Affronter les bouleversements alimentaires : Le droit d’inventaire

> > Affronter les bouleversements alimentaires : Le droit d’inventaire ; écrit le: 17 février 2012 par Mahfoudhi

Que de connaissances accumulées et pourtant quel environnement nutritionnel étrange, quelle cacophonie dans le discours nutritionnel, quels messages réducteurs, voire trompeurs, quelles pratiques alimentaires aberrantes! Mais aussi, parfois, de réels progrès, une reconnaissance du bienfait des aliments, celui des fruits et légumes en particulier, la réhabilitation du pain, la valorisation des huiles, des poissons, la découverte du rôle des micro- nutriments et des autres facteurs de protection alimentaire.

Cependant, quel malaise d’être confronté à cette foire d’empoigne alimentaire. Des agriculteurs à la peine, des consommateurs nostalgiques d’une alimentation perdue, des interrogations et des doutes dans la majorité des esprits ; des angoisses parfois, des troubles alimentaires fréquents, des technocrates et des économistes fiers des milliards dégagés !

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Ce  pourtant, comment ne pas être émerveillé par les potentialités de notre chaîne alimentaire, la diversité des productions végétales et animales, la complexité des aliments, le potentiel de bien-être et de santé d’une alimentation saine et équilibrée ? On n’a jamais aussi bien compris qu’aujourd’hui la nature des relations entre alimentation et santé. Ces relations peuvent être extrêmement positives, comment pourrait-on les taire et rester inactif ? Ce serait étonnant, incompréhensible. Pourtant, que de messages brouillés, à la différence d’autres secteurs de la biologie et de la médecine, où la moindre découverte d’une expression génétique nouvelle est toujours annoncée comme majeure, essentielle, porteuse d’espoirs de traitements, le plus souvent sans lendemain.

C’est peut-être parce que les bienfaits (ou les méfaits) de l’alimentation ont été pressentis depuis longtemps que notre société a de la peine à s’émerveiller devant un état de fait aussi positif. Sans doute aussi les relations entre alimentation et santé ne semblent-elles pas immédiates, à la différence de médica­ments. Pourtant, il y a matière à s’enthousiasmer ! Une bonne nutrition à l’échelle d’une vie permet tout simplement la préven­tion de la majorité des pathologies ou une forte réduction de leur prévalence. Une bonne alimentation, la première condition pour un bon développement fœtal, un bon départ à la naissance, une garantie pour un développement harmonieux, l’expression d’un beau phénotype, un atout pour un bon fonctionnement intellectuel et physique, un bien-être durable, un antidote à la dépres­sion, une source infinie de convivialité, un accompagnement essentiel pour bien vieillir. Dommage que cela ne suffise pas à prévenir tous les maux de l’âme !

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En pratique, que d’erreurs, que de négligences, d’ignorances, de mauvaises pratiques, de piètre gestion du plaisir, de gâchis de surcharge pondérale, de statuts nutritionnels* peu satisfaisants, de repas sans relief, de mets insipides, standardisés, de nourri­ture vide, de troubles digestifs et métaboliques. L’affaire est donc des plus sérieuses : pourquoi ne réduirait-on pas les dépenses de santé par une nutrition préventive puisque c’est possible ? Pour­quoi les secteurs agricoles et agroalimentaires ne seraient-ils pas organisés pour nous offrir la meilleure alimentation possible ? Pourquoi le consommateur ne serait-il pas correctement informé des meilleurs choix à faire ? Non seulement les dépenses de santé pourraient être enfin maîtrisées, mais l’agriculture pratiquée pourrait devenir durable, respectueuse de l’environnement et adaptée à l’homme et par l’homme pour un bienfait général. Bien sûr, sans prise de conscience collective et sans bons choix poli- ligues, tout cela peut paraître utopique. Certes, les solutions à venir sont loin d’être tracées, mais le défi à relever est tellement intéressant qu’il pourrait mobiliser de nombreux chercheurs, professionnels et surtout l’opinion publique.

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