Il y a cent façons de se brûlure

> > Il y a cent façons de se brûlure ; écrit le: 12 décembre 2011 par La rédaction

Les brulures par liquides chauds

Les brulures par liquides chauds

La brûlure par liquides chauds, ou «ébouillantage», résulte de la projection sur la peau d’un liquide chaud ou bouillant : eau, huile, thé, café, soupe, etc. Quelques milliers d’en­fants par an sont accidentel­lement ébouillantés, dont 80 % d’entre eux ont moins de cinq ans. Parmi ces vic­times, un enfant sur trois doit être gardé à l’hôpital pendant trois semaines, d’autres subissent des mois d’hospitalisation et plusieurs interventions chirurgicales. La brûlure par liquides chauds représente l’une des causes majeures de mort accidentelle chez les enfants et les personnes âgées. Elle a deux causes : un liquide renversé sur la peau et l’immersion dans un bain trop chaud. En cas de brûlure par ébouillantage, la conduite à tenir est la même que pour n’importe quelle brûlure : faire couler de l’eau froide sur la zone brûlée, verser un antiseptique sans badigeonner, ne rien appli­quer et alerter les secours ou emmener la victime à l’hôpital si elle est transpor­table.

La soupe bouillante fait partie des liquides chauds

La classique queue de casse­role agrippée et tirée par un petit enfant devient moins fréquente que par le passé : les parents ont acquis le réflexe de tourner le manche vers le mur et de placer la casserole sur le feu du fond. Mais les liquides renversés au cours des repas continuent à faire des vic­times. Les enfants sont impatients ; s’ils sont plu­sieurs à table, ils chahutent : quelques secondes d’inatten­tion et un geste brusque suf­fisent souvent, si les parents ne font pas preuve d’une vigilance constante, à provo­quer l’accident.

Les enfants ébouillantés dans leur bain

L’immersion dans un bain trop chaud est fréquente et peut entraîner des brûlures au troisième degré. L’eau chaude brûle gravement, même si elle n’est pas bouillante. En France, l’eau chaude sanitaire qui coule des robinets atteint parfois 55°C. Or, de l’eau à 54°C sur la peau pendant 30 secondes brûle au troisième degré. 10 secondes suffi­sent si l’eau est à 60°C. Quand les enfants, com­me les vieillards, sont brûlés dans leur bain, ils ont toutes les chances de l’être grave­ment : affolés, ils tournent les robinets dans le mauvais sens et augmentent l’arrivée d’eau chaude ; faibles physi­quement, ils ne peuvent se relever ni sortir seuls de la baignoire. Une surface Corporelle de 30 à 40 % est couram­ment brûlée : membres inférieurs, bassin, abdomen. Lors d’une fondue, il est bon d’interdire l’accès du poêlon aux enfants de moins de dix ans, et de les servir soi-même. Il faut veiller particulièrement à la stabilité du caquelon et sur­tout à celle de la lampe à brûler.

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Faites régler le mélangeur d’eau chaude à 42°C

L’idéal est de faire régler le mélangeur d’eau chaude à moins de 45°C, une tempé­rature de 42°C étant large­ment suffisante pour les usa­ges ménagers des adultes. Ce réglage du mélangeur doit être effectué par un plombier, qui installera le thermostat dans un endroit.

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Les brulures par solides chauds

Grille-pains, cafetières, fours, plaques électriques et convecteurs de chauffage possèdent des résistances électriques : les fils ou tubes apparents qui rougeoient pour chauffer. Que la peau  les touche quand ils sont au rouge, et elle reste collée… brûlée au troisième degré. C’est une brûlure dite par solides chauds. En cas de brûlure par résistances élec­triques, débranchez  l’appareil et coupez le compteur, puis agissez comme pour n’importe quel­le brûlure : faites couler de l’eau froide sur la zone brû­lée, versez un antiseptique sans badigeonner, n’appli­quez aucun produit et aler­tez les secours ou emmenez la victime à l’hôpital. Pour qu’il ne grille plus les doigts, mettez le grille-pain au coin ! Après usage, rangez dans des placards hors d’atteinte des enfants les grille-pain, gaufriers et grils divers. Ne les ~ laissez pas sortis, même si le geste du rangement paraît parfois contraignant : un grille-pain, avec les tranches de pain qui sautent, repré­sente un jeu très amusant pour un enfant…Faites encastrer les radia­teurs à résistance dans des meubles grillagés et utilisez avec précaution les chauf­fages d’appoint : ne laissez pas un enfant s’en servir seul. Isolez les lampes par des abat-jour et les ampoules électriques (comme les bala­deuses) par un revêtement métallique.

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 Les brulures par flammes

Les enfants allument accidentellement 2000 incendies par an, par maladresse ou parce qu’ils ont joué avec des allumettes ou des briquets, 45% se déclarant à la maison dont 12 % dans la cuisine. Les adultes mettent le feu en utilisant des produits inflammables pour nettoyer ou bricoler, tels que détachants, solvants, et l’inutile et redoutable alcool à brûler. Dans la cuisine ou à table, l’huile bouillante représente un danger constant au cours des fritures et des fondues. Il suffit que de l’huile se renverse et s’enflamme, et c’est l’incendie assuré. Les personnes âgées ne sont pas en reste dans la série des imprudences : leur vue déficiente ou leur frilo­sité les fait passer trop près, ou demeurer trop longtemps à proximité d’un chauffage qui embrase leurs vête­ments.

En cas d’incendie

Appelez les pompiers si vous ne maîtrisez pas un feu ménager dans les 30 secondes. Ce laps de temps de 30 secondes correspond à une don­née précise  fixée par les pompiers. 30 secondes, c’est 30 secondes et non pas 2 minutes. Si vous les appelez au bout de 2 minutes, ils auront plus de difficultés à éteindre : le feu se propage aune vitesse phénoménale. Un adage imagé résume la situation : «Pour éteindre incendie, il faut un verre d’eau à la première minute, un seau à la deuxième, une tonne à la troisième, après, on fait ce qu’on peut».

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Roulez-vous dans un tapis

Si les vêtements sont enflammés, enroulez la victime dans une couverture, un manteau, un rideau (non synthétique), un tapis ou tout autre matériau textile lourd : il étouffe les flammes en les privant d’oxygène. Empêchez la victime de se ruer dehors : les gestes brusques et les courants d’air attisent les flammes. Si vos propres vêtements ont pris feu, faites la même chose : roulez-vous dans une couverture. La priorité est d’éteindre les flammes, sinon elles progressent en profondeur dans les tissus cutanés. S’il s’agit d’huile enflam­mée : ne projetez jamais d’eau. Mettez immédiate­ment un couvercle ou cou­vrez avec une serpillière ou une serviette mouillée. Ne vous saisissez jamais de la friteuse enflammée pour la sortir de la cuisine : elle vous brûlerait les mains, vous la lâcheriez, l’huile se répandrait et enflammerait pour de bon tout l’apparte­ment.

Un détecteur de fumée peut vous sauver la vie

L’installation d’un détecteur de fumée est coûteuse mais elle peut sauver la vie de votre famille. Le feu prend souvent la nuit, et le temps que les parents se réveillent, il est trop tard. Placez un pare-feu devant les feux de cheminée. Posez les chauffages d’appoint loin des voilages en tissu synthé- tique. Surveillez la cuisson de l’huile et des corps gras. Si le téléphone sonne, coupez le gaz ou le courant, ou abstenez- vous de répondre. Ne faites pas la cuisine avec des manches amples, surtout si elles sont en matière synthétique.

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Pour que le barbecue ne tourne pas au drame

Lors d’un barbecue, il est absolument déconseillé de raviver les braises en y pro­jetant de l’alcool à brûler. Ce geste conduit plusieurs cen­taines de brûlés par an dans les hôpitaux. Pour raviver un barbecue, il n’existe qu’un seul moyen, c’est d’éventer avec un morceau de carton ou d’attiser le feu avec un soufflet. N’allumez votre barbecue qu’avec des bâtonnets d’alcool solidifié, éloignez les enfants, et en­fin, conservez un extincteur à proximité

L’éther s’enflamme à distance

Ouvrez la bouteille d’un liquide inflammable loin de toute source de chaleur et abstenez-vous de fumer. Après chaque utilisation, revissez le bouchon : les vapeurs de ces produits sont toxiques. L’essence; les diluants les détachants, les solvants, l’acétone, l’éther et même l’eau de Cologne sont volatils : leurs molécules se répandent dans l’air, et peuvent s’enflammer à distance. Achetez un petit extincteur ménager, de maniement simple (pensez à en lire le mode d’emploi), dit -à poudre polyvalente», utilisable sur les feux de toute origine. Surveillez sa date de péremption.

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Coups de soleil et lampes à bronzer

Les coups de soleil surviennent au cours d’expositions imprudentes ou sans crème protectrice. La peau est brûlée au premier degré, sur une surface plus ou moins étendue. Si tel est le cas, buvez beaucoup d’eau, la peau enflammée se calme en deux jours. Il existe des produits efficaces spécialement conçus pour les coups de soleil, demandez-les à votre pharmacien.

Sur un yacht et sur des skis

L’action du soleil est redoublée dans certaines circonstances : c’est la surexposition, qui ad­vient quand le corps est mouillé par la transpiration ou par l’eau, ou quand le soleil se réfléchit sur la sur­face brillante de la mer (sur un bateau, par exemple) ou de la neige. Les rayons solaires peuvent alors brûler les yeux et léser la cornée. Attention aux lèvres : si les skieurs pensent souvent à les enduire de crème, les estivants négligents parfois cette précaution. Si le coup de soleil peut frapper accidentellement pendant qu’on joue au vol­ley-ball sur la plage, les brû­lures dues aux lampes à bronzer devraient être en théorie plus évitables. Il n’en est rien car leur danger réside dans le fait que lors de l’exposition, la percep­tion des rayons est très trompeuse. Les imprudents, ne ressentant pas la cha­leur et s’imaginant bronzer plus vite, augmentent la puissance et se retrouvent brûlés au deuxième degré, parfois profondément, et sur une surface étendue.

Méladinine et bergamote : danger !

La prise d’une substance chimique comme la méladinine, contenue dans certains médicaments, Provoque une photosensibilisation lors de l’expositon au soleil ou à la lampe à bronzer : la réaction allergique qui s’ensuit peut causer des brûlures sévères. Méfiez-vous aussi de la bergamote : c’est également un produit dangereux et allergisant.

Les brulures chimiques

Quand la peau entre en contact avec un produit chi­mique corrosif sous forme solide (soude ou potasse en cristaux) ou liquide (base ou acide), il se produit un déga­gement intense de chaleur entraînant une réaction ther­mique, qui se traduit par une brûlure grave et profonde. La particularité des brû­lures chimiques est de conti­nuer à s’aggraver en l’absen­ce de lavage immédiat. Les produits chimiques sont de trois sortes : Les acides minéraux forts (acides chlorydrique, fluor- hydrique, sulfurique, nitri­que), utilisés pour décaper sont constitués de molécules meurtrières pour les muqueuses et la peau humaines.

             -Les bases fortes , comme la soude et la potasse, elles, dissolvent les matières organiques sans attaquer le plomb. Produits corrosifs, les bases sont infiniment plus dangereuses que les acides sur les yeux et les muqueuses.

         -Les solvants  (dilueurs, éther, alcool à brûler, acétone, trichloréthylène) ne brûlent pas, mais émettent des vapeurs toxiques pour les voies respiratoires et sont irritants pour la peau et les yeux. Inflammables, ils sont une cause  fréquente d’incendies.

Brûlure chimique : ce que vous devez faire

Avant d’approcher un blessé contaminé et de le toucher, protégez vos mains, enfilez des gants de ménage pour lui porter secours. Ne vous touchez pas les yeux avec les mains, préservez-vous de tout contact avec le produit chimique.

Beaucoup d’eau et rien d’autre

Il faut laver abondamment la victime à l’eau du robinet (ni chaude, ni glacée), immédiatement et longtemps, pendant un bon quart d’heure. Versez des seaux d’eau, allez sous la douche, aspergez-la avec le jet du tuyau d’arrosage, immergez-la dans la piscine, tout est bon pourvu que la quantité d’eau soit très abondante afin de noyer le produit chimique par dilution et d’atténuer son action corrosive. D’autres personnes ou des animaux avec l’eau souillée qui s’écoule du lavage. Ensuite, retirez les vêtements du blessé, ne touchez pas la zone brûlée, n’appliquez ni lotion ni pommade, ne percez pas les cloques, versez un anti- septique sans badigeonner et emmenez la victime d’urgence à l’hôpital le plus proche. Il n’existe aucun produit chimique neutralisant, les produits appliqués dans le temps sont aujourd’hui considérés comme des erreurs graves. Ni acide borique (une hérésie prônée pendant des an- nées), ni vinaigre, ni citron qui augmentent les risques d’infection.

Vingt minutes de lavage, montre en main, pour sauver un œil

Quand l’œil est tou­ché par une goutte de produit chi­mique, faites couler de l’eau dessus pendant vingt minutes, montre en main, et n’arrêtez pas avant, sous peine de risquer de perdre l’œil. Si vous êtes deux, maintenez la tête du blessé avec l’œil ouvert sous le filet d’eau d’un robinet, et veillez à ce que l’eau contaminée s’écoule au-delà du visage du blessé et de vos mains.

Si vous êtes seul, trempez votre visage, l’œil ouvert, dans une bassine d’eau froide. Videz-la, et recommencez pendant vingt minutes. Si ces deux actions s’avè­rent impossi­bles sur un blessé, versez  de l’eau sur son œil atteint appliquez une compresse stérile sur l’œil fermé un hôpital spécialisé en ophtalmologie, si possible.

Mais que sont doncces acides ?

1.   L’acide chlorhydrique. Retenez qu’il suffit d’une goutte d’acide chlorhydrique sur la peau pour provoquer une intense douleur.

Attention : la dis-solution de l’acide chlorydrique dans l’eau dégageant de ,la chaleur, il faut la diluer en versant cette substance dans l’eau, et non le contrai­re. Car si vous versiez de l’eau sur de l’acide, vous ris­queriez de recevoir des pro­jections de l’eau qui se vaporise au contact de l’acide concentré.

2.  La composition de l’acide fluorhydrique lui donne la propriété particulière de tra­verser les couches grais­seuses de la peau. Lors d’une brûlure, ce terrifiant acide progresse en profon­deur sans s’arrêter, dévastant tous les tissus sur son

passa­ge En cas de brûlure, la vic­time emmenée à l’hôpital se verra administrer des appli­cations de gluconate de cal­cium sous forme de gel si la brûlure est traitée assez tôt, ou sous forme d’injections sous-cutanées si la brûlure remonte à quelques heures. Le calcium neutralise le fluor et bloque la progression de l’acide. L’acide fluorhydrique met en danger de mort par intoxication généralisée quand il a brûlé 1  à 2 % de la surface corpo­relle (l’équivalent d’une ou deux paumes de main).

3.   L’acide sulfurique, concentré, est le fameux vitriol. Sa consistance étant huileuse, avant de laver à grande eau en cas de brûlu­re, essuyez-le d’abord avec du papier de ménage jetable, en ayant au préalable enfilé des gants de caoutchouc. Il arrive que des jardiniers amateurs l’utilisent pour détruire plus facilement les pieds de souche. Cet usage est à proscrire. Il existe d’autres produits appropriés.

4. l’acide nitrique possède, plus de sa propriété corrosive, une propriété oxydante il attaque les protéines de la peau qui devient jaune. C’est un agent de dégradation  des tissus très dangereux.ne nettoyez jamais avec de l’alcool un récipient qui a contenu de l’acide nitrique :la réaction peut provoquer une explosion.

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