Fatigue et sexualité

> > Fatigue et sexualité ; écrit le: 16 mai 2012 par chiraz modifié le 3 mai 2018

Quels sont les mécanismes de la fatigue sexuelle ?

À première vue, la fatigue sexuelle, quel que soit le sexe concerné, semble pouvoir être rapportée selon les cas à une fatigue physique ou psychologique ; c’est encore plus vrai chez l’homme, étant donné son côté extériorisé et mécanique.

Cependant les deux types de fatigues peuvent se mélanger chez le même individu, ce qui semble faire de la fatigue sexuelle une fatigue « à part » survenant dans un contexte bien particulier. Fatigue-signal, fatigue réactionnelle, fatigue constitutionnelle peuvent se partager la responsabilité de cet état de choses qui, si on ne fait rien, peut aboutir à une impuissance ou à une incapacité à ressentir le plaisir. Dans tous les cas, douleur au moment de l’acte sexuel et absence d’orgasme d’un côté, éjaculation précoce et impuissance temporaire de l’autre, aboutissent à un manque de satisfaction sexuelle, à une frustration devenant elle-même un facteur d’anxiété, de honte ou d’agressivité qui ne fait que majorer les composantes de la fatigue.

On entre alors dans un cercle vicieux, dans lequel on n’arrive plus à démêler si c’est la fatigue qui tue le désir ou si c’est l’absence de désir qui prend le masque de la fatigue.

Pour comprendre ce qui se passe, on peut simplifier les situations ainsi :

  •     l’impossibilité de passer à l’acte ou la difficulté à matérialiser un désir existant (« je voudrais bien, mais je ne peux pas ») peuvent relever d’une évidente fatigue physique, mais aussi d’une fatigue psychologique de type moral : doute, incertitude, rappel des échecs précédents, etc. ;
  •     l’absence de désir sexuel («je n’ai pas envie ») et l’absence de signes de préparation à l’acte, chez l’homme comme chez la femme, peuvent être liées à une fatigue physique incitant en premier lieu au repos ou à une fatigue psychologique induisant la lassitude du ou de la partenaire.

La fatigue sexuelle est à la fois un phénomène singulier et une des composantes de la fatigue globale de l’individu.

Quelle est la prise en charge pour la fatigue sexuelle ?

Consigne : un bon entretien… mais pas d’excès.

La fatigue sexuelle est un domaine volontiers mis à part, mais, d’une certaine manière, elle n’est que le reflet direct ou indirect de la fatigue générale de l’individu et donc, de ce point de vue, elle n’échappe pas aux règles générales de la prise en charge de la fatigue.

En cas de fatigue avérée

Il importe de savoir reconnaître cette fatigue, de se donner du repos, quelles que soient ses modalités, en recourant le cas échéant aux médecines naturelles, qui, répétons-le, ne peuvent en aucun cas remplacer le repos.

Pour éviter l’apparition de la fatigue

Il faut appliquer les conseils classiques :

  •     bien gérer son capital bioénergétique en marchant à l’économie et en prévoyant un plan de récupération.
  •      modifier sa manière de voir les choses en positivant, en relativisant, en banalisant, etc.
  •     réorganiser son mode d’existence : hygiène de vie, lutte contre le stress.

Conseils spécifiques

Ce sujet nécessite certaines réflexions bien particulières. Le sexe fait partie des plaisirs de la vie, mais il n’y a pas que cela dans l’existence. Il est passé, le temps des années 1970 où il était de bon ton selon l’expression familière de : « tirer sur tout ce qui bouge ». Les mentalités ont changé, sans doute aidées aussi par le développement des maladies sexuellement transmissibles. Tous ces événements ont ramené à une philosophie sexuelle plus raisonnable :

  •     pas de doping psychologique ni d’esprit de compétition ; pas de sexe pour le sexe, sans aucun « support affectif »
  •     pour contrer la fatigue physique, une bonne vie sexuelle est indissociable des règles ordinaires d’hygiène de vie : alimentation saine, exercice physique régulier, attitude réservée vis-à-vis des toxiques (tabac, alcool, médicaments, etc.)
  •     pour lutter contre la fatigue psychologique, il faut aussi savoir dédramatiser une « panne sexuelle », afin d’éviter d’entrer dans le cercle vicieux de l’échec, avec ses conséquences difficilement réversibles à long terme.

En définitive, il faut dire que si le sexe n’est plus tabou il n’est pas tout- puissant pour autant ; adopter ce point de vue pourra permettre d’éviter de se fourvoyer dans des voies génératrices de fatigue physique ou psychologique.

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