Comment vérifier le bon fonctionnement de la thyroïde ?

> > Comment vérifier le bon fonctionnement de la thyroïde ? ; écrit le: 6 avril 2012 par aboura

La vérification du bon fonctionnement de la thyroïde est faite essentiellement grâce aux dosages de laboratoire et à l’imagerie médicale. Certains patients peuvent avoir un taux d’hormones thyroïdiennes trop élevé : ils présentent alors une hyperthyroïdie. D’autres peuvent avoir un taux d’hor­mones thyroïdiennes trop bas et sont atteints d’hypothyroï- clie. À l’inverse, on peut avoir un goitre ou des nodules dans la glande thyroïdienne, sans présenter de dysfonctionnement de la thyroïde.

Les dosages de laboratoire et les examens morphologiques sont le plus souvent indiquées pour :

  • confirmer un diagnostic clinique d’un dysfonctionnement thyroïdien.
  • suivre le traitement des personnes présentant un dys­fonctionnement thyroïdien.
  •  préciser l’indication chirurgicale de l’ablation de nodules cancéreux ou non.

Les différents dosages de laboratoire sont :

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La détermination du taux de TSH Cthyréostimuline:

Rappel : la TSH est une hormone sécrétée par l’hypophyse qui pousse la glande thyroïdienne à sécréter des hormones thyroïdiennes. Une baisse des hormones thyroïdiennes dans le sang entraîne une augmentation de la TSH dans le sang et vice-versa. Par conséquent, un dosage sensible du taux de la TSH sanguine est indiqué pour dépister un dysfonctionne­ment de la glande thyroïdienne.

Le dosage de la TSH sanguine permet de différencier les personnes qui présentent une hyperthyroïdie de celles qui ont une hypothyroïdie, enfin de celles qui sont dans la nor­male.

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Par conséquent : une affection primaire de la glande thy­roïde est impossible avec un taux normal de TSH. Par contre, un taux élevé de TSH indique une hypothyroïdie tandis qu’un taux bas de la TSH indique une hyperthyroïdie.

Remarque : on peut rencontrer chez des patients prenant des médicaments comme des corticostéroïdes, chez des patients présentant une affection psychiatrique sévère ou une maladie non-thyroïdienne, un taux de TSH sanguine per­turbé.

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Ce dosage se fait de préférence le matin, à jeun. Les taux restent toujours variables en fonction du laboratoire. En règle générale, la valeur normale se situe aux alentours de 0,1 à 5 j-iU/ml plasma.

Le taux sanguin des hormones thyroïdiennes T3 et T4:

On mesure les taux sanguins des fractions libres des hor­mones thyroïdiennes T41 (thyroxine) et T31 (triiodothyroxine) lorsque le taux de TSH sanguine est anormal. Ainsi, si une personne est atteinte d’une hyperthyroïdie, les taux sanguins des hormones thyroïdiennes T41 et T31 se retrouvent élevés alors que le taux de TSH est faible ou nul. Inversement, lorsque le patient est atteint d’une hypothyroïdie, le taux de TSH est élevé et le taux sanguin de T41 est bas. Depuis que les médecins se servent des dosages de la TSH en première intention, ils trouvent des patients avec des taux bas ou éle­vés de la TSH, mais avec des taux sanguins encore normaux des hormones thyroïdiennes T41 et T31.

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Les anticorps thyroïdiens:

Chez certains patients présentant une maladie appelée “la thyroïdite d’Hashimoto”, on parle d’affections auto-immunes. Les anticorps thyroïdiens sont des protéines sanguines qui vont réagir avec certaines des propres protéines sanguines du patient (appelées antigènes) dans la glande thyroïdienne. Chez les patients atteints de la thyroïdite d’Hashimoto, on peut dénombrer un taux élevé d’anticorps et par conséquent diagnostiquer une maladie auto-immune. Cependant, chez certaines personnes, de faibles taux d’anticorps peuvent être détectés (c’est souvent le cas chez les personnes âgées saines) sans qu’aucune pathologie ne soit décelée. Chez les patients atteints d’un goitre exolphtalmique (hyperthyroïdie), on peut encore détecter la présence sanguine d’un autre type d’anticorps (les anticorps thyréotropes) qui stimulent la glande thyroïde et donc génèrent l’augmentation de l’activité des cellules de la thyroïde.

Les examens morphologiques sont les suivants :

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La scintigraphie de la thyroïde:

La glande thyroïdienne utilise l’iode pour la synthèse des hormones thyroïdiennes. De la même façon, la glande thy­roïde fixe et transforme l’iode radioactif par métabolisme. Après administration d’iode radioactif, la glande thyroïdienne va fixer environ 20 % de la quantité ingérée d’iode radioactif en vingt-quatre heures. On ne court aucun danger, car les doses d’iode administrées sont infimes. Cet examen, la scinti­graphie, permet d’obtenir une image de la glande et de voir comment le radio traceur (iode mais aussi le technétium) y est réparti.

L’épreuve de fixation va permettre de séparer les causes permanentes d’hyperthyroïdie comme le goitre exophtal­mique (maladie de Basedow) et le nodule toxique (où la fixa­tion restera élevée de façon diffuse ou localisée), des causes temporaires comme en cas de thyroïdite où cette fixation est faible.

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De plus, la scintigraphie donne une idée de la forme et du volume de la glande thyroïde et permet de déterminer, lors de la présence de nodules thyroïdiens, si ceux-ci sont fonc­tionnels ou non (nodules dit froids).

L’échographie thyroïdienne:

Une image de la glande thyroïdienne peut être obtenue par ultra-sons qui donnent des informations très précises sur la taille et la forme de la glande thyroïdienne ainsi que d’eventuels nodules

La cytoponction de la thyroïde:

Il est fréquent de pratiquer des cytoponctions de la glande thyroïdienne, qui figure même parmi les premières investiga­tions sur des patients présentant des nodules thyroïdiens iso­lés. La méthode consiste à introduire une petite aiguille fine montée sur une seringue dans la région qui présente une anomalie de la glande thyroïdienne. Le but de l’examen est d’extraire un certain nombre de cellules qui vont être dépo­sées sur une lame de microscope. Le médecin pathologiste va ensuite les examiner afin de détecter la présence d’une ano­malie des cellules de la glande thyroïdienne. Cette technique est relativement simple, rapide et peu douloureuse (c’est-à- dire pas plus douloureuse qu’une prise de sang). Par le biais de la cytoponction, on peut également ponctionner le liquide des kystes de la glande thyroïdienne.

De la même manière, le patient ne ressent qu’une faible douleur localisée. On peut, tout au plus, craindre, dans cer­tains cas, une légère tuméfaction ou un petit hématome loca­lisé. À noter, que l’on ne connaît pas de cas de diffusion de cancer de la glande thyroïde par cette méthode. On ne pra­tique pas d’anesthésie locale lors de cet examen d’investiga­tion, même chez les enfants.

Remarque : on n’utilisera pas cette méthode si l’examen cli­nique ne permet pas de distinguer de tuméfaction ou de nodule de la glande thyroïde. Les nodules non palpables seront ponctionnés sous repérage échographique. La cyto­ponction à l’aiguille fine est indiquée dans des nodules thy­roïdiens, et des goitres multi-nodulaires. Pourtant, la seule manière infaillible de révéler la nature du nodule de la glande thyroïdienne demeure la chirurgie. La cytoponction de la glande thyroïdienne permet, quant à elle, de déterminer dans 85 à 90 % des cas un diagnostic sur la nature du nodule et de faire la différence entre les tumeurs bénignes et les cancers. L’intérêt de la cytoponction thyroïdienne dépend des compé­tences de celui qui l’effectue et du médecin pathologiste qui examine les prélèvements de la glande thyroïdienne.

Outre les différents examens biologiques ou ceux apparte­nant à l’imagerie médicale, d’autres examens spécifiques de la fonction de la glande thyroïdienne peuvent être cités mais présentent peu d’intérêt :

  •  L’iode total

Il s’agit du dosage de l’iode hormonal (donc de l’iode sécrété par la glande thyroïdienne), ajouté au dosage de l’iode non hormonal, qui sera absorbé mais non transformé en hormone.

À l’état normal, la quantité d’iode total est de six à douze microgrammes pour 100 ml de plasma. En cas d’hyperthyroï- die, l’iode total est élevé et inversement en cas d’hypothyroïdie.

  • L’iode hormonal (appelé autrefois BEI)

Sa valeur normale est de cinq à dix microgrammes pour cent ml de plasma. Dans les hyperthyroïdies, sa valeur est supérieure à dix microgrammes pour cent ml de plasma.

Dans les hypothyroïdies, sa valeur est inférieure à 3 micro­grammes pour 100 ml de plasma.

L’iode hormonal représente l’ensemble des hormones thy­roïdiennes. Aujourd’hui, on préfère le dosages des fractions libres des hormones thyroïdiennes T31 et T41.

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