Allergie à l aspirine

L’allergie à l’aspirine désigne une réaction anormale de l’organisme après la prise d’aspirine (acide acétylsalicylique). Dans la grande majorité des cas, il ne s’agit pas d’une véritable allergie liée aux anticorps, mais d’une intolérance : l’aspirine perturbe le fonctionnement de certaines enzymes et déclenche des symptômes chez des personnes prédisposées. Cette différence a une conséquence pratique majeure : la réaction concerne souvent aussi les autres anti-inflammatoires.
Les symptômes
Les manifestations apparaissent généralement dans les minutes ou les heures qui suivent la prise :
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- atteinte de la peau : urticaire, démangeaisons, gonflement du visage ou des lèvres (œdème de Quincke) ;
- atteinte respiratoire : nez qui coule ou se bouche, crise d’asthme parfois sévère ;
- plus rarement, réaction généralisée grave (anaphylaxie), avec malaise et chute de tension.
Une gêne respiratoire, un gonflement de la gorge ou un malaise après un médicament imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Le syndrome de Widal
Une forme particulière associe trois éléments : un asthme, une polypose naso-sinusienne (des polypes dans le nez et les sinus, responsables d’obstruction nasale et de perte de l’odorat) et une intolérance à l’aspirine. Cette triade porte en France le nom de syndrome de Widal, d’après le médecin Fernand Widal qui l’a décrite en 1922 ; on l’appelle aussi triade de Samter ou maladie respiratoire exacerbée par l’aspirine. Elle débute le plus souvent à l’âge adulte. Notre article L’asthme, l’aspirine et les polypes du nez la détaille.
Le diagnostic
Le diagnostic relève d’un allergologue. Il repose d’abord sur le récit précis de la réaction : médicament pris, délai, symptômes. Les tests cutanés et les prises de sang sont peu utiles dans l’intolérance à l’aspirine. En cas de doute, un test de provocation, qui consiste à réintroduire le médicament par doses progressives, peut être proposé, uniquement en milieu hospitalier spécialisé.
Que faire au quotidien ?
- éviter l’aspirine et, sauf avis contraire de l’allergologue, les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène ;
- lire les notices : l’aspirine entre dans la composition de nombreux médicaments contre la douleur, la fièvre ou le rhume ;
- signaler l’intolérance à chaque médecin, dentiste et pharmacien ;
- demander au médecin quel antidouleur utiliser : le paracétamol est en général bien toléré, mais pas dans tous les cas.
Certaines plantes contiennent des dérivés salicylés proches de l’aspirine, comme l’écorce de saule ou la reine-des-prés, dont l’ancien nom botanique, Spiraea, a d’ailleurs donné son nom à l’aspirine. Les personnes intolérantes doivent s’en méfier. Dans certaines situations, notamment le syndrome de Widal ou un besoin d’aspirine pour le cœur, une désensibilisation peut être envisagée sous surveillance hospitalière.

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