Qu’est -ce qu’une brûlure

> > Qu’est -ce qu’une brûlure ; écrit le: 12 décembre 2011 par La rédaction

Deuxième ou troisième degré

Lésion corporelle résultant du contact de la peau avec une chaleur vive (eau chau­de, vapeur brûlante, pro­duits chimiques, rayonne­ments), la brûlure est un accident grave. Causées par un accident domestique dans 70 % des cas, les brû­lures tuent et pour les survi­vants, elles entraînent des souffrances atroces et des infirmités à vie. Les acci­dents du travail n’intervien­nent que dans 25 % des cas, les accidents de la circula­tion dans 5 %, c’est donc la majorité du temps une négli­gence domestique qui pro­voque la brûlure. Quand elle est légère, elle exige tout de même un traitement très attentif pour éviter l’infection de la plaie et, si elle est située dans la moitié inférieure du corps, elle immobilise et oblige à un arrêt de travail. Chaque année en France, environ 300 000 personnes sont brûlées : 30 000 d’entre elles sont contraintes à un arrêt-maladie. Sur ce nom­bre, 15 000 sont hospitali­sées, dont 3000 dans un centre spécialisé pour brûlés : avec une atteinte de plus de 50 % de surface cor­porelle, la guérison est longue et douloureuse et les victimes en conservent des séquelles définitives et des handicaps. Les personnes les plus vulnérables sont les enfants et les personnes âgées (voir l’encadré ci-contre «Les Enfants et les personnes âgées»).

Le risque d’infection

Le problème crucial dans toute brûlure sérieuse est, hormis le traumatisme dont est victime l’organisme, la mise à nu des couches profondes du tissu cellulaire offrant la plaie à l’infection. C’est donc sur la prévention de l’infection que travaillent d’abord médecins et infirmières, après avoir évalué la gravité de la brûlure, qui dépend de son étendue, de sa pro- fondeur et de l’âge de la victime. L’âge est un facteur fondamental pour la guérison, ou la survie. Ainsi selon l’indice de Baux utilisé par les médecins, un blessé âgé de 70 ans brûlé sur 30 % du corps dans un état aussi grave qu’un blessé de 30 ans brûlé à 70 %. Chaque année sup­plémentaire en âge équivaut, dans le pronostic vital, à 1% de surface brulée en plus. L’atteinte des zones délicates de corps complique la   guérison : organes génitaux, orifices naturels (difficultés de cicatrisation à cause des muqueuses humides), articulations, extrémités, (pieds et mains), visage.  L’étendue de la brûlure est évaluée selon la règle des 9 : quand 9 % de la surface corporelle est brûlée, l’hospitalisation est obligatoire. Sachant qu’une paume de main égale 1 % de surface corporelle, un membre supérieur, par exemple, représente 9 pau­mes de main, donc 9 % de surface brûlée. Enfin, de la profondeur d’une brûlure dépendent les difficultés de reconstitution de l’épiderme.

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Deuxième ou troisième degré ?

La brûlure superficielle est du premier degré, par exemple, un coup de soleil léger. Il y a rougeur, parfois œdème, le tout guérit en trois ou cinq jours. Dans le deuxième degré superficiel, seul l’épiderme a été atteint, quelques cloques se sont formées. La guérison sans séquelles doit survenir en une ou deux semaines. Le deuxième degré profond (brûlures dites «intermédiaires») laisse des séquelles inesthétiques (cicatrices) ou invalidantes (difficultés motrices). La brûlure guérit en deux à quatre semaines, seule, sans intervention chirurgicale. Il n’en est pas de même d’une brûlure au troisième degré : une greffe est néces­saire pour obtenir la cicatri­sation. La plaie est indolore car les terminaisons ner­veuses sont détruites. Les brûlures graves et importantes, surtout dans le cadre des incendies, peu­vent entraîner les complica­tions suivantes :

• Quand les cloques (voir encadré ci-contre) sont nombreuses et étendues, la migration d’une grande quantité de plasma vers les plaies provoque un état de détresse vitale parce que les organes essentiels sont in­suffisamment irrigués par le sang. En milieu hospitalier, le blessé est alors mis en réanimation.

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• Dans un incendie, quand les gaz toxiques contenus dans la fumée atteignent les muqueuses des poumons, ils se transforment chimique­ment en acides et provo­quent des brûlures internes très graves, dites «brûlures respiratoires».

• Les brûlures profondes au visage et au cou provoquent la formation d’un œdème qui comprime les muqueu­ses et gêne le passage de l’air, entraînant une détresse respiratoire.

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Les toutes petites brules

 Vous ne pouvez soigner seul que les brulures bénignes : surface rouge de faible dimension due à un coup de soleil ampoule consécutive à un frottement (chaussure, tour­nevis, corde) ou petite cloque provoquée par un fer à repasser, une cigarette. Ne négligez pas ces petites plaies, surtout chez les enfants. Vous pouvez recouvrir la plaie d’un tulle gras : les médecins recom­mandent Vaselitulle ou Jelonet, les autres tulles étant parfois allergisants. Recouvrez d’une compresse stérile, entourez le tout d’une bande. Quelle que soit son importance, une brûlure doit cicatriser spontanément en moins de 10 jours. Toute plaie non résorbée au-delà d’une semaine présente un risque certain d’infection et impose la consultation d’un médecin dans les plus brefs délais.

En cas de brulure : d’abord de l’eau

Faites couler de l’eau froide du robinet pendant quelques minutes sur la zone brûlée, c’est la première chose à faire pour éviter l’approfondissement de la brûlure. Versez un antiseptique sur la plaie, sans badigeonner, rincez au sérum physiologique ou à l’eau, qu’il faut verser sans toucher la plaie. Vous pouvez donner un peu à boire à un brûlé seu­lement si la brûlure n’est pas trop grave (moins de 9 % de la surface corporelle).Enlevez immédiatement et avec douceur tous les vêtements, y compris les vêtements en nylon, qui ne collent pas, contrairement à une idée fausse encore répandue. Mais ne retirez jamais des vêtements refroi­dis et secs : il est trop tard, les services hospitaliers s’en chargeront. Enlevez délicatement bagues, montre, ceinture et chaussures qui entourent la zone brûlée, avant qu’elle ne gonfle. N’appliquez jamais, de lotion, de pommade, de pansement adhésif au cours des premiers soins d’urgence. Seul le médecin, s’il le juge utile, peut ultérieurement en prescrire.

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Ne couvrez pas une brulure du visage

Ne percez pas les cloques, n’arrachez pas les lambeaux de peau, ne tentez pas de retirer quoi que ce soit qui reste collé à la zone brûlée. Une brûlure peut être laissée à l’air : il n’est pas indispensable de la couvrir. Si tout le corps est touché, couvrez le blessé nu avec un drap stérile ou un tissu propre et allongez-le sur le dos sur une couvertu­re ou un matelas.Une brûlure du visage ne doit pas être couverte : tout tissu appliqué sur le visage risque de coller aux mu­queuses des yeux et de la bouche. Aussi habile que soit le chirurgien, il ne pour­ra pas retirer le tissu sans créer de dommages graves.

Si la brûlure est grave

Si plus de 9 % de la surface corporelle est brûlée (l’équivalent d’un membre), la victime doit être hospitalisée dans un centre spécialisé pour grands brûlés (voir encadré «Les Centres de brûlés»). Ne lui donnez pas à boire ; si l’estomac n’est pas vide cela retardera l’anesthésie : l’endormissement entraînant la diminution des réflexes de déglutition, il s’ensuit souvent des vomissements dont le contenu peut

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