Comment fonctionne la thyroïde?

> > Comment fonctionne la thyroïde? ; écrit le: 6 avril 2012 par aboura

Le rôle des hormones thyroïdiennes:

Comme toute glande endocrine, la thyroïde va secréter des hormones.

Dans le cadre de la thyroïde, on parle de deux types d’hor­mones:

  •  la T4 (tétraiodothyryonine ou thyroxine),
  •  la T3 (triidothyronine).

L’action de ces deux hormones est indispensable à toutes les cellules de l’organisme.

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La T4 va être fabriquée en grande quantité par la thyroïde, circuler dans le sang et être transformée à l’intérieur des cel­lules en T3 qui est l’hormone active (mais aussi en rT3 qui est inactive et qui repart dans la circulation sanguine).

Afin que les hormones thyroïdiennes soient secrétées par la glande thyroïde en fonction des besoins de l’organisme, il existe une petite glande rattachée à la base du cerveau et du crâne appelée l’hypophyse, qui fabrique une hormone régu­latrice qui agit directement sur la glande thyroïde : la TSH (thyréostimuline). En fait, cette hormone va stimuler la thy­roïde lorsque le taux des hormones thyroïdiennes baisse dans le sang. Inversement, lorsque le taux de T3 et de T4 dans le sang est trop élevé, la TSH arrête d’être secrétée par l’hypo­physe.

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Remarque : on parlera d’hyperthyroïdie lorsque la glande thyroïde secrète trop d’hormones et d’hypothyroïdie lorsque la sécrétion d’hormones est insuffisante.

Ces hormones thyroïdiennes sont des peptides sur lesquels sont fixés un élément naturel, l’iode, apporté par notre ali­mentation et capté par la glande thyroïde.

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Il convient de noter qu’en France l’alimentation apporte environ cent microgrammes d’iode par jour, ce qui est légè­rement insuffisant pour un bon équilibre (150-200 ug/j).

Où se trouve l’iode dans notre alimentation ?

Les sources d’iode alimentaire en microgrammes pour cent grammes sont :

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  • Algue marine : 7 000
  •  Morue fraîche : 500
  • Hareng fumé : 100
  • Soja : 100
  • Crustacés : 30
  •  Haricots verts : 30
  • Laitages : 20
  • Œuf : 4 à 10
  • Viande : 5
  • Sardine : 1
  •  Eaux (régions normales) : 2 à 15
  • Eaux (régions à goitres) : 0,1 à 1

L’iode est donc un élément indispensable au bon fonction­nement de la glande thyroïde et à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Elle est présente dans les aliments et dans l’eau que nous consommons chaque jour. Malheureusement, certaines régions du globe présentent des carences en iode comme la région des Grands Lacs du Canada et des États- Unis, les Alpes et les régions montagneuses de l’Europe et de la Tasmanie. L’iode doit alors être ajoutée au sel ou au pain afin de maintenir, dans l’organisme, un bon taux.

Le rôle de l’hypophyse et de l’hypothalamus:

Le fonctionnement de la glande thyroïde ne peut pas être dissocié de celui du groupe Hypothalamus/Hypophyse/ Thyroïde.

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En effet, deux autres organes sécrètent des hormones qui influent sur les sécrétions hormonales de la glande thyroïde :

  •  L’hypophyse que l’on trouve en bas du cerveau, sécrète la TSH ou thyroid stimulating hormone ou thyrotropine ou thyréostimuline qui stimule les sécrétions hormonales de la glande thyroïde.
  • L’hypothalamus que l’on retrouve au-dessus de l’hypo­physe dans une petite région du cerveau, sécrète une hor­mone la TRH (thyrotropin releasing hormone) ou thyrolibé- rine qui stimule la sécrétion de TSH.

Le mécanisme de fonctionnement de ce groupe est le sui­vant :

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Si le taux d’hormones thyroïdiennes baisse dans le sang alors l’hypothalamus le détecte, l’enregistre et libère de la TRH qui va stimuler l’hypophyse et déclencher une libération de TSH. L’augmentation du taux de TSH sanguine provoque, à son tour, une sécrétion des hormones thyroïdiennes ce qui entraîne un retour à la normalité du taux sanguin des hor­mones thyroïdiennes.

En résumé, ces trois glandes et les hormones qu’elles sécrè­tent forment l’ensemble : “Hypothalamus/Hypophyse/Thyroïde”.

Le goitre endémique en région de carence iodée est l’exemple même du dysfonctionnement du groupe évoqué ci-dessus. En effet, dans les régions où l’alimentation contient un taux normal en iode, les sécrétions hormonales de la glande thyroïde sont normales, tout comme celles de la TSH. C’est-à-dire, que la glande thyroïde, sous l’action de la TSH, capte l’iode de l’alimentation qui entraîne une sécrétion hor­monale thyroïdienne normale. Par contre, si l’alimentation est insuffisamment iodée et que le taux des sécrétions hormo­nales thyroïdiennes sanguines est bas, la TRH, sécrétée par l’hypothalamus, déclenche une augmentation importante de libération de TSH par l’hypophyse. De la même façon, l’hy­pophyse réagit à un taux bas des hormones thyroïdiennes dans le sang et, dans ce cas-là la TSH augmente. Cette aug­mentation de la TSH permet à la glande thyroïde d’utiliser le maximum d’iode provenant de l’alimentation et de l’eau de table. Mais la TSH va augmenter la croissance des cellules de la glande thyroïde et par conséquent la taille de la glande thy

roïde. Ces différentes réactions biologiques expliquent pour­quoi dans certaines régions du monde, pauvres en iode (déjà citées), un grand nombre des habitants ont un goitre. Pour que le taux sanguin d’hormones thyroïdiennes reste normal, la sécrétion de TSH doit rester à un niveau élevé, d’où l’aug­mentation de volume de la glande thyroïde et l’apparition du goitre.

Les hormones sécrétées par la glande thyroïdienne ne cir­culent pas librement dans le sang. Elles sont majoritairement associées à des protéines sanguines qui captent les hormones thyroïdiennes. Seule la proportion des hormones thyroï­diennes qui est libre est active dans les différents tissus orga­niques. Il faut savoir que cette proportion d’hormones thyroï­diennes libres ne représente que 1 % de l’ensemble des hor­mones sécrétées par la glande thyroïde. Parfois, chez les femmes enceintes ou chez celles qui prennent des contra­ceptifs oraux, le taux élevé d’œstrogènes (les hormones sexuelles femelles) va augmenter le nombre de protéines sanguines qui sont liées aux hormones thyroïdiennes.

L’organisme est alors obligé de compenser en augmentant sa sécrétion des T3 et des T4 afin de maintenir la bonne pro­portion d’hormones libres. Malgré tout, ces personnes pré­senteront toujours des taux élevés de T3 et de T4 totales mais normaux d’hormones libres. De la même façon, elles auront un taux de TSH inchangé puisque la proportion d’hormones thyroïdiennes libres n’est pas modifiée.

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