Infection urinaire à staphylocoque


Une infection urinaire à staphylocoque est une infection des voies urinaires due à une bactérie du genre Staphylococcus, le plus souvent Staphylococcus saprophyticus ou, plus rarement, Staphylococcus aureus, le staphylocoque doré. Ces deux germes n’ont ni la même origine ni la même signification : le premier provoque surtout des cystites simples chez la femme jeune, le second doit faire rechercher une cause sous-jacente. Dans tous les cas, le diagnostic et le traitement relèvent d’un médecin.
Quels staphylocoques sont en cause ?
Les staphylocoques sont des bactéries de forme arrondie, groupées en amas, qui vivent normalement sur la peau et les muqueuses sans provoquer de maladie. Dans les urines, on rencontre principalement :
- Staphylococcus saprophyticus : après Escherichia coli, c’est l’une des causes classiques de cystite aiguë simple chez la jeune femme, en particulier lorsqu’elle a une activité sexuelle ;
- Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) : il est rare dans les infections urinaires de ville. Sa présence oriente vers une sonde urinaire, une intervention récente sur les voies urinaires ou une bactérie passée dans le sang à partir d’un autre foyer infectieux ;
- les autres staphylocoques, comme Staphylococcus epidermidis : ils contaminent souvent le prélèvement, mais peuvent infecter les personnes porteuses d’une sonde ou d’un matériel médical.
Les symptômes
Les signes sont ceux de toute infection urinaire : brûlures en urinant, envies fréquentes et pressantes, urines troubles ou malodorantes, parfois présence de sang. Une fièvre, des frissons ou une douleur dans le bas du dos, d’un seul côté, font craindre une atteinte du rein (pyélonéphrite) et imposent une consultation rapide. Chez l’homme, une infection urinaire avec fièvre peut traduire une infection de la prostate.
Le diagnostic
La bandelette urinaire donne une première orientation. L’examen de référence est l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) : il identifie la bactérie et teste sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). Lorsqu’un staphylocoque doré est retrouvé, le médecin peut rechercher une infection du sang (hémocultures), un abcès du rein ou un autre foyer, au besoin par imagerie. Certaines souches résistent à la méticilline (on parle de SARM), d’où l’importance de l’antibiogramme pour choisir le bon traitement.
Le traitement et la prévention
Le traitement repose sur un antibiotique prescrit par un médecin, choisi selon le type d’infection, le terrain et le résultat de l’antibiogramme ; sa durée varie selon les situations. L’automédication est déconseillée. Les huiles essentielles et les préparations à base de plantes ne remplacent pas un antibiotique en cas d’infection avérée ; certaines huiles essentielles sont d’ailleurs irritantes ou toxiques lorsqu’elles sont avalées, notamment chez l’enfant et pendant la grossesse.
Quelques mesures simples réduisent le risque de récidive : boire suffisamment, ne pas retenir longtemps l’envie d’uriner, uriner après les rapports sexuels, et, chez les personnes hospitalisées, retirer la sonde urinaire dès qu’elle n’est plus nécessaire.
Une fièvre, une douleur lombaire, une grossesse, des symptômes chez un homme ou un enfant, ou des infections à répétition justifient toujours un avis médical.

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