Anatomie artère cérébrale postérieure
L’artère cérébrale postérieure (en latin arteria cerebri posterior) est l’artère qui irrigue la partie arrière du cerveau, en particulier le lobe occipital, siège de la vision, ainsi que la face inférieure du lobe temporal et une grande partie du thalamus. Il en existe une de chaque côté. Elle naît le plus souvent de la bifurcation du tronc basilaire, au terme du système vertébro-basilaire.
Origine et segments
Les deux artères cérébrales postérieures naissent de la division du tronc basilaire, à la hauteur de la jonction entre le pont et le mésencéphale, dans la citerne interpédonculaire. Chacune contourne ensuite le mésencéphale avant de rejoindre la face inférieure et médiale des hémisphères. On la divise classiquement en segments :
- P1 : de l’origine à la jonction avec l’artère communicante postérieure, qui la relie au système carotidien dans le cercle artériel du cerveau (polygone de Willis) ;
- P2 : autour du pédoncule cérébral, dans la citerne ambiante, le long de la face médiale du lobe temporal ;
- P3 : dans la citerne quadrigéminale, en arrière du mésencéphale ;
- P4 : la portion corticale, qui se divise dans la région du sillon calcarin.
Branches
Les branches profondes naissent surtout des premiers segments : artères thalamo-perforantes issues de P1, artères thalamo-géniculées et branches pédonculaires issues de P2, artères choroïdiennes postérieures médiale et latérale qui gagnent les plexus choroïdes des ventricules. Les branches corticales comprennent les artères temporales inférieures, l’artère pariéto-occipitale et l’artère calcarine, destinée au cortex visuel primaire. Une branche gagne aussi la région du splénium du corps calleux.
Territoire
L’artère cérébrale postérieure vascularise :
- le lobe occipital, dont le cortex visuel autour du sillon calcarin, le cunéus et une partie du précunéus ;
- la face inférieure et médiale du lobe temporal, dont l’hippocampe et le gyrus parahippocampal ;
- une grande partie du thalamus, les corps géniculés et des portions du mésencéphale ;
- les plexus choroïdes du troisième ventricule et de la corne temporale du ventricule latéral.
Variations
La disposition du cercle artériel du cerveau varie beaucoup d’une personne à l’autre. Dans la variante dite « fœtale », l’artère cérébrale postérieure est alimentée principalement par l’artère carotide interne, à travers une artère communicante postérieure de gros calibre, le segment P1 étant grêle. Cette disposition change la provenance du sang en cas d’obstruction d’une artère et doit être connue lors de l’interprétation des examens.
Intérêt clinique
Un infarctus dans le territoire de l’artère cérébrale postérieure, souvent dû à une embolie, se manifeste typiquement par une perte de la moitié du champ visuel du côté opposé (hémianopsie latérale homonyme), parfois avec respect de la vision centrale. Selon les branches atteintes, s’y ajoutent des troubles sensitifs par atteinte du thalamus, des troubles de la mémoire ou des difficultés à reconnaître les objets ou les couleurs. Toute perte brutale de la vue ou d’une partie du champ visuel impose d’appeler immédiatement les secours (le 15 en France).

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