Allergie au latex


L’allergie au latex est une réaction anormale du système immunitaire aux protéines du caoutchouc naturel, ou latex, extrait de la sève de l’hévéa. Elle regroupe l’ensemble des manifestations allergiques déclenchées par le contact avec des objets en latex : gants, préservatifs, ballons, sondes ou matériel médical. Ses formes vont de la simple irritation cutanée à la réaction générale grave, ce qui en fait une allergie à prendre au sérieux, en particulier dans le milieu des soins.
Deux mécanismes différents
- L’allergie immédiate (hypersensibilité de type I) est dirigée contre les protéines du latex lui-même et fait intervenir des anticorps IgE. Les symptômes apparaissent en quelques minutes : urticaire, démangeaisons, rhinite, conjonctivite, crise d’asthme et, dans les cas les plus sévères, choc anaphylactique. Les particules de latex fixées sur la poudre des gants peuvent être inhalées et provoquer des symptômes respiratoires sans contact direct.
- L’allergie retardée (hypersensibilité de type IV) est le plus souvent due aux additifs chimiques utilisés pour fabriquer le caoutchouc, comme les accélérateurs de vulcanisation, plutôt qu’au latex proprement dit. Elle se traduit par un eczéma de contact qui se développe en un à deux jours sur la zone exposée.
Il faut également distinguer ces allergies de la dermatite d’irritation, très fréquente chez les personnes qui portent des gants toute la journée, qui n’est pas de nature immunitaire.
Qui est concerné ?
L’allergie au latex touche une faible proportion de la population générale, mais certains groupes sont nettement plus exposés :
- les professionnels de santé et les personnes portant fréquemment des gants en latex (soignants, personnel de laboratoire, coiffeurs, agents d’entretien, industrie du caoutchouc) ;
- les patients ayant subi de nombreuses interventions chirurgicales, en particulier les enfants atteints de spina bifida ou de malformations urinaires ;
- les personnes présentant déjà un terrain atopique (asthme, eczéma, rhinite allergique).
Le syndrome latex-fruits
Les protéines du latex ressemblent à celles de certains végétaux. Une partie des personnes allergiques au latex réagissent donc aussi à des aliments, surtout la banane, l’avocat, le kiwi et la châtaigne, parfois la figue, la papaye ou la tomate. On parle de réactions croisées ou de syndrome latex-fruits. À l’inverse, une allergie à l’un de ces fruits doit faire rechercher une sensibilisation au latex. Cette parenté explique le lien entre allergie au latex et allergie alimentaire.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire, qui recherche la relation entre les symptômes et l’exposition, puis sur des tests réalisés par un allergologue : tests cutanés (prick-tests) avec un extrait de latex, dosage sanguin des IgE spécifiques et, pour l’eczéma de contact, tests épicutanés (patch-tests) aux additifs du caoutchouc. Ces examens permettent de confirmer l’allergie et de préciser son mécanisme.
Prévention et conduite à tenir
Il n’existe pas de traitement qui guérisse l’allergie au latex : la prise en charge repose sur l’éviction. Les personnes allergiques doivent utiliser des gants et des préservatifs sans latex (nitrile, vinyle, polyuréthane, polyisoprène), signaler leur allergie avant tout soin médical ou dentaire et, en cas de réaction sévère antérieure, porter sur elles le traitement d’urgence prescrit par leur médecin. Dans les établissements de santé, la généralisation des gants non poudrés ou sans latex a fortement réduit les nouveaux cas chez les soignants.
Toute réaction évocatrice après un contact avec du latex justifie une consultation médicale ; une gêne respiratoire ou un malaise brutal imposent d’appeler les secours sans attendre.


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