvent la phytothéra­pie avec l’herboristerie, ne peut pas s’en passer : tout, le monde a recours un jour ou l’autre à une tasse de camomille comme sédatif, ou à une infusion de mauve comme laxatif et diurétique.

La phytothérapie rénovée est un peu différente de la phytothérapie classique. Elle a été présentée par deux spécialistes français, C. Bergeret et M. Tetau, en 1972. Ils cherchaient à adapter scientifi­quement l’utilisation des plantes aux né­cessités de la médecine actuelle. Il est en effet évident que les patients d’aujourd’hui sont intoxiqués par les médicaments. La personne atteinte de coronaropathie a toujours sa trinitrine à portée de main, l’hy­pertendu son diurétique, son bêtabloquant ou autres hypotenseurs. La polypharmacie synthétique règne en maître. Il est impossi­ble de l’ignorer et dans certains cas, on commettrait même un délit en ne prescri­vant pas un médicament « de secours » ou un antibiotique.



Il faut remonter aux causes indirectes de ce phénomène. La polypharmacie provoque souvent une surcharge en toxines de l’or­ganisme et une fonctionnalité réduite des émonctoires (foie, rein, intestin, poumon). L’intoxication entraîne des constipations, des irritations, de l’anxiété, de la fatigue, un vieillissement précoce, une dégéné­rescence cellulaire. L’organisme ne réagit souvent pas à cette intoxication, ou bien il réagit mal, même quand on le soumet aux thérapies naturelles, à l’homéopathie, à l’homotoxicologie, à l’anthroposophie. Il devient alors nécessaire de recourir à la phytothérapie rénovée, que l’on divise en phytothérapie et en gemmothérapie.

La prescription phyto-gemmothérapeutique

Elle repose sur deux types de prépara­tions : la teinture mère, qui constitue à la fois la base de la phytothérapie et l’élément de départ des remèdes homéopathiques, et le produit macéré glycériné à 1DH.

La teinture mère phytothérapique

Elle est élaborée à partir de la macération hydro-alcoolique de plantes fraîches, par­faitement propres et broyées juste après leur récolte. Ses indications phytothérapi- ques sont très nombreuses.

La dose oscille entre 50 et 100 gouttes di­luées dans l’eau par jour, réparties en deux ou trois prises. Chez un nouveau-né, il faut administrer un dixième de la dose requise pour un adulte, une demi-dose chez un en­fant et deux tiers de la dose chez un adoles­cent ou une personne âgée.

Son effetest uniquement thérapeutique, sans symptômes iatrogènes indésirables, contrairement à ce qui survient quand on prend des médicaments synthétiques ou hé­misynthétiques, dits à molécule pure, bien qu’ils soient tirés de plantes médicinales.

Le principe de la molécule pure, qui do­mine la pharmacologie chimique de notre siècle, ne considère pas la plante comme un organisme vivant : il ignore que ses composantes sont reliées entre elles et qu’elles constituent un tissu physiologi­quement actif dans son ensemble. Il ne voit dans la plante qu’un réceptacle dans lequel il peut chercher des groupes moléculaires différents qu’il sépare et utilise individuel­lement. Certains servent en thérapie (alca­loïdes, huiles, glucosides, stéroïdes, flavi­nes, etc.), d’autres en alimentation (protéi­nes, hydrates de carbone, graisses), d’au­tres encore comme matériau technologique (cellulose, pigments).

La société de consommation a entraîné l’utilisation sans discrimination de médi­caments pour tous les troubles possibles, véritables ou imaginaires. C’est ainsi que beaucoup de gens y ont recours, même s’ils sont en très bonne santé ou que le médica­ment n’est d’aucune utilité pour leur mala­die : ils n’en récoltent qu’un effet iatrogè- ne. Cela ne se produit pas quand on prend des gouttes de teinture mère car celle-ci contient la plante active dans son ensem­ble, et structurée comme on la trouve dans la nature.

Le produit macéré glycériné gemmothérapique

On le prépare en utilisant des parties em­bryonnaires fraîches : des bourgeons, des jeunes pousses, des écorces internes de ra­cines et de tiges. S’agissant de tissus en voie de multiplication, ils possèdent de nombreux facteurs de croissance, des hor­mones telles que l’auxine. La gemmothé­rapie peut donc être définie comme la thé­rapie embryo-tissulaire végétale. Elle est également employée dans le drainage biothérapeutique avec l’organothérapie et la lithothérapie déchélatrice.

Préparation :elle s’effectue en faisant macérer des bourgeons frais ou d’autres tissus  végétaux à un vingtième de poids sec dans la glycérine. Après avoir filtré le pro­duit, on le dilue à un dixième (1DH) pour obtenir un effet pharmaco-dynamique consistant, dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine.

Drainage biothérapique végétal : les principes actifs des produits gemmothéra- piques (très faibles chez les plantes adul­tes) sont indiqués pour drainer les substan­ces toxiques que les organes émonctoires ne parviennent pas à éliminer. Le drainage est prescrit aussi bien chez une personne en bonne santé, quand elle n’est pas en for­me parfaite parce que son foie ou ses reins rechignent à faire leur devoir, que chez une personne malade, quand les remèdes homéopathiques n’apportent pas de bien­faits alors qu’ils ont été prescrits correcte­ment. Dans tous les cas, on prescrit le drai­nage dès que la réactivité du sujet est fai­ble.

La dose oscille entre 50 et 70 gouttes par jour à prendre dans l’eau ; la prescription peut être modifiée sur avis du médecin, en fonction du degré de tolérance. Il ne faut pas mélanger différents produits de gemmothérapie dans le même verre, afin de ne pas provoquer d’interactions pharmacolo- giques. Le liquide doit être bu lentement et à petites gorgées.

Les produits phytothérapiques

Achillea millefolium (achillée) : aménorrhée, oligoménorrhée, dysmé­norrhée ; anorexie, dyspep­sie atone et ou fermentati­ve, diathèse hémorragique, ménorragie, hémorroïdes (usage topique).

Aesculus hippocastanum (marronnier d’Inde) : hémorroïdes, phlébite, varices, varicocèle, prostatisme, engelures, dou­leurs articulaires sacro-iliaques.

Agropyron repens (chiendent) : inflam­mation, calculs dans les voies urinaires, ré­tention hydrique, œdèmes, cellulite.

Allium sativum (ail) : hypertension, rhu­matismes, catarrhe, diarrhée.

Anisum pampinella (anis vert) : gaz intes­tinaux dus à la fermentation, mauvaise di­gestion avec crampes intestinales, agita­tion nerveuse, insomnie.

Arctium lappa (bardane) : derma­tose, acné, eczéma, séborrhée ; exan­thème ; rougeole et roséole ; hyper­glycémie et diabète.

Calendula officinalis (souci) : (usage in­terne) troubles menstruels, hépato-biliai- res ; (usage externe) dermatoses érythéma- teuses, hyperkératose.

Carduus marianus (chardon-Marie) : cholagogue (facilite l’écoulement de la bi­le des voies biliaires extra-hépatiques), hépato-protecteur ; hépatopathies, cirrho­se, stéatose hépatique, hypertension portale, hémorroïdes, varices, tendance aux hémor­ragies.

Chamomilla vulgaris (petite camomille) : éruption dentaire douloureuse chez les enfants, aménorrhée, dysménorrhée, troubles de la ménopause, spas­mes gastro-intes- tinaux doulou­reux.

Chelidonium majus (chélidoine) : faible sécré­tion biliaire, hépa- topathie, spasmes gastro-intestinaux et biliaires, hyper­tension, tachycar­die, coronaropathie.

Cynara scolymus (artichaut) : hypofonc- tionnalité hépatique (digestion lente, nau­sée, éructations, météorisme, flatulen­ce) ; hypercholestérolémie, hypertriglycé- ridémie, hyperuricémie, goutte, diabète, artériosclérose.

Drosera rotundifolia (droséra) : bronchi­te aiguë et chronique, asthme bronchique, coqueluche, toux spasmodique.

Equisetum arvense-hiemale (prêle des champs) : conditions de déminéralisation, cystites, cystoplégies, énurésie nocturne, oligurie, diathèse goutteuse, lithiase réna­le, épistaxis, hémoptysie, hémorroïdes, ménorragie.

Escholztia californica : trouble du som­meil, anxiété, insomnie initiale.

Fucus vesiculosus (varech vésiculeux) : surcharge pondérale, obésité, réten­tion hydrique, cellulite, constipation, pso­riasis, goutte, rhumatismes chroniques.

Fumaria officinalis (fumeterre) : obésité, érythrocytose, hyperviscosité hématique, hypertension artérielle et artériosclérose, déficit fonctionnel des voies biliaires, der­matoses squameuses, parasitoses.

Hamamelis virginiana (hamamélis) : va­rices, thrombophlébite, hémorroïdes, vari­cocèle, contusions.

Harpagophytum procumbens (griffe du diable) : rhumatisme chronique dégénérescent, arthrose cervicale, lombarthrose, coxarthrose, gonarthrose.

Panax giftseng (ginseng) : disparition du désir sexuel, impuissance, frigidité ; neuras­thénie, épuisement, débilité générale ; stress physique, mental ou émotionnel.

Passiflora incarnata (fleur de la Pas­sion) : neurasthénie, éréthisme cardio­vasculaire, syndromes psychosomatiques spastiques intestinaux, troubles de la mé­nopause.

Pilosella hieracium (oreille-de- souris) : anurie, oligurie, cellulite, obésité, cystite, colibacillose, brucellose (fièvre de Malte).

Rauwolfia serpentina (serpentin) : hyper­tension artérielle, éréthisme cardio-vascu­laire, syndromes anxieux-dépressifs, in­somnie.

Rhamnus frangula (bourdaine) : consti­pation chronique due à une insuffisance biliaire, acné, cellulite, obésité, parasitose intestinale.

Salvia officinalis (sauge) : neuras­thénie avec verti­ges, tremblements, hyperhidrose ; amé­norrhée, dysmé­norrhée, stérilité fonctionnelle ; cal­vitie masculine héréditaire, sé­borrhéique.

Saponaria officinalis (saponaire) : derma­toses chroniques, catarrhe, constipation.

Satureja hortensis (sarriette) : neurasthé­nie, impuissance, coït douloureux, frigi­dité.

Solidago virgaurea (verge d’or) : coliba­cillose, cystite, cystoplégies, oligurie, hy­pertrophie prostatique, lithiase urique, uricémie, goutte, entérites, entérocolites, diarrhée du nourrisson.

Spiraea ou Filipendnla ulmaria (reine des prés) : rhumatisme chronique, hyper­uricémie et goutte.

Taraxacum dens leo- nis (pissenlit) : dyspepsie, langue chargée, inappétence, aérophagie, constipa­tion avec céphalée, hémorroïdes, derma­toses chroniques, ré­tention hydrique, obé­sité, cellulite, stéatose hépatique (foie gras), hypercholestérolé­mie.

Tussilago farfara (tussilage) : toux spas- modique, sèche ou catarrheuse, grippe, laryngite, trachéo-bronchite, bronchite.

Uva ursi (raisin de mer) : colibacillose, cystite, cystoplégies, urétrite, incontinence urinaire, énurésie nocturne, calculs urinai­res, leucorrhée, ménorragie, hypertrophie prostatique avec pyurie.

Valeriana officinalis (valériane) : hyper- excitabilité nerveuse, anxiété, insomnie ; neu­rasthénie, palpitations, déglutition hystérique, névralgies, surtout lombo-sacrées, troubles de la ménopause.

Verbascum thapsus (bouillon blanc) : grippe, inflammation des voies respiratoi­res supérieures, névralgies faciales, du trijumeau.

Vinca minor (peti­te pervenche) : hy­pertension artériel­le avec céphalée et vertiges, croûtes de lait, eczéma « cons­titutionnel » de l’enfant, asthénie, baisse de la mémoi­re chez la personne âgée.

Viola tricolor (pensée sauvage) : dermato­ses aiguës et chroniques.

Viscum album (gui blanc) : hypertension artérielle.

Viscum crataegi (gui de l’aubépine) : hy­pertension artérielle, cœur « malade », cœur sénile.

Zea mays (maïs) : cystites récidivantes, lithiase rénale, dermatose de tous types et de toute nature.

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