Anatomie artère choroïdienne antérieure
L’artère choroïdienne antérieure (en latin arteria choroidea anterior, en anglais anterior choroidal artery) est une branche collatérale de l’artère carotide interne qui irrigue des structures profondes du cerveau, en particulier les voies optiques, une partie de la capsule interne et le plexus choroïde du ventricule latéral. Fine mais stratégique, elle est bien connue des neurologues et des neurochirurgiens, car son occlusion peut provoquer un accident vasculaire cérébral aux conséquences importantes.
Origine
Elle naît de la face postérieure de la portion terminale de l’artère carotide interne, quelques millimètres au-dessus de l’origine de l’artère communicante postérieure et avant la division de la carotide en artères cérébrales antérieure et moyenne. Contrairement à ce qu’affirment certaines descriptions, ce n’est donc pas une branche terminale de la carotide interne, mais une collatérale. Plus rarement, elle naît de l’artère cérébrale moyenne ou de l’artère communicante postérieure.
Trajet
On lui distingue classiquement deux segments.
- Le segment cisternal, proximal, se porte en arrière et en dedans, longe le tractus optique, chemine en dedans de l’uncus et contourne le pédoncule cérébral.
- Le segment plexal, distal, pénètre dans la corne temporale du ventricule latéral par la fissure choroïdienne et accompagne le plexus choroïde ; son point d’entrée est appelé point plexal.
Sa terminaison, variable, se fait dans le plexus choroïde, où elle s’anastomose avec les artères choroïdiennes postérieures, branches de l’artère cérébrale postérieure.
Territoire
- le tractus optique et une partie du corps géniculé latéral ;
- une partie du bras postérieur de la capsule interne et l’origine des radiations optiques ;
- une partie du globus pallidus et de la queue du noyau caudé ;
- des structures du lobe temporal médial : uncus, amygdale, partie antérieure de l’hippocampe ;
- une partie du pédoncule cérébral ;
- le plexus choroïde de la corne temporale.
Ce territoire est en équilibre avec ceux des artères voisines, cérébrale postérieure, communicante postérieure et cérébrale moyenne : lorsqu’une artère est grêle, sa voisine prend le relais sur une partie de son territoire. C’est la principale source de variations d’un individu à l’autre.
Intérêt clinique
L’occlusion de l’artère choroïdienne antérieure provoque un infarctus profond. Le tableau classique associe, du côté opposé à la lésion, une paralysie d’un côté du corps (hémiplégie), une perte de sensibilité du même côté (hémianesthésie) et une perte de la moitié du champ visuel des deux yeux (hémianopsie latérale homonyme). Cette triade complète est cependant rare, et les formes partielles sont fréquentes.
L’origine de l’artère est une localisation connue des anévrismes de la carotide interne, et l’artère doit être repérée et préservée lors des interventions sur cette région ou sur le lobe temporal, notamment en chirurgie de l’épilepsie. Enfin, toute apparition brutale d’une faiblesse d’un côté du corps, d’une perte de sensibilité ou d’un trouble de la vision impose d’appeler les secours sans attendre, en composant le 15 ou le 112.


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