La ménopause : Hormones ou tranquillisants?

> > La ménopause : Hormones ou tranquillisants? ; écrit le: 14 février 2012 par azza

Si les estrogènes n’empêchent pas le vieillissement global de l’organisme dans le temps, ils constituent un moyen parmi d’autres de retarder ou de neutraliser plu­sieurs poussées évolutives de sénescence sur des tissus déterminés, de ne pas prendre brusquement « un coup de vieux». Dans les pays où l’on emploie la pilule depuis des années, la jeunesse d’aspect se maintient plus longtemps. La taille est moins tassée, la peau plus tendue et fraîche, les rides moins précoces, les dou­leurs n’apparaissent pas ou sont retardées ou atténuées.

Elle donne du tonus, le sentiment de bien se porter, d’être plus active, et elle stimule l’appétit.

Un traitement préventif de la ménopause par les hor­mones, équivalent de la pilule contraceptive biséquentielle, évite l’apparition des bouffées de chaleur, de la sécheresse du vagin, l’entrave aux relations sexuelles, l’atrophie des organes génitaux, l’atrophie et la séche- lesse de la peau et des phanères, les poussées de spas­mophilie avec leur cortège d’angoisse, de douleurs d’épaule, du cou, des lombes, des hanches, des genoux, etc., les baisses de la libido, les phases de ner­vosité extrême alternant avec des phases de déprime- laligue avec insomnie rebelle, mille petits maux bien connus qui commencent parfois dès la pré-méno­pause. S’ils se manifestent, les traitements hormonaux réussiront toujours mieux que les tranquillisants ou les somnifères. Ils devront être pris précocement, dès les premiers signes de pré-ménopause, car il est plus facile de prévenir que de guérir.

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Mais le traitement hormonal est délicat, astreignant, il ne s’agit pas d’une distribution simple et automatique de comprimés !

Mal conduit ou mal suivi, il peut entraîner des pertes vaginales, des tiraillements douloureux des seins, des hémorragies.

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Chez les femmes qui gonflent, se sentent nerveuses, irritables avant les régies, les estrogènes seuls peuvent accentuer ces tendances. Il faudra savoir en compenser les inconvénients en ajoutant en bonne proportion de la progestérone, en modifier les doses ou encore rééquilibrer les proportions entre estrogènes et pro­gestérone, en fonction des différents symptômes que la patiente aura signalés et que le médecin aura consta­tés. Ils peuvent aussi perturber le fonctionnement du foie (qui métabolise les hormones). Ils perturbent l’uti­lisation des graisses et des sucres, ils fixent l’eau dans les tissus, ils sont à compenser particulièrement quand on a tendance à prendre du poids.

Trente années de pilules contraceptives sur des mil­lions de patientes dans le monde ont fourni les meilleurs tests expérimentaux scientifiques que l’on puisse imaginer pour nuancer les traitements hor­monaux. Les appréhensions du début sont éliminées. Les hormones, si elles aggravent un cancer existant, n’en provoquent jamais. Au contraire, si un cancer survient en cours de traitement, il sera diagnostiqué très précocement grâce aux contrôles répétés qu’im­pose le traitement, et donc traité dans les meilleures conditions, avec les meilleures chances de guérison possibles.

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À quel âge arrêter de prendre des hormones ?

Deux questions se posent. Les « récepteurs » que sont les organes répondent-ils à tout âge?

La réponse, là, est affirmative. Des femmes, traitées à soixante ans, ont vu leurs règles réapparaître. I bailleurs, les sécrétions de l’hypophyse continuent jusqu’à un âge très avancé. Quand elles diminuent exagérément, c’est un signe de sénilité poussée. Rien ne s’oppose donc, dans l’organisme, à ce qu’on prenne des hormones pendant de longues années après la ménopause.

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Seconde question : en tire-t-on un bénéfice certain ? I e recul d’une trentaine d’années permet de répondre à peu près sûrement oui… dans une certaine mesure.

Les organes génitaux ne changent pas d’aspect, dans le sens du vieillissement, tant qu’ils reçoivent des sti­mulations hormonales analogues aux sécrétions natu­relles.

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Quant à la peau, elle ne s’use pas puisqu’elle se reproduit sans arrêt. Mais d’autres cibles ne répon­dront peut-être pas indéfiniment, parce qu’elles subis­sent un phénomène de vieillissement propre. Les organes cibles ne deviennent pas forcément sourds ,mx stimulations hormonales, mais ils se dégradent en dehors du système hormonal, par le phénomène de vieillissement physiologique qui consiste, pour les cellules, à accumuler les petites erreurs quotidiennes. Si, sur dix millions de cellules, il y en a deux ou trois qui, tous les jours, se trompent et se remultiplient mal, ces erreurs, accumulées sur plusieurs années, .illeignent un pourcentage qui dépasse un certain chiffre. L’aspect, la fonction de ces cellules se modifie alors.

Au niveau du tube digestif, l’usure ne provient pas du fait que certaines cellules sont usées, puisqu’elles sont détruites et reproduites sans arrêt, mais de la multiplication croissante des erreurs. L’organisme humain n’est qu’un système de cellules; si un certain pourcentage se trompe dans sa reproduction, il y aura d’au­tant moins de cellules normales et, lorsque trop de cellules se sont trompées, l’aspect global et la fonction sont modifiés. À ce moment-là, que ce soient des hormones qui viennent le bombarder ou autre chose, l’organe cible a vieilli, non parce qu’il est devenu insensible à l’hormone, mais parce qu’il a changé petit à petit dans sa constitution.

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Schématiquement, les hormones stimulent la repro­duction, d’où leur danger dans les cancers existants. L’hormone thérapeutique, physiologique, stimule la reproduction cellulaire; elle n’empêche pas certaines cellules de se tromper, mais elle aide les autres à mieux se multiplier; dans ce sens, elle conserve, elle main­tient: elle n’influence pas le phénomène de dégrada­tion, mais le pourcentage de cellules dégradées devient moins apparent du fait qu’il y a plus de cellules saines qui se reproduisent bien.

Si vous avez des contre-indications à leur prise: trop de graisses dans le sang, de l’hypertension, un gros fibrome, des troubles cardiaques, un cancer du sein même guéri, un traitement médicamenteux non hor­monal, associé aux médecines douces, peut éviter les désagréments de la ménopause, et notamment sup­primer les bouffées de chaleur. Il doit toujours s’ac­compagner d’exercice physique, les contractions musculaires contribuant à fixer les protéines et les sels minéraux sur les os, souvent menacés par l’ostéoporose et par l’arthrose.

Des vieillards qui feraient même une seule contrac­tion par jour de tout leur appareil musculaire maintiendraient une bonne minéralisation de leurs os.

En ce virage de la ménopause ou des douleurs apparaissent, où le seuil de la sensibilité se modifie et où l’on devient à l’écoute des moindres douleurs, un bon lube digestif, une bonne alimentation, de l’exercice fait p.ir le patient lui-même, ou par des appareils, ou même une seule contraction par jour, soutenus par un licitement hormonal, permettent le recul de l’arthrose, cl constituent le meilleur gage d’un os en bon état.

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